Le Marché de Carbone en question

À quatre mois de la tenue de la COP23 à Bonn (Allemagne) sous présidence des îles Fidji, Le Maroc lance sa Conférence Nationale sur le Marché de Carbone en partenariat avec la Banque Mondiale

 

Le nouvellement créé Secrétariat d’État marocain chargé du Développement durable a organisé ce vendredi 7 juillet à Rabat un débat national sur le marché de carbone. Un événement qui s’inscrit dans le cadre du projet de partenariat visant à promouvoir ce système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre (GES), priorité de la politique climatique du royaume.

L’objectif premier de ce raout était de présenter les premiers retours d’expérience du Maroc aux acteurs étatiques et non-étatiques en sollicitant leur contribution et engagement.

En effet, cette journée de travail a connu la participation de 200 à 300 responsables politiques, économiques et financiers nationaux et internationaux (notamment africains), venus échanger autour des meilleures pratiques du marché carbone autour du monde.

Pour le gouvernement marocain, il y a lieu de capitaliser sur la dynamique générée par la COP22 à Marrakech sept mois plutôt, grâce notamment à la mobilisation des institutions financières internationales et la finance climat. De même, la promotion du rôle moteur du royaume à l’échelle du continent et dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris trouve pleinement leur sens dans ce rendez-vous.

« Il y a urgence à mettre en œuvre nos engagements inconditionnels et conditionnels en matière d’atténuation » avait notamment souligné Mme Nezha El Ouafi, Secrétaire d’Etat chargée du Développement durable à cette occasion.

Avec 52 projets structurants pour la réalisation de l’effort d’atténuation et d’adaptation chiffré à 50 milliards de DH, la responsable a insisté lors de son allocution d’ouverture sur l’engagement du Maroc dans le cadre de l’Accord de Paris à poser les jalons d’un cadre institutionnel propice au développement d’une économie viable.

En parallèle, est attendue la mise en place d’un plan triennal impliquant les 12 régions du pays. Il s’agit en réalité de mettre l’accent sur l’atténuation, l’adaptation et la Finance climat à travers des mécanismes propres.

Pour honorer cet engagement initialement contresigné dans le cadre de la NDC (Les Contributions Nationales pour la COP21),  La mise à disposition d’un cadre financier adéquat reste une condition sine qua non.

D’où l’intérêt de réunir lors de cette conférence différents acteurs financiers, dont la Banque Mondiale, pour discuter des outils économiquement responsables, destinés à intégrer dans les prix de marché les coûts cachés des dommages causés par les émissions de GES. Ceci afin d’orienter les agents économiques marocains vers des solutions à bas contenu en carbone.

A ce propos, il convient de signaler que la Stratégie Nationale de Développement Durable promue par le gouvernement trouve naturellement écho parmi les acteurs économiques du royaume.

En ce sens où la Confédération Générale des Entreprises Marocaines  (CGEM) a signé, la veille de cet événement, une convention de partenariat avec les départements ministériels concernés par la transition vers une économie à faible émission de GES et résiliente au changement climatique.

 

A propos Jassim Ahdani

Jassim Ahdani

Journaliste reporter, ce féru de la faune endémique et du patrimoine oral nord-africain rêve d’une Bérbérie sauvage et protégée… sans perdre ses figues.