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Ph: Ecologie.ma

Le Dr L’Hafi : « nous sommes en train de passer à une autre culture, qu’il faut distiller et non pas imposer » (Interview exclusive)

 Le Dr Abdeladim L’Hafi, Haut commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification a  accordé une interview à Ecologie.ma. Nous y avons découvert un homme maître de son verbe, calme et pragmatique. Pêle-mêle et pendant plus d’une heure, nous avons abordé avec lui tous les sujets qui vous intéressent.

 

-Lundi 9 Février, s’est tenu à Rabat un atelier national sous le thème « un partenariat renforcé pour une gestion et une valorisation durable des forêts marocaines ». Peut-on voir dans cette rencontre, une nouvelle impulsion à la relation HCEFLCD – Société civile ?

C’est une impulsion qui vient au terme d’un processus de maturation sur la vision du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD) pour conduire le développement local et régional. Au delà des réponses techniques, l’approche doit tenir compte des données sociales et sociologiques, l’utilisation de l’espace, les droits d’usage, les traditions et coutumes, les transhumances… tout ce qui concerne la gestion d’un espace ne doit plus se faire dans une forme d’adversité mais plutôt être appréhendé dans sa globalité. Nous sommes passés d’une période, il  y a quelques décennies, où le technicien ou l’ingénieur venait pour apporter des réponses techniques, à une période où il faut gérer la globalité, la complexité et l’intégralité de ce qui peut correspondre à une solution qui peut donner lieu à un développement durable.

La première partie du plan décennal 2005-2014 était basée sur  l’organisation des populations, parce qu’il est difficile pour un interlocuteur qui a une mission tel que le HCEFLCD de gérer l’espace fragmenté. C’est-à-dire une multitude de personnes et d’opérateurs, sur le plus souvent, des micro-problèmes.Il était donc important pour nous, de passer vers une nouvelle organisation, d’abord sous forme d’associations (associations d’usagers, associations d’ayants droits, associations pastorales) qui permettent à toutes les sensibilités de se regrouper autour d’une organisation qui peut se faire dans le cadre de la loi des associations, ou alors sous forme de coopératives que nous voyons comme des entreprises à capitaux ouverts et qui ont donc cette fonction de fédérer les intérêts autour d’une thématique donnée et d’être le porte parole de l’ensemble de ses adhérents et l’interlocuteur attitré pour le HCEFLCD et c’est justement un préalable pour passer à une vitesse supérieure dans un travail qui se fait dans un cadre participatif et partenarial avec la société civile et ses composantes afin d’aller ensemble vers des objectifs communs.

Qu’en est-il de la situation et de l’état d’avancement des plans de conservation menés par le HCEFLCD ? Après plusieurs années d’expériences de réintroduction en semi-captivité, notamment au sein de la station d’acclimatation de Safia, pouvons-nous espérer voir les espèces en question réintroduites à l’état sauvage ?

Voila une thématique qu’on peut lier à votre première question. Pour cet aspect de la conservation des espèces, qu’il s’agisse d’espèces végétales ou animales,  le démarrage de la réflexion était justement sur une très bonne connaissance des territoires et de leurs spécificités. C’est l’objet d’une étude qui était déjà commandée dans le milieu des années 90, plus exactement en 1995, à l’issue du colloque d’Ifran qui était le point de départ d’une série d’études, dont l’étude sur les aires protégées. Cette étude a permis de recenser 152 sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE). C’est-à-dire des sites qui ont des spécificités particulières, soit par la richesse de leurs espèces floristiques ou faunistiques, soit par la présence d’espèces menacées par une pression ou par une exploitation démesurée, soit par des fragilités qui sont dues aux conditions climatiques et à l’utilisation du sol etc. Toutes ces conditions ont permis de dire qu’il y a au Maroc 152 sites d’intérêt biologique et écologique qu’il convient de préserver. C’est la première étape.La deuxième étape, qui a suivi ce recensement d’ordre technique, était la constitution de ce qu’on a appelé « les noyaux fondateurs ». C’est-à-dire des aires protégées dans lesquelles on mettait puis on multipliait en « semi captivité » des noyaux d’espèces dont certaines avaient disparu, pour que par la suite, on puisse passer à une translocation dans des espaces naturels comme la station d’acclimatation de Safia -un parc dans la province d’Aousserd, à 300 Km à l’est de Dakhla, qui est l’objet de translocation des espèces qui ont disparu dans ces espaces (l’oryx, l’addax, l’autruche à cou rouge et certaines gazelles)- à partir des noyaux fondateurs du Parc National de Souss Massa. C’est la même chose qu’on a conduit du côté d’Errachidia à M’cissi) avant de passer à la dernière étape, qui est justement la translocation dans les espaces naturels sans aucune forme de captivité.La troisième étape, c’est de construire un cadre légal de travail. Ceci a abouti en 2010 et en 2011 à l’élaboration de deux lois qui constituent l’ossature de ce travail. La première c’est la loi sur les aires protégées qui a eu pour objectif principal de nous mettre à niveau au plan législatif par rapport à ce qui se passe à l’échelle internationale. En adhérant à un nombre de conventions internationales nous adhérons à un certains nombres d’institutions.On est donc revenu vers des standards qui nous permettent d’avoir les mêmes qualifications et normes de travail. Par exemple dans les aires protégées nous avons les 5 types reconnus par l’UICN (le Parc National, la réserve naturelle, le parc naturel, la réserve biologique, la réserve de biosphère…)

Autre élément, il faut régir la circulation de toutes ces espèces menacées de disparition notamment les espèces qui sont inscrites dans la convention internationale CITES et à laquelle le Maroc adhère.

Nous avons donc une loi qui date de 2011 qui permet le cadrage de mise à niveau. Une fois qu’on a la technique, la science et le cadrage légal, il fallait passer à une approche de classification de ces SIBE (site à intérêt biologique et écologique) sous forme de qualificatifs compatibles avec la loi et les conventions internationales. C’est ce que nous avons fait avec une méthodologie rigoureuse.

Reste l’aspect relatif à l’opérabilité de cette loi et de cette méthodologie sur le terrain. Nous avons trois étages de travail :Le premier étage, sur les sites d’intérêt biologique c’est de voir quel est le diagnostic exact de ces sites, et de comprendre pourquoi ils ont parfois été détériorés. Ça ne sert à rien de restaurer un espace si on ne remédie pas aux causes qui ont pu le détériorer en premier lieu. Il fallait trouver et traiter les causes des problèmes et non pas leurs symptômes. Ce que nous avons entrepris de faire, en répondant aux causalités avec une méthodologie appropriée.Le deuxième étage, c’est-à-dire équiper l’espace de telle sorte à ce qu’on ait toutes les commodités qui permettent de l’exploiter d’une façon rationnelle.Le dernier étage, est celui de la maturité définitive de l’aire protégée. Parce qu’il ne s’agit pas uniquement de la conserver, on ne peut pas non plus faire de l’intégrisme écologique et dire « je conserve quoi qu’il advienne ! ». Le développement durable est, rappelons-le, constitué de trois piliers : Créer de la richesse, respecter les équilibres écologiques, et travailler l’aspect social. Si l’un de ces trois piliers manque on ne peut pas concevoir un développement qui soit durable.C’est pour cette raison, que le troisième étage est  de s’ouvrir sur la société civile ainsi que sur les collectivités locales, les élus, les responsables des entreprises publiques et privés etc. Il y’a beaucoup d’opérateurs et l’idée est d’aller vers eux pour construire une forme d’appropriation de ces espaces pour qu’ils deviennent à la fois un moteur de développement local et régional, notamment pour l’écotourisme,dans le respect du cahier des charges environnemental qui assure la pérennité de cet espace. Voila l’approche que nous conduisons, qui depuis son commencement donne de très bons résultats, mais beaucoup reste à faire bien sûr, le travail n’est pas fini. Maintenant que les choses sont sur les rails il s’agit d’activer la cadence dans la réalisation des objectifs que je viens de décrire.

Plusieurs espèces de mammifères, et notamment de grands prédateurs, sont quasiment menacés ou au bord de l’extinction dans notre pays. Quelles sont les mesures prises par le HCEFLCD pour remédier à cela ?

Concernant les grands prédateurs, c’est un problème qui est assez complexe. Si on prend à titre d’exemple le lion de l’Atlas, il n’est pas imaginable ni concevable de dire que le lion de l’Atlas reviendra dans ses espaces naturels, pour de multiples raisons qui sont tout à fait compréhensibles. On n’est pas dans la configuration des espaces du Kenya ou d’Afrique du sud. Pour un certain nombre de prédateurs et de carnivores, le débat n’est pas le même, ici cette question n’est pas envisageable.

Pour les autres prédateurs, leur absence donne lieu parfois à des déséquilibres biologiques. Par exemple, si on voit actuellement la prolifération des sangliers qui est un phénomène universel. En France le nombre de sangliers abattus par an atteint le demi-million. Le sanglier en France c’est aussi 20000 accidents par an de la route, la prolifération du sanglier est un véritable problème. En Europe, aux états unis aussi, mais aussi au Maroc qui n’échappe pas à cette règle.Parce que tout simplement, les équilibres écologiques qui existaient avant, aussi bien que la chaîne alimentaire sont rompus dans certaines conditions. La physiologie du sanglier fait que cet animal se reproduit extrêmement rapidement. La durée de gestation d’un sanglier est de 114 jours (3 mois 3 semaine et 3 jours), et l’animal a plusieurs portées gémellaires dans l’année.Quand vous n’avez pas de prédateurs tel que le renard et le chacal ou quand leurs nombres diminuent, il y’a alors un déséquilibre et on est obligé alors d’intervenir avec des battues de régulation  c’est ce que nous essayons de faire dans les points noirs.

Pour les grands prédateurs, exemple du chacal, dans le temps on donnait des autorisations, parce que certaines pratiques de chasse au chacal, se faisait suivant tout un rituel. Les notables du Moyen Atlas faisaient des sorties avec un cérémonial très sophistiqué, les tentes étaient installées les femmes mettaient du Henné etc.  Maintenant, on ne donne plus d’autorisations automatiquement, parce que nous nous basons sur des données scientifiques pour voir quel est la proportion de cette population dans un espace donné. C’est extrêmement surveillé. Parce que le chacal tout simplement, intervient dans la régulation de la chaîne alimentaire que je viens de décrire.

Peut être aussi parce qu’on risque de le confondre avec le loup ?

L’histoire du loup est un peu controversée. Il était connu qu’en Afrique du Nord le loup avait disparu il y’a longtemps, mais il y’a une année environ il y a eu une nouvelle requalification de ce qu’on prenait justement pour un chacal et qui est carrément un loup d’Afrique du Nord.

Canis lupus lupaster ?

Exact, c’est un repositionnement de la nomenclature d’une espèce. Le loup est aussi un animal migrateur, qui traversait les terres d’Afrique du Nord. J’ai vu récemment qu’il y’en avait notamment en Algérie, selon une publication scientifique récente, ça a l’air d’être une certitude : c’est bien un loup et non pas un chacal.

Parlons des autres prédateurs, plus rares encore que le renard et le chacal, nos derniers félins dont le caracal et le serval par exemple, je pense aussi au ratel, au zorille etc.  Toutes ces espèces peu connues et qui méritent aussi des plans de conservation. Que fait le HCEFLCD pour valoriser ce patrimoine là ?

Il y’a deux façons de travailler : soit les reconstitutions ex situ qui se font notamment dans les parcs zoologiques de dernière génération, soit les reconstitutions in situ qui se font dans les habitats naturels.Pour les reconstitutions Ex situ, nous avons le JZN de Rabat qui a justement cette ambition, d’être carrément un moteur au niveau de la conservation des espèces. Exemple du lion de l’Atlas: le zoo de Rabat constitue le plus grand réservoir  à travers le monde entier. Il y existe une population qui se développe bien, et qui est bien suivie.

Certains prédateurs comme vous venez de le signaler, posent effectivement un problème parce qu’il y’a une compétition territoriale entre toutes ces espèces d’une part, et l’homme et ses animaux domestiques d’autre part. A travers l’homme il y’a encore autre chose : l’usage des territoires. Les habitats c’est le point de départ. On parlait de la liste rouge de l’UICN, c’est sympathique, mais ça ne donne aucun résultat ça ne permet que d’avoir une « radioscopie » sans répondre aux questionnements essentiels. Un animal n’est pas seulement une espèce, c’est une espèce dans un habitat donné. Lorsque l’habitat est détruit on ne peut pas avoir de protection de l’espèce. Ou alors on va l’avoir sous forme de musée vivant, c’est-à-dire les zoos.

Mais la destruction de l’espace n’est pas valable uniquement pour les grands carnivores c’est valable pour toutes les autres espèces.Le singe magot dans le moyen Atlas par exemple, est en compétition avec les animaux domestiques : avec les moutons et les chèvres.Une compétition pour la nourriture. Nécessairement, l’érosion de la biodiversité à travers le monde est une érosion qui est inéluctable.  En 1992 il y a eu la fameuse convention de Rio sur la biodiversité, en 2002 le sommet de Johannesburg  pour le développement durable, et 2010 l’évaluation de la convention de Nagoya pour la biodiversité, et bien le constat est là : loin de limiter l’érosion de la diversité biologique tel que c’était inscrit dans la convention 1992 sur le SOMMET DE LA TERRE, l’érosion de la biodiversité a continué à se faire. Parce que tout simplement, ça ne sert à rien de s’adresser aux espèces mais plutôt aux habitats, c’est d’ailleurs aussi valable pour la flore, on parle souvent de la faune mais on oublie la flore. La flore aussi est très importante, parce que l’érosion de la biodiversité est liée aussi à d’autres causalités assez intéressantes notamment au niveau du partage des ressources génétiques etc.

Ce qu’il faut faire, pour la faune et pour la flore, c’est d’essayer de prendre en considération ce qui se fait en termes de changement, l’habitat dépend du sol, des activités et vocation du territoire de l’utilisation des territoires…Par exemple quand on parle de la SAU agricole (superficie agricole utile), il s’agit plutôt de superficie utilisée. l’utilisation pour des fins agricoles ne veut pas dire que cette terre est à vocation agricole.Un exemple pour illustrer cela : si vous prenez le Saïss et le Moyen Atlas, depuis le début du siècle dernier, les meilleures terres pastorales qui servaient pour le cheptel. Mais lorsque le sol a été reconverti pour l’agriculture les superficies pastorales et de parcours ont diminué. Ce qui fait que pour la forêt par exemple, le cheptel qui y venait dans le temps (début du siècle dernier) à partir du mois de juillet jusqu’au mois d’Octobre, c’est-à-dire pendant la période estivale,transhumait vers la forêt puis il revenait dans les parcours où il restait durant l’année. Actuellement, le cheptel séjourne toute l’année en forêt et avec une densité très élevée. C’est un changement fondamental qui induit une dégradation de la forêt, et qui découle de la transformation de la vocation des sols par rapport à leur usage. Derrière il y a évidement un ensemble de considérants, revenir à la situation antérieure n’est pas envisageable. C’est pour cela que le développement durable est une notion extrêmement riche et qui permet d’avoir une forme d’ « Ijtihad ». On disait d’ailleurs en 92 que le développement durable c’est le droit des peuples à se développer et le devoir de protéger les ressources naturelles. On est dans cette situation : comment se développer ? Comment créer de la richesse sans attenter aux équilibres écologiques ? C’est le grand questionnement qui doit se faire d’une façon très rationnelle mais sans se faire l’illusion d’une conservation à tout crin, parce que la notion de développement est une équation globale où l’arbitrage constitue l’ossature principale.

Au niveau légal et juridique, notre pays dispose d’un arsenal non négligeable en matière de protection des espèces menacées. Or sur le terrain, on peut facilement constater un certain « laisser faire » par rapport à l’interdiction effective et active du trafic d’espèces animales et de leur exploitation. Que ce soit dans les grandes places touristiques du royaume, des arrières boutiques d’herboristes ou même des sites d’annonces en ligne, rien ne semble inquiéter les contrevenants de violer les lois en vigueur, pourquoi cet état des choses ?

Il y a deux aspects quand on parle des lois de protection des espèces, exemple le la circulation et le commerce des espèces menacées. La convention CITES date des années 70, le Maroc a adhéré à cette convention. Il l’a ratifié. Mais il n’a jamais mis à jour sa législation. Quand en fait vous allez vers une espèce donnée, un singe à Jemaa Lefna ou ailleurs, le support juridique vient d’être fait, la loi est passée en 2010, mais l’établissement des listes n’a pas encore été promulgué parce qu’il y a un certain nombre de débats, de controverses et de confrontation d’idées.  La loi aussi obéit à un système d’élaboration participatif. Quand on parle de développement participatif, l’élaboration des lois obéit aussi à ces approches, et une loi ne peut être applicable que si, en amont, on a réussi à construire un texte autour d’idées consensuelles.

Exemple de la flore, dont on a un certain nombre d’espèces que l’on veut protéger,(le thym l’armoise etc.), vous avez déjà la confrontation avec l’origine de ces plantes. Les protéger dans l’espace naturel est une chose, mais les gens qui font de la culture en intensive de tous ces produits, doivent être pris en considération ! Il va falloir prendre des mesures qui permettent à la loi de s’appliquer. Il n’est pas rationnel de faire des lois et se retrouver après dans des situations inopérantes: je veux protéger une plante x comme ressource naturelle, mais j’ai d’un autre côté beaucoup d’agriculteurs qui font la production de cette même plante sous toutes les formes : production d’exportation, production biologique, origine géographique, label etc.

Tout le débat, si vous voulez, sur ces dernières années était : comment construire quelque chose d’opérationnel qui permet à la loi de s’appliquer et qui permet de garder à l’esprit la conservation et la protection et la lutte contre la dégradation des écosystèmes mais en même temps de ne pas entraver le développement.

Le cadrage légal est en train de se faire, la loi est passée en 2010, le décret sur les trois listes (d’ailleurs nous avons trois listes de la CITES, nous y avons ajouté une quatrième liste maroco-marocaine parce que nous avons jugé que les 3 listes à l’échelle internationale ont un intérêt universel, mais à l’intérieur du Maroc, avec nos collèges d’experts scientifiques nous avons ajouté une quatrième liste d’espèces à protéger qui ne figurent pas dans les trois premières listes de la CITES).

Sur le plan opérationnel, prenons un cas qui revient souvent : le macaque. Ce qui se fait à la limite à JemaaLefna, c’est que vous avez quelqu’un qui « joue » avec un singe, chose qu’on pouvait observer quand on était tout petits chez les troubadours, dans le temps ceci n’avait pas de problèmes majeures concernant les équilibres des écosystèmes… Maintenant on est en train de lier deux phénomènes qui sont en disproportion totale. Pour moi le problème est ailleurs. Le problème c’est que ces animaux étaient vendus alors qu’ils étaient encore des bébés singes, pour être emmenés en Europe. C’est simple de dire « il y a un trafic, arrêtez le ! », sauf que c’est comme toutes les opérations : Il faut avoir une méthodologie globale qui part du départ jusqu’à la fin.

D’abord les douaniers. Il fallait que les douaniers soient sensibilisés et formés, c’est ce qui se fait maintenant. A la douane Marocaine on bénéficie de stages et de formations, lors de ces deux dernières années il y’a eu beaucoup d’opérations dans ce sens.

Vous savez, il y’a cette sensibilité nouvelle relative à l’érosion de la biodiversité, la sensibilité à la disparition d’une espèce, de la pression qui est faite sur l’espèce : on est en train de passer à une autre culture qu’il faut distiller et non pas uniquement imposer. C’est ce que nous sommes en train de faire avec les douaniers.

Deuxième chose, lorsque les européens dénoncent ce trafic, rien ne les empêche de faire la même chose au niveau de leurs frontières.  Il faudrait que de l’autre coté la même chose s’opère et se fasse. Il ne s’agit pas de dire « arrêtez » et ça y’est. Il faut agir globalement et en concertation pour traiter toute la filière, avec des responsabilités bien définies.

Ce qui relève du folklore ou des amuseurs publiques peut être codifié, mais très honnêtement ce n’est pas ça qui résout le problème du singe magot, il faut avoir de la nuance et de la proportionnalité des faits.

C’est le trafic international qui est donc en cause?

Il y a le trafic mais aussi ce qu’on a dit tout à l’heure : la pression sur l’espèce.Le singe dans certaines régions du Maroc est devenu pratiquement un animal domestique. Allez du côté de Ain Kehla, et vous verrez des singes qui vont vers l’homme, parce qu’ils sont habitués à recevoir de la nourriture etc. la prédation en devient très facile. Il y’a aussi un phénomène de compétition : on parle parfois du cèdre et du singe : que le singe serait en train de détruire le cèdre. C’est ce que j’entendais moi, il y’a dix ans, mais comment expliquer alors que le singe qui a vécu dans la cédraie pendant des centaines d’années, n’a pas été particulièrement l’agent destructeur de cet écosystème. Si maintenant le singe se nourrit dans les branches apicales du cèdre ce qui engendre un dessèchement de l’arbre, c’est parce qu’il y’a une compétition au sol. Parce qu’il n’a plus où boire et manger : c’est une question d’habitat, et des déséquilibres globaux de tous les constituants de l’écosystème.

Concernant les décrets d’application des lois contre le trafic des espèces, pouvez vous nous dire quels sont les délais approximatifs aux termes desquels les décrets seront « prêts » ?

Le processus, le cheminement, prend du temps. Mais ces décrets d’application sont déjà devant le conseil du gouvernement, ce qui veut dire qu’ils ont pratiquement traversé toutes les étapes. Maintenant il reste la phase finale à mon avis c’est une question de semaines.

Mais d’un autre côté, à propos de ce processus de maturation, il n’est pas rationnel d’opter pour des textes et lois « cocotte-minute » : On a tendance souvent face à un problème, soit on croit le résoudre par une commission soit par une loi qu’on fabrique et on dit « ça y est » la loi existe, on opère » et après on se rend compte qu’elle n’est pas opérationnelle. A mon avis on ne peut pas faire l’économie d’un processus de maturation des lois et des textes juridiques, il faut discuter avec tous les partenaires, il faut les écouter pour voir quelles sont les contraintes, pour que la loi lorsqu’elle est prête, qu’elle soit le couronnement d’un débat qui a eu lieu en amont.

A propos du permis de chasse, on peut déplorer l’absence d’examen dans la procédure de demande et d’obtention du permis. D’après nos sources, un projet de loi prévoit pareil disposition. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

 

Il y avait plusieurs étapes. Pour instaurer la mesure, il fallait le faire par une loi. C’est chose faite depuis 2006. La loi en question est normative, mais pas encore opérationnelle : il lui faut un décret d’application. Ces décrets aussi, ont subi le même cheminement de débats et de discussions. Ces décrets sont passés. Après les décrets, il fallait des arrêtés opérationnels. Par exemple, dans un permis de chasser, il y’a deux étapes : Une partie pratique, et une partie théorique. Toute la partie théorique est disponible, il y a des livrets, des applications informatiques… tout ceci est fait.

Pour l’aspect pratique, une première phase a été traversée : Où est ce qu’on va passer le permis de chasser ? Évidement il y a eu un débat, moi personnellement avec ma double casquette notamment celle de président délégué de la fédération royale de tir sportif, on s’est dit on a les clubs, on a les installations, on a tout ce qu’il faut pour le faire. La convention entre la fédération royale de tir sportif, le Haut commissariat et la fédération royale de chasse a été signée. L’étape suivante, c’est d’organiser dans les clubs des parcours de chasse. C’est ce qui a été fait en partie, les clubs de Marrakech de Rabat et de Tanger peuvent opérer à ce niveau.

Maintenant, comme je vous l’ai dit, le processus demande aussi à être opérationnel, si vous avez quelqu’un a Oujda qui veut passer son permis de chasse, à Oujda il n’y a pas de club, on ne peut pas s’attendre à ce qu’il vienne le faire à Rabat. L’important pour moi était d’étendre le maillage des clubs. Le club de Berkane sera inauguré au mois de mai, celui de Nador est en train de suivre, pareil pour d’autres villes comme Khouribga, Youssoufia etc. Nous sommes en train d’étendre ce réseau, d’abord pour le tir sportif, parce que c’est une fédération qui prend de l’ampleur, et en même temps pour répondre à cette problématique d’examen du permis de chasse. C’est vrai que le processus aurait pu être plus rapide, mais malheureusement, comme vous l’avez suivi la fédération de la chasse connaît de très gros problèmes y compris en justice, nous étions donc obligés de reprendre nos prérogatives pour ne pas paralyser le service public, car la fédération royale de chasse est paralysée pour l’instant. Ça arrive, c’est un accident de parcours, mais dans tous les cas de figure les choses sont dans une bonne voie, et je pense qu’elles vont se réaliser .On aurait pu faire plus vite, je suis d’accord avec vous.

Concernant les aires protégées, on peut remarquer que le nombre de parcs nationaux stagne, bien qu’il existe plusieurs sites qui pourraient bénéficier du statut de PN. On peut citer notamment l’exemple du projet de PN du Bas Draa qui peine à voir le jour depuis plusieurs années. A quel niveau cela bloque-t-il ?

Comme je l’ai dit, il y a plusieurs étapes : après l’identification des SIBE, il y a l’établissement d’aire protégées. Pour ce faire il faut des plans d’aménagement, autour desquels il y a tout un débat. Tout d’abord parce que le statut foncier est très varié : dans une aire protégée vous avez des terres forestières, des terrains collectifs pour les collectivités ethniques, des domaines privés de l’état, les Habous, Lguich  etc. ce n’est pas facile de faire un plan d’aménagement ou on stipule qu’on ne doit pas forer un puits à tel ou à tel endroit, ce qui fait que les plans d’aménagement riment avec débats.

Actuellement, il y a une dizaine de plans d’aménagement qui sont prêts et opérationnels.

La mise en place des plans d’aménagement se fait suivant une échelle de priorité. Concernant le projet d’aire protégée dans le Bas Draa, en 2004/2005 Nous avions passé toutes les étapes nécessaires à la réalisation du projet, nous avions même le financement, à hauteur de 90 millions de dirhams qui était prêt et disponible. Ce qui a causé le blocage à l’époque, était une réticence d’une partie de la population qui s’inquiétait des conséquences de la réalisation du projet, à cause d’idées véhiculées par certains qui en substance laissaient entendre que les populations pourraient perdre leurs droits sur ces terres  si elles acceptaient le projet de PN du Bas Draa.

A noter qu’il y’a eu un revirement de la situation depuis, et que la population a compris que son inquiétude était infondée. C’est par exemple, dans ce cas de figure qu’on a besoin d’une société civile qui participe dans la sensibilisation par rapport à l’intérêt qu’il y’a à protéger des territoires de ce genre.

Certaines ONG reprochent au HCEFLCD de faire plus d’exploitation des ressources (ex bois de cèdre) qu’il ne prévoit d’efforts pour la conservation et le reboisement. Selon vous, le rythme de l’exploitation est-il raisonnable ?

Il faut savoir que le domaine forestier est juridiquement inaliénable. On ne peut pas en disposer comme bon nous semble. Seules quelques exceptions ont été prévues par la législation rigoureusement encadrée : L’occupation temporaire, qui doit être justifiée par plusieurs conditions et qui interdit de construire sur les terrains en question. La deuxième exception est l’utilité publique, qui peut être évoquée quand on a un projet qui porte ce caractère à l’instar de projet de construction d’infrastructures et ceux porteurs de valeurs d’intérêt général.

Il y’a aussi des grands projets qui sont décidés au niveau du gouvernement, à l’instar du projet azur par exemple…des projets qui constituent l’ossature du développement du pays. Aucune mobilisation  n’est possible que celle prévue  par la loi …

Concernant l’exploitation des ressources forestières et du bois notamment, tous les plans d’exploitation se font avec des plans d’aménagement bien définis. Il s’agit ni plus ni moins que de prendre le surplus qu’offre la forêt. La plupart des forets marocaines sont  dotés  par le plan d’aménagement rigoureux.

Dans 5 à 6 ans certaines forêts auront aussi leurs plans d’aménagement, pour couvrir la totalité des forêts marocaines.

Dernièrement les forestiers ont fait comprendre, dans la presse et via leurs associations, qu’ils aspiraient à améliorer les conditions de leurs exercices. Comment comptez-vous répondre à leurs doléances ?

Nous considérons les revendications des forestiers comme légitimes. Le métier de forestier n’est pas de tout repos, les  conditions de travail sont souvent difficiles : l’éloignement, les aléas du climat, les risques …

Lors de ces 10 dernières années il y a eu beaucoup d’efforts pour améliorer les conditions d’exercice des forestiers, notamment dans la réhabilitation des maisons forestières (transmission, chauffage, isolation…), nous avons aussi travaillé avec la fondation des œuvres sociales pour couvrir d’autres aspects comme la prise en charge de la scolarisation des enfants, le passage vers un régime supérieur, ainsi que sur la détermination des types d’isolements en vue de réviser les seuils des primes en conséquence. La sécurisation des armes et munitions a aussi été un aspect sur lequel on a travaillé…

Comment imaginez-vous l’état des forets de notre pays dans 50 ans ?

Pour répondre à cette question je vous parlerai plutôt du constat concernant les forêts ces 10 dernières années. Leur solde de régénération est passé de -2% à +2%.

Le plan des équilibres des écosystèmes annonce des changements de configuration causés par le changement climatique, et qui s’appuyant sur des analyses prospectives, tend à prévoir que le chêne devra monter en altitude, même chose pour le cèdre qui actuellement pousse dans la région de l’Oukaimden, à une altitude où il ne poussait pas avant.

A noter qu’au HCEFLCD nous ne travaillons pas sur la base d’un temps électoral, mais écologique, qui peut largement dépasser les 60 ans dans l’anticipation et prévision des conséquences d’actions faites aujourd’hui.

 

L'hafi
Ph: Ecologie.ma
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3 commentaires

  1. Avatar

    Le Plan AZUR invoqué par Mr le Haut Commissaire des Eaux et Forêts et de la Désertification a détruit la Forêt littorale et a dégradé les dunes bordières sableuses et ne peut être classée parmi les projets relevant du Développement Durable de notre pays. La déclaration du Haut Commissaire se contredit avec ce qu'il a avancé dans le paragraphe concernant l'intégrisme écologique. Le Plan AZUR est très défaillant dans ce sens qu'il a causé la ruine du Littoral Marocain.

  2. Avatar

    Je saurais gré à quiconque pouvant éclairer ma lanterne sur le passage suivant: " solde de régénération est passé de -2% à +2%."; notamment la signification concrète de ce paramètre et les modalités de son obtention (sachant que les spécialistes du domaine parlent de 2 types de régénération: naturelle et artificielle).

    Merci d'avance

  3. Avatar

    Dr LHAFI le lion de l’Atlas …..
    « …pas imaginable ni concevable …. pas envisageable… » ???

    Absolu de certitude! Péremptoires affirmations sans apporter aucune donnée concrète justifiable, balayage d’un revers de la main d’idée d’autrui, oui ainsi sont devenues hautaines certaines Instances supérieures. Je pense qu’un droit de réponse de la même orthodoxie est nécessaire au sujet du Lion de l’Atlas et j’en profiterai pour étendre un point de vue général sur ce qui se passe dans le monde de la même manière.
    Prenons des faits. Le Maroc a une énorme vocation touristique mais pas plus de 1% des touristes mondiaux savent qu’un lion unique au monde et spécifique au Maroc, existe ? Par contre 50 % savent qu’il existe d’autres types de fauves dans ses bars, discothèques et riads privés. Excusez-moi si je soulève des questions qui fâchent mais elles sont elles, ni inimaginables, ni inconcevables, ni inenvisageables mais parfaitement connues sur Internet?
    Comment ne pas déranger par un peu d’outrance, les statuts établis de cette noblesse de paperasse bardée d’un courant dogmatique internationaliste universaliste qui ne croit qu’en sa science naturellement infuse. Ceci n’est évidemment pas du seul fait de cette interview intéressante qui nous « tombe sous la main » ici, mais de toute une caste et pas uniquement au Maroc. C’est un phénomène international dont la France par exemple se meurt! C’est pourquoi rien d’offensant ni pour le Dr LHAFI personnellement ni sur le Maroc évidemment, bien au contraire c’est vouloir démontrer que le capital d’une Nation doit se faire connaître en ses valeurs profondes et pas d’autres!
    Ainsi je reprendrai textuellement ce qui est affirmé, qui sans besoin de psychanalyse experte, dévoile la pensée de l’intervenant, donc des directives et des conséquences que nous voyons sur le terrain. Je démontrerai pourquoi on arrive à l’immobilisme par défaut d’initiative dû au manque d’ouverture sur les idées des autres. Défaut d’imagination créatrice qui en conséquence entraîne un manque de promotion sur une valeur identitaire nationale (Maroc) et continentale (Afrique). Pas étonnant que le monde ne connaisse pas la profondeur de l’Afrique si ses propres Instances supérieurs ne veulent pas même en faire connaître les exceptionnelles valeurs par ses emblèmes mêmes. C’est pourtant d’exceptions que le monde a justement besoin, c’est d’exceptions que l’Afrique fourmille, que faire alors si d’autorité comme le lion on la met en cage par sectarisme administratif?
    « ..nous sommes en train de passer à une autre culture.. »
    oui mais laquelle ?

    1. CULTURE UNIQUE Je ferai remarquer le discours du Maroc à la dernière assemblée de l’ONU demandant qu’on laisse les pays d’Afrique agir d’eux-mêmes et non « ……selon un schéma étranger à leurs cultures, leurs principes et leurs atouts propres, comme si le développement ne pouvait se réaliser qu’à l’aune d’un modèle unique : le modèle occidental… » Tout est bien là !!
    Oui à condition que ces idées se concrétisent de résultats qui ne peuvent sortir que du domaine d’une farouche imagination identitaire d’autant plus grande que le capital qu’on possède est petit. Seules des preuves de réussite de projets hardis sur le terrain national donneront crédit pour être pris au sérieux.
    Mais « Passer à une autre culture…par une mise à niveau au plan législatif par rapport à ce qui se passe à l’échelle internationale » n’est-ce procéder docilement à l’inverse ? « Copier-coller » une culture internationale standard, d’idées préconçues, dogmatique, bonne à tout faire, formaté pour « passer » à n’importe quel prix partout sans conscience de l’identité populaire! Or la diversité humaine comme la biodiversité, font valeur des différences, seule force contre le laxisme de l’esprit individuel car elle est contradictoire par nature. C’est le plus sur mécanisme pour forcer au progrès et à l’avancement des connaissances humaines. « mise à niveau » mais qui en Occident aujourd’hui peut avoir la prétention d’avoir le bon niveau? Une technocratie internationale éduquée en Occident le prétend pourtant! Or l’Occident est obsolète aujourd’hui, tout est fondamentalement à refaire, on veut même nous faire croire qu’en éliminant les différences jusqu’à occulter la notion de races par exemple, on évitera les conflits ! C’est totalement le contraire on ne fait que camoufler la simple nature des choses….. de Dieu, façonnée par les siècles vécus …de Darwin. N’est-ce ici les deux points fondamentaux de l’Ecologie qui nous intéresse?
    Camoufler le naturel il reviendra au galop tel est le premier danger de cette «mise à niveau» mondialiste d’une technocratie sans âme qui ne veut surtout pas que les Peuples évoluent.
    2. TECHNOCRATIQUE Comme on le voit constamment dans cette interview, empêtrés dans cet engrenage administratif impérialiste mondialisé de la pensée unique, tous formatés pareillement on doit suivre. Or de conséquence plus dangereux encore : ce « formatage » de l’homme pour ne plus être « différent » est comme on le voit entre les mains dévoyées de ces puissances extérieures interlopes apatrides technocratiques exécuteurs des basses œuvres : ONU, UNESCO, FMI, UE qui ont tous le même cadre étroit d’esprit car sortant des mêmes circuits occidentaux d’éducation. Ils veulent nous rendent totalement esclaves de ne plus même avoir à réfléchir mais à les suivre prétextant que eux savent tout! Le discours ONU du Maroc est exact mais il ne s’agit plus même du « modèle occidental » qui était une souche palpable d’hier mais aujourd’hui il s’agit d’une caste « in vitro » sans aucune racine biologique qui n’a aucun chromosome ni de nature céleste ni même darwinien. Ce sont des Frankenstein apatrides modulables aux circonstances des intérêts non d’un pays existant mais d’une internationale nébuleuse financière le point suivant.
    3. FINANCE INTERNATIONALE Ce dont personne ne veut voir la gravité, est que cette technocratie qui nous force sur le terrain se trouve manipulée aujourd’hui par une nébuleuse mondialisée uniquement financière qui veut dominer le monde par son cartel d’intérêts privés qui n’a que faire du bien être humain. Soit l’inverse de l’intérêt des Peuples qui ne doivent être que des esclaves consommateurs muets. Les affirmations de cette interview du Dr LHAFI démontrent sans équivoque qu’enfermé dans des blockhaus de dictature technocratique un nouveau pouvoir mondial manipule tout et qu’on s’y laisse facilement prendre en entrant dans leur jeu. Ainsi nous dit-il le plus honnêtement du monde qu’il n’est plus nécessaire … «… d’imaginer…de concevoir… d’envisager.. » mais « une mise à niveau…pour une autre culture… » et le résultat est…… sous nos yeux peu brillant :
    • Agresser, manipuler la nature « naturelle » de…..DIEU nous donne les conflits religieux actuels
    • et celle « lentement transformée» de DARWIN entraîne une énorme humaine transhumance migratoire Sud Nord qui dans 10 ans va aboutir à d’énormes problèmes au Maghreb même.
    C’est ce que tout le système exposé ci-dessus en 3 points, veut nous cacher!
    qu’ils veulent nous « distiller »

    Ainsi effectivement, ce processus exige insidieusement que la technocratie «distille» aux peuples ce nouveau esclavagisme mondialisé par l’intermédiaire insouciante des multiples entités administratives sur place pour paraître démocratique. Telle est la méthode pernicieuse employée par le système ci-dessus si on n’y prend garde, c’est ce que dénonce fondamentalement le juste discours à l’ONU, mais lui-même en retard car précisant « Occident » au lieu « d’International ». Cette distillation n’est qu’un semblant démocratique d’écoute, de concertation, d’échanges, commissions, colloques, réunions et tutti frutti inutiles qui fait perdre du temps à un Peuple qui croyant suivre le bon chemin, soumet en esclavage ainsi son capital identitaire pendant que coure mille fois plus vite la mondialisation générale.
    Alors «beaucoup reste à faire » évidemment, cette fuite en avant fait que tout reste toujours à faire et restera toujours à faire. A chaque étape le si petit positif obtenu nationalement coincé de mille entraves légales fictives mondialisées est toujours en écart énorme avec l’International qui va son chemin libre de toutes illégalités sans aucun frein. Ce n’est donc pas la petite nation qui va lentement en tentant d’harmoniser ses Lois pour le bien de son Peuple c’est l’international qui va trop vite car personne ne le freine par des Lois internationales pour le bien être humain. Libéralisme excessif contre nature humaine, là se tient le conflit. On laisse « tout faire et tout passer » économiquement et ce n’est plus même un sain capitalisme qu’on obtient mais un impérialisme sans aucune barrière humaine. La faute incombe à notre passivité, le nazisme ne s’est pas fait de lui-même mais par la passivité des autres à le laisser faire!
    Procédé subtil : faire que chaque peuple ait son os à ronger de futilités administratives et ainsi ne pense pas à se grouper pour couper les tentacules de la pieuvre qui l’enveloppe de l’extérieur. Tant en retard qu’on ne peut qu’obtenir nationalement un positif certes mais relativement à l’extérieur, le décalage en reste toujours énorme et l’écart augmente. Au Maroc comme ailleurs on ne voit donc aucun résultat tangible en matière d’Ecologie parce que ces Instances par des rouages internationaux sont de l’extérieur déviés pour d’autres objectifs que le bien des Peuples! On « distille » alors sans fin de coûteuses commissions sur commissions inefficaces et la nature ici comme ailleurs, irrémédiablement se dégrade en attendant une quelconque efficacité! Processus parfaitement voulu, la nature ne rapportant économiquement rien immédiatement mais demandant au contraire des dépenses fabuleuses pour le futur, ces finances mondiales n’en ont que faire, pourquoi voudrions nous qu’il en soit autrement ? C’est le principe même de l’impérialisme et il est mondial aujourd’hui! Pour le moins il nous faut le voir et ne pas entrer intellectuellement dans le système.
    Résultats :
    • « Nous sommes en train de passer à une autre culture » oui mais pas celle pour le bien des peuples, qui eux attendent de vrais résultats immédiats sur le terrain et ils n’en voient rien !
    • « qu’il faut distiller et non pas imposer » mais le citoyen en a assez qu’on le prenne pour un alambic goutte à goutte en perte de temps.
    • Ainsi toute « méthodologie rigoureuse» devient l’arme d’une machine à briser l’identité des peuples.
    • Les élites ne s’aperçoivent même plus de l’énormité du vocable conditionné qu’ils utilisent. Comment comprendre :
    o le monde animal si on dénomme sans la moindre anxiété intellectuelle un zoo : « un musée vivant » ! Bientôt un «cimetière vivant » alors, car à ce train d’insensibilité administrative tout deviendra acceptable.
    o la simple notion de cruauté quand on nous distille « qu’il faut avoir de la nuance et de la proportionnalité des faits» en laissant des singes enchaînés en public, des écureuils à la vente qui de folie tournent en rond dans des cages minuscules dans la ville dignitaire d’un Patrimoine de l’Humanité. Qu’est-ce que cette Humanité ? Quel est ce Patrimoine? légués à nos enfants qui suivent ! Tout devient alors inutile à débattre « taisez-vous ! c’est…pas imaginable ni concevable …. pas envisageable… »
    On n’a plus du tout les mêmes valeurs et surtout pas pour le bien être humain cela dérange. Comment alors peut-on espérer qu’on comprenne celle de patrimoine naturel et de dignité de l’animal à qui appartient ce patrimoine là? Celui existant encore qu’un siècle de « distillation » de pourra que trouver ….qu’il n’existe même plus d’animaux sauvages sur une terre truffée de « musées vivants » ! Tout ce monde animal, dégradé, dévalorisé, « déshumanisé » sous les yeux de nos enfants qui doivent faire de l’écologie VIVANTE, la philosophie de demain? Avec des chaînes ? des cages ? des zoo? Pas étonnant les kalachnikovs alors ! C’est du même ordre de brutalité si la notion de cruauté est ainsi banalisée. Si on ne s’émeut même plus de tant d’outrance à la raison, à la sensibilité qui font la différence entre homme et animal il faudra en assumer les conséquences un jour si nous-mêmes nous nous trouvons en cages.
    • « ce qui relève du folklore ou des amuseurs publics peut être codifié, mais très honnêtement ce n’est pas ça qui résout le problème du singe magot » Quel est donc cet « honnêtement » au XXI siècle par ce dédain administratif supérieur! Si le singe magot est si insignifiant pourquoi ne pas commencer par lui rendre ses droits naturels? Il n’y a pas besoin de commissions sur commissions mais tout simplement un immédiat règlement pour interdire tout simplement sa capture parce qu’il s’agit tout simplement d’un être vivant libre et qu’on ne doit tout simplement pas l’humilier aux yeux de nos enfants par des cages, des chaînes, des couches de bébé, des pirouettes rémunératrices? La nature animale a des Droits inaliénables tout autant que la nature humaine et prétendre « passer à une autre culture » c’est déjà avoir l’humilité de ressentir humainement que la seconde ici n’est qu’une infime partie de la première et non l’inverse!

    • « Lorsque les européens dénoncent ce trafic, rien ne les empêche de faire la même chose au niveau de leurs frontières ». Pas même une réponse n’est nécessaire à cet enfantillage pour « distiller » ses propres responsabilités sur d’autres et en la circonstance, permettez-moi de ne plus savoir vraiment qui apparaît à l’entendement « les amuseurs publics » d’un tel «folklore»?

    • « maturation des lois et des textes juridiques »
    Comment est-il possible de dire que sur une Loi démocratiquement discutée en amont, est possible une « maturation » administrative ? Par intime conviction personnelle et professionnelle, des Juges à 3 niveaux, par audiences publiques, contradictoires, librement défendues et cadrées par une procédure ne sont-ils là pour l’ « adaptation du sens de la Loi » ! Les Juges sont là pour ça, ils s’aideront d’avis d’experts indépendants extérieurs si nécessaire. Ainsi se fera qu’une Jurisprudence peaufinera la Loi initiale comme en toute forme de justice démocratique indépendante. Ce n’est ni au Législatif et bien moins à l’Exécutif de le faire. La toute puissance technocratique dédaigne trop aujourd’hui les procédures fondamentales de Droit? La Loi ne se « distille » pas elle s’applique.

    • « il n’est pas rationnel d’opter pour des textes et lois cocotte-minute » On serait tenter de dire encore : « commencez donc par éplucher les légumes, les cuire et surtout les servir au plus vite » au lieu de toujours attendre que tous les invités aiment les mêmes plats, ce qui est par nature, écologiquement impossible par biodiversité du gout.

    • La convention CITES date des années 70, le Maroc a adhéré à cette convention. Il l’a ratifié. Mais il n’a jamais mis à jour sa législation….. sur un singe à Jemaa el fna ….le support juridique vient d’être fait, la loi est passée en 2010, mais l’établissement des listes n’a pas encore été promulgué ……….. La loi obéit à un système d’élaboration participatif …..et une loi ne peut être applicable que si, en amont, on a réussi à construire un texte autour d’idées consensuelles……. c’est comme toutes les opérations : Il faut avoir une méthodologie globale qui part du départ (1970) jusqu’à la fin (aujourd’hui 2015) »
    soit 45 ans pour protéger un simple singe!!! A ce train là quand la Loi de tant et tant « d’idées consensuelles » en excuses administratives encore, sortira il n’y aura plus même de singes !

    « Comment créer de la richesse sans attenter aux équilibres écologiques? » Tout simplement par l’ouverture d’esprit de voir l’inverse et le courage de le faire, en valorisant les équilibres écologiques qui créeront leur propre richesse pour mieux les affermir dans la liberté d’un auto financement qui ne demandera justement rien à l’extérieur ! La plus saine des bases capitalistes. Ceci démontre que l’on persiste à croire que l’écologie est comme la pauvreté, l’handicap, la maladie, le chômage un gouffre à subventions qui ne pourra jamais rien rapporter par lui-même. Toute l’erreur se tient là, on prend la question à l’envers pour cadrer à des facilités gestionnaires. On ne prend surtout pas l’initiative de rechercher l’exception pour l’avancement intellectuel et économique des peuples. On élimine d’à priori une quelconque notion de valeur au capital écologique « On n’est pas dans la configuration des espaces du Kenya ou d’Afrique du sud » « il n’est pas imaginable ni concevable…. n’est pas envisageable… » « pour de multiples raisons » oui, celles surtout de ne pas déranger l’ordre administratif établi dont le processus est énoncé ci-dessus. Ces apatrides monstrueuses organisations de technocrates interlopes ONU UNESCO ce « machin » administratif international a changé l’âme des choses pour tout banaliser pour dominer! C’est le courage de l’exception qui le fera, pas de soumission au conformisme de toutes les « mises à niveau » de la mondialisation.

    Telle apparaît dans les propos tenus dans cette interview, la malheureuse et néfaste influence technocratique actuelle que nous voyons dans la faillite démocratique de l’UE aujourd’hui, où la valeur fondamentale identitaire de chaque Peuple, sa valeur historique essentielle a été nivelée au profit de l’économie d’un petit nombre? Les nations émergentes ne doivent pas suivre ce chemin. Les peuples ne sont plus représentés il n’y a qu’une énorme machine à les manipuler! C’est celle qui nous envahit, qui distille, dilue nos droits humains, c’est celle qu’on doit dénoncer ! Toutes les agressions technocratiques actuelles transgressent les Lois du Naturel au profit de Lois humaines dites « positives » qui en fait sont inverses. Cette déviation des valeurs « patrimoine, humanité, cruauté, animalité etc.. » que je note ici est le drame de notre époque et si nous n’y prenons garde, ce système technocratique est le mortel moteur international qui nous décompose lentement en un abaissement humain pour que nous devenions une masse d’amibes consommatrices serviles ! DARWIN inversé par régression. L’Ecologie est d’empêcher ce processus.
    Passer au dessus des difficultés, voir autrement, penser à l’autre nécessite une volonté que ce processus ne veut pas, il doit rabaisser le niveau des autres pour se sentir toujours au-dessus et les hommes deviendront animaux en un autre « musée vivant ». Donc inutile même d’y réfléchir fichons ces lions entre des barreaux, c’est plus facile! Un morceau de viande à chacun et ils s’endorment repus « ex situ » mais plus d’espoir « in situ » et donc plus même sont-ils lions et à ce train là il n’y aura plus même de « situ » du tout car effectivement « une espèce, c’est une espèce dans un habitat donné ». Plus de méthode de chasse, plus de ruse d’embuscade, plus de course poursuite, plus de démonstration de son intelligence d’animal, plus de notion d’animal dominant, plus de nature en quelque sorte, plus d’animalité pour en voir ses différences avec nous, plus rien de vivant quoi! Tout sera en cages et les Canis lupus lupaster technocratiques à l’extérieur nous chiffreront lions et humanité dans des dossiers, la notion de vie elle-même n’aura plus d’importance! Que ne le voyons-nous ! Ainsi nous sommes passés pour une même valeur de mot d’une notion « nature vivante » à « zoo musée vivant » et pourquoi pas bientôt un « cimetière de vivants morts» ?
    Ainsi dans les circonstances ici exposées, pour en revenir à notre lion : « il n’est pas imaginable ni concevable de dire que le lion de l’Atlas reviendra dans ses espaces naturels, pour de multiples raisons qui sont tout à fait compréhensibles……ici cette question n’est pas envisageable. »
    L’exposé ci-dessus veut mettre en lumière le système dans lequel nos élites se meuvent et mieux comprendre que derrière un bureau encombré de dossiers, prisonniers d’une « méthodologie rigoureuse » comme derrière les barreaux d’un zoo « prison vivante» d’une animalité morte , donc sans plus de notion humaine sur l’animalité et son patrimoine, pas même avoir la moindre sensibilité humaine de la cruauté il n’est évidemment pas pensable et totalement incongru qu’on ose de ces gens là, espérer la moindre imagination créatrice d’exceptions en matière de lions de l’Atlas en liberté. Pas même le vocabulaire n’est compatible, pas même l’idée, pas même le droit au dialogue imaginable concevable envisageable, aucun espoir donc qu’une philosophie de l’Ecologie soit comprise, l’écart des pensées est trop énorme, l’orgueil et la prétention du savoir un barrage infranchissable à l’informel! Alors comment espérer l’application d’une philosophie nécessitant une imagination créatrice de l’exception ? Mieux est de prendre les autres pour des insensés et tourner dédaigneusement la page «pour de multiples raisons qui sont tout à fait compréhensibles » mais que justement les empêcheurs de technocratie de tourner en rond ne comprennent pas !
    Désolé, je persiste « c’est imaginable, concevable et envisageable » car le lion ne demande pas plus de territoire que les milliers d’hectares noyés avec les dizaines de douars engloutis pour construire un barrage ou ceux expropriés pour des carrières à ciel ouvert, ceux des urbanisations monstrueuses de béton, ceux inavouables pour récolter du haschisch mais donc……. pas pour clore une réserve animale pour l’un des plus beaux êtres vivants du monde?
    S’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut voir, est d’autant l’impensable quand on ne veut surtout pas penser.
    Mes « multiples raisons tout à fait compréhensibles » comprennent alors parfaitement les deux poids deux mesures car ce Lion c’est le Maroc dans toute sa profondeur historique et culturelle et non des intérêts internationaux. Un lion clopinettes donc, dont il est invraisemblable de ne pas même en voir la valeur économique dans un Maroc qui se veut intensément touristique.
    En résumé je dirais quant à moi « …..nous sommes en train de passer à une autre culture, il nous faut le courage de nous imposer nous-mêmes l’évolution de la notre et non pas nous distiller en esclavage par celle des autres»

    Le respect écologique doit modeler la philosophie de l’avenir contre cette idée « globaliste » du monde.
    Ce ne doit pas être un capital universel laissé en des mains privilégiées mais l’union de plusieurs capitaux nationaux en pleine liberté des différences de peuples restant bien chez eux mais unis. En aucun cas renouveler un quelconque corporatisme, colonialisme, despotisme impérialisme privilégiés du passé! Elle s’impose de multiples courages nationaux individuels, d’une volonté et d’une imagination prioritaire pour sa Nation, et ainsi démontrer aux frères qui se découragent qu’ils peuvent en faire autant. Sont nécessaires l’évolution de sa culture propre, la concertation qui ne doit surtout pas «distiller » une soumission internationale mais imposer avec courage des valeurs nationales modernisées dans sa propre identité par la dictature éclairée de ses élites pour aller vite très vite, même si la «cocotte minute» risque l’éclatement . Le pays qui le comprendra prendra les devants. Ce ne peut être qu’un pays d’Afrique qui montre l’exemple car son fabuleux capital écologique est encore existant.
    Notre monde occidental est décadent, il a besoin aujourd’hui, d’une autre culture en effet mais comme on peut le voir en Europe et en France aujourd’hui, il a produit tant d’ « amuseurs publics » selon tant d’effroyables « méthodologies rigoureuses » technocratiques tout aussi décadentes, qu’il en asphyxie lui-même la biodiversité de ses Peuples, de ses races, de ses valeurs humaines. Méthodologies internationalistes criminelles standards inadaptées à la diversité humaine seule source de progrès qui justement force au changement par le contradictoire de ses différences naturelles.
    Pour l’Afrique, ces « méthodologies rigoureuses » la maintiennent psychologiquement enchaînée pour des intérêts privés mondialisés néfastes, l’Afrique ne peut ainsi prendre conscience que c’est simplement ses valeurs, celles millénaires de simple nature des choses dont le monde a besoin. C’est la lucidité de ses cadres qui le pourra et nuls autres à condition qu’ils aient le courage de l’exception novatrice.
    On voudra bien m’excuser d’utiliser cette interview pour étayer une analyse nécessairement plus large d’une situation générale effrayante dont on peut constater que même une intelligence douée d’une réflexion hautement supérieure, peut s’y laisser prendre. J’ai le malencontreux défaut du principe contradictoire surtout quand d’aucun qualifie d’emblée une chose « …pas imaginable ni concevable …. pas envisageable… » sur multipliant d’autant mon intérêt à y trouver la raison profonde.
    C.PHILIPPE LE BAIL

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