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Le mérou brun de Méditerranée (Epinephelus marginatus)

Très recherché par les plongeurs-chasseurs, le mérou brun est l’un des plus gros et plus emblématiques des poissons de méditerranée. L’espèce est commune dans la façade méditerranéenne du royaume.

 Le mérou brun (Epinephelus marginatus) est l’un des plus gros et plus emblématiques des poissons de méditerranée. Il est également réputé sédentaires et on le rencontrera aisément au sein des espaces protégés. Le mérou brun se nourrit de céphalopodes comme les seiches, poulpes ou encore les calmars. Il affectionne les endroits calmes sur les fonds rocheux, ou à l’abri des cavités et des grottes. Il vit entre 20 et 200 mètres de profondeur, près du fond. Il est généralement solitaire cependant on peut rencontrer quelques individus (deux ou trois) partageant une même grotte ou un périmètre relativement réduit mais qui seront toujours de taille différentes, au moment du frai il migre vers des eaux profondes.

Une « belle bête »

De coloration brunâtre, parfois fris clair à gris foncé, voire rougeâtre, le corps ovale, massif et robuste du mérou est recouvert de taches claires irrégulières « en nuages » que l’on retrouve sur la tête et plus particulièrement autour des yeux, ce qui aide à l’identification des individus. Sa mâchoire inférieure et ses deux gros yeux sont proéminents. Sa nageoire dorsale se caractérise par une dizaine d’épines suivies d’une quinzaines de rayons mous.

Mérou Monsieur ou mérou Madame?

Le mérou n’a pas de sexe déterminé avant l’âge de 4 ans. Il possède une glande hermaphrodite capable de produire des gamètes femelles, puis mâles. Le mérou peut donc changer de sexe, une fois au cours de sa vie lorsqu’il n’y a plus de mâle dominant : entre 5 et 12 ans, le mérou est femelle, puis, jusqu’à la fin de sa vie (environ 50 ans), il devient mâle. On dit que le mérou est hermaphrodite protogyne.

Il est où le mérou?

Méditerranée et Atlantique Est depuis la Bretagne sud jusqu’à l’Afrique du Sud et dans l’Atlantique Ouest (Brésil et Bermudes), mais il n’est pas certain qu’il s’agisse de la même espèce pour l’Atlantique Ouest. A noter qu’il est très rare au nord du golfe de Gascogne.

Placide et… en danger

Le mérou brun a bien failli disparaître des côtes du Nord de la Méditerranée, victime de sa placidité et de la facilité qu’ont eu les hommes à le pêcher.Il est probablement le poisson le plus recherché et le plus médiatique de Méditerranée. Les sites où ce poisson imposant et peu farouche a élu domicile sont particulièrement appréciés des plongeurs et des photographes. Il était autrefois très commun, mais la surpêche a fait des ravages dans l’espèce. C’est pourquoi ce poisson reste en danger et il n’est pas autorisé que l’on pêche ce poisson n’importe quand.

Protection et conservation

A l’échelle internationale le mérou est protégé par la Convention de Berne de 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe. Au Maroc sa pêche/chasse est interdite durant les mois de juillet et d’août durant lesquels a lieu sa période de repos biologique. En 1993, il a été classé espèce protégée et cette décision semble porter ses fruits puisqu’il réapparait timidement dans quelques grottes du littoral. Le mérou de grande taille peut atteindre 1m40 pour 65 kg!

Alerte aux filets fantômes

Younes Baghdidi, notre correspondent de la ville de Fnideq nous raconte que les mérous les plus petits qui sont chassé légalement doivent être des individus de plus de 2kg 50. Pour le militant écologiste et plongeur passionné, les mérous dans la façade maritime méditerranéenne marocaine sont plus menacés par les dangers des filets fantômes qu’autre chose. Aussi, Younes nous confie que des individus de mérous de grandes tailles viennent se joindre chaque année aux individus qui vivent prés de la cote marocaine.

Nous remarquons chaque année que la période de reproduction du mérou se prolonge au-delà de la période de repos biologique. Nous recommandons aux autorités concernées de prolonger le repos biologique quelques semaines pour une meilleure conservation des mérous. A part ça, le vrai problème c’est les filets fantômes! Il faut une solution à ce phénomène car il touche plusieurs espèces menacées, pas seulement le mérou! Conclut Younes.

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