Les grands prédateurs du Maroc se cachent pour mourir…

Tableau d'Eugène Delacroix "la Chasse aux lions au Maroc" (1854)

Dans les sphères écologistes Marocaines, existent bon nombre de grands principes et de visions convergentes fédératrices, mais également plusieurs sujets, matière à controverses. Le sujet des grands prédateurs en fait partie.

 

On peut trouver parmi « nos verts », des militants pour la protection animale, des forestiers, des végétariens, des adeptes de permaculture, des randonneurs, des scientifiques, des chasseurs, de simples citoyens sensés… Tous veulent « protéger la nature », mais tous ne portent pas la même vision sur les moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Entre « idéalisme utopique » de certains et « réalisme froid et calculateur » des autres, tout un nuancier de perspectives et de façons différentes de percevoir le Monde et la Nature.

Parmi ces sujets à controverse celui de la fonction « régulatrice » des pratiques de chasse. Là où certains ne voient qu’un massacre perpétré avec une « conscience » accommodante, d’autres voient une pratique « naturelle » sportive, érigée parfois au rang d’art ou de culture qui pour la même occasion « fait du bien » à la nature en exerçant une fonction dite de « régulation ». Ceux qui sont anti-chasse, vous diront que tuer pour le plaisir n’est pas tolérable, surtout que le besoin de chasser pour subsister n’est plus. Rien ne justifie dès lors de continuer des pratiques qui « n’ont plus lieu d’être ». Ce à quoi les chasseurs et pro-chasse, vous répondront que chasser n’est pas braconner, et que du moment qu’on respecte l’éthique, la loi et les bonnes pratiques, l’impact sur l’écosystème où a lieu l’activité, s’avère le plus souvent « bénéfique ».

Là on arrive à une définition tout aussi controversée. Celle d’espèces « nuisibles ». Un sujet à part entière qui s’annexe presque toujours à cette discussion à propos de la chasse. Ce sur lequel tout le monde tombe d’accord, c’est que les écosystèmes plus ou moins préservés on finit par se dérégler, principalement à cause de la disparition des grands prédateurs.

Il n’y a pas si longtemps que ça, la forêt, le désert et la montagne, étaient des territoires où l’on ne s’aventurait pas n’importe quand ni n’importe comment. La nature, appartenait à ses propriétaires légitimes : les animaux. On n’avait alors aucun autre choix que celui de respecter ces écosystèmes, car sous-estimer les risques de s’y introduire sans préparation pouvait être une erreur fatale, que beaucoup ont payé au péril de leurs propres vies.

Il n’y a pas si longtemps que ça, la présence des lions, des léopards, des hyènes et autres grands prédateurs, servait de protection à tout l’écosystème. Hélas, depuis que l’explosion démographique conjuguée à la démocratisation des fusils de chasse sont parvenus à détruire en quelques décennies ce que la nature à mis des millions d’années à construire, la forêt, le désert et la montagne, sont devenu des cours de recréation sans danger, où le premier venu peut s’aventurer sans craindre grand-chose, si ce n’est de se perdre ou de se faire inquiéter par une « quelconque » espèce nuisible, qui préférera à tous les coups de s’éloigner le plus loin possible que d’essayer de s’intéresser de trop près à son pire cauchemar.

En quelques décennies seulement, la mentalité anthropocentriste qui veuille que la terre revienne d’abord et uniquement à l’homme, et qu’une fois « récupérée », la priorité absolue est de la purger de ses « dangers », a fini par ravager ce que la nature elle-même s’employait déjà si bien à mettre à mal. D’Europe et d’ailleurs, ont débarqué des méthodes des modes et armes de « chasse », qui sans vraies restrictions, sans vrais plans de contrôle et à une époque où le royaume passait par une phase historiquement complexe et spécifique, ont fini par contribuer irrémédiablement à la quasi-disparition des grands prédateurs. D’un autre côté plusieurs espèces proies qui pour survivre s’étaient adaptées à la nécessité d’avoir des cycles de reproduction nombreux et rapides, ont vite finit par « proliférer ». A défaut de pouvoir continuer la chasse aux grands fauves, on s’est alors rebattu sur le gibier, tout en faisant le « service à la nature », de tirer à vue sur les espèces qu’on a déclarées « nuisibles ». Là où il n’y avait que forêt, sont apparu des maisons, des champs de cultures. Là ou le renard, la mangouste, le chacal et le moineau avaient toujours vécu, en quelques années, est apparu « la civilisation ». Et on le sait bien, l’homme se protège, ses biens et lui-même, quand il faut.

C’est ainsi qu’on est arrivé à l’état actuel des choses : une nature altérée, déréglée et appauvrit. Les grands espaces « sauvages », sont devenu de plus en plus rares, de plus en plus éparpillés et de plus en plus morcelés. Les écosystèmes qui subsistent encore sont devenus des curiosités dont la survie nous apparaît « surprenante ». Personne, ou trop peu de personnes n’arrivent à imaginer et à entrevoir le règne de dame nature tel qu’il existait chez nous, il y a quelques années encore.

Récemment, s’est enfin imposée une nouvelle culture de sauvegarde de la Nature, qui admet la nécessité de sauver (ce qui peut encore être sauvé) les grands prédateurs sauvages. Difficilement, cette façon de concevoir la nature, fait son chemin, dans une course trop juste (perdue d’avance ?) avec la montre. Pendant qu’on essaye de convaincre et de recoller les morceaux, les grands prédateurs eux, se cachent pour mourir.

Il est surprenant qu’on puisse imaginer qu’au moment même où vous lisez ces lignes, des loups, des hyènes, des caracals, des servals, des léopards ( ?), des chats des sables, des renards (etc) rodent encore au Maroc. Ceux qui sont sur le terrain vous le diront : ils sont encore là. Pour combien de temps encore ? Peut-on espérer qu’il se trouvera un moyen pour les voir survivre « durablement » ? Pas sans volonté politique déterminée. Pas sans engagement d’une société civile au courant des enjeux et du prix qu’il faut mettre en terme de discipline et de sérieux travail. Pas sans remise en question des notions obsolètes qui perdurent encore dans la façon de percevoir l’animal et son habitat, leurs valeurs, la place qui leurs revient dans l’environnement, et aussi, l’impact de l’intervention de l’homme sur les écosystèmes où la biodiversité se maintient encore.

Au-delà de la primaire peur de la bête, les Marocains pourraient se décider à prendre les devants. Au delà des efforts louables mais insuffisants qui sont déjà mené dans le chantier de la gestion « durable » du patrimoine naturel dans tout son spectre, les décideurs, les autorités et la société civile pourraient faire le bon pari pour l’avenir : celui de ne pas accepter les solutions faciles et accommodantes, mais chercher et trouver les solutions les plus à même d’apporter le meilleur résultat.

Car finalement, nous avons tous de bonnes raisons de vouloir voir perdurer le peu qui reste de cette « nature sauvage » de notre pays. Que ce soit par principe, par souci de protéger un patrimoine commun, ou par simple volonté de garder une niche « productrice de valeur », on gagnerait tous à garder au Maroc un peu de ce qu’il fut des millions d’années durant : une terre de faune de flore et d’écosystèmes en tous genres.

prédateurs
Chasse à la panthère (Maroc, siècle dernier Ph: DR)
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A propos O.A

O.A
Founder of Ecologie.ma, Oussama Abaouss is a journalist specialized in the Natural Heritage of Morocco, a teacher of Environmental and Scientific Journalism at ILCS in Rabat, founder of the "tribe of Moroccan ecologists" and a member of the Moroccan Ornithological Group.

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6 commentaires

  1. Avatar

    "" D’Europe et d’ailleurs, ont débarqué des méthodes des modes et armes de « chasse », qui sans vrais restrictions, sans vrais plans de contrôle et à une époque où le royaume passait par une phase historiquement complexe et spécifique, ont finit par contribuer irrémédiablement à la quasi disparition des grand prédateurs""

    Regrettable Monsieur OA ! Votre paragraphe ci dessus pernicieusement "aggravé" par la photo jointe à votre article manquent foncièrement d'objectivité et par courtoisie j'en modère mon vocabulaire. Si vous ne pouvez objectivement dire les choses telles que vous les connaissez pour le moins évitez de reporter la faute sur les autres!

    Tant que les élites d'un pays ne voudront voir que la petite paille dans l'oeil de l'autre et pas l'énorme poutre dans le leur vous n'aboutirez à rien que "négationisme" fatal pour les générations qui vous suivent! Sachez qu'aujourd'hui ce sont vos enfants pas ceux des autres à qui vous dissimulez la vérité!

    "Phase historiquement complexe et spécifique " qu'est ce à dire? Si donc vous ne voulez employer les mots justes je vais le faire pour vous!

    Non monsieur OA aucune colonisation et encore moins celle du Maghreb par la France a "contribuer irrémédiablement à la quasi disparition des grands prédateurs" ceci est foncièrement faux! L’hécatombe du patrimoine animalier en Afrique, plus dramatique encore en Afrique noire est bien postérieure aux indépendances de chaque pays. Pas volontairement bien entendu mais tout à fait compréhensible à l'époque car vos gouvernants avaient bien d'autres choses à faire pour bâtir leurs pays neufs. On ne peut donc pas même les rendre responsables!Simple fatalité donc! Mais ce n'est pas une raison pour n'en voir à qui la faute……plus d'un demi siècle plus tard! En 1956 le Maroc était amplement pourvu de tous ses animaux dont vous faites mention à l'état sauvage sur leurs territoires, libres sans réserve clôturée pour les protéger car ils n'en avaient pas besoin!

    Amicalement désolé mais c'est ainsi!

    C.PHILIPPE LE BAIL

  2. O.A

    Vous dites « Tant que les élites d’un pays ne voudront voir que la petite paille dans l’œil de l’autre et pas l’énorme poutre dans le leur vous n’aboutirez à rien que « négationnisme » fatal pour les générations qui vous suivent! Sachez qu’aujourd’hui ce sont vos enfants pas ceux des autres à qui vous dissimulez la vérité! »

    Je ne sais pas comment prendre ni comment comprendre ce paragraphe. Vous vous identifiez au colonisateur, vous me rattachez à « l’élite qui a une « poutre dans les yeux » », quand vous n’y avez qu’une paille, vous distinguez nos enfants des vôtres, vous m’accusez de leur dissimuler la vérité…

    Monsieur , je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas, mais je crois que nous avons en commun notre attachement à la nature et la valeur inestimable que nous accordons à ses trésors. Je ne comprends pas pourquoi vous me faites dire ce que je n’ai pas dis, me taxant de surcroît de « négationniste » ? Je suis responsable de ce que j’écris, pas de ce que vous comprenez. Encore heureux que vous aillez « modéré votre vocabulaire ».

    Et pourtant, le paragraphe en question, est clair. Des images comme celles avec laquelle j’ai illustré mon billet il en existe des dizaines sur internet encore plus dans les livres et dans les mémoires. Pour illustrer la chasse aux fauves au Maroc, je ne vois pas en quoi le choix de cette photo en particulier soit en facteur « aggravant »…

    Comprenez que je suis un peu surpris quand vous parlez de négationnisme et de « dissimuler la vérité »… avez-vous des informations que vous souhaitez partager avec nous qui puissent compléter ou rectifier mes propos ? Je vous serai grès de les publier ici, ils seront considéré à leur juste valeur comme l’on considère la majorité de vos interventions sur notre modeste site.

    Je n’ai à aucun moment blâmé la « colonisation Française », bien que les pratiques de chasse sportive que la colonisation (française ou pas) amena dans ses bagages n’aient pas vraiment contribué à la sauvegarde des prédateurs, on sait que les pratiques de chasse au lion par exemple ont existé sous nos cieux depuis la période romaine.

    Pour ne parler que du Maroc, je suis d’accord qu’il y’a aussi une part de responsabilité qui revient aux autorités et à l’élite Marocaine quant à l’hécatombe du patrimoine animalier. D’ailleurs, aujourd’hui encore, alors que beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis l’indépendance, beaucoup reste à faire pour sauver ce qui peut encore être sauvé. Et ça je ne le nie pas, bien au contraire…

    Mr LE BAIL, je suis désolé si vous avez cru entrevoir du pernicieux là où il n’est tout simplement pas, l’idée n’était pas de trouver un «responsable » à la situation actuelle encore moins de « reporter la faute sur les autres », mais d’apporter une modeste vision des choses : nous somme à la croisée des chemins, nous avons beaucoup perdu en terme de patrimoine naturel, les mesures et décisions que l’on prendra aujourd’hui par rapport à la sauvegarde des grands prédateurs, détermineront si oui ou non, nos enfants auront la chance de vivre dans un Maroc qui a gardé « un peu » de sa biodiversité.

    Sinon je partage avec vous ce documentaire Marocain à propos du lion de l’Atlas, on peut y voir qu’en 1956 les lions avaient déjà disparut (extirpé) à l’état sauvage, c’est tout de même LE plus grand prédateur…

    Cordialement

    Oussama Abaouss

  3. Avatar

    Si les bons comptes font les bons amis sachez cher monsieur que pour moi, les bonnes discussions font de même. Merci donc pour votre franche réponse, je n’en attendais pas moins de votre honnêteté intellectuelle et citoyenne.
    Pourquoi mes propos ?
    – Il faut que vous sachiez que je suis le produit de ce « colonialisme » là ! Mon grand père maternel ayant débarqué au temps de Lyautey, sa fille ma mère est un pur produit hybride franco-marocain qui parlait le berbère comme moi qui ai passé ensuite mon enfance dans les confins de l’Atlas et du Tafilalt jusqu’à mes 11 ans. Mes copains berbères, la nature et ses animaux étaient mon fantastique environnement! Le Maroc n’est donc pas qu’un mot pour moi mais un chromosome, sensible qui puis-je ? J’ai passé ensuite des années dans toute l’Afrique et pays en voie de développement ce qui n’a pas « arrangé » cette sensibilité !
    – Sachez aussi que nous enfants «coloniaux » de cette période d’Histoire, étrangers en notre propre pays quand nous y sommes revenus après les indépendances de pays qu’on croyait notre, avons constamment été molestés d’un coté et de l’autre de la Méditerranée, par une incompréhension mal colportée.
    On en avait donc déjà un peu marre mais aujourd’hui, celle-ci c’est aggravée pour devenir une mauvaise foi d’imbécillité médiatico-politique.
    Cette attitude de pseudo intellectuels de salons, médiatique ou politique en France actuellement, dépasse la mesure à tel point que les faits historiques sont eux-mêmes allègrement détournés. D’ou mon propos « négationiste » ici un peu fort je l’admets!
    Pour exemple, notre insensée Ministre de la Justice a pondu une loi fêtant la fin de l’Esclavagisme, bon c’est très bien ! Mais mentionnant seulement, le « triangulaire » européen d’un siècle, pas l’ancestral africain de toujours? Pourquoi? Ce dernier passe mal diplomatiquement et dans les urnes ! De qui se moque-t-on alors? Simplement de nos enfants les votre et les miens confrontés aujourd’hui au mensonge politique généralisé!
    – Or les faits d’Histoire bons ou mauvais sont propres à l’espèce humaine et nous n’y pouvons rien si l’animalité est encore viscérale en nous!La gravité d’un détournement des faits historiques n’est pas envers ce qui les ont vécus car ils savent d’expérience mais de leurs enfants qui ne savent pas. Ne sachant objectivement pas, ils ne pourront alors jamais équilibrer l’avenir entre les Peuples.
    Voici exprimées ces généralités personnelles de fonds qui vous feront mieux comprendre ma réaction envers vos assertions.

    Maintenant sur la forme, pour être précis:
    o vous avez positionné une photo et une seule? Bien explicite d’un européen fusil à la main devant une bête abattue sans équivoque au temps colonial.
    o et en même temps votre paragraphe confirme sans l’écrire de son nom ce colonialisme, avec les mots les plus forts du vocabulaire français que vous maîtrisez parfaitement par ailleurs, je vous cite « …irrémédiablement à la quasi disparition… »
    o sans aucune précision chiffrée car elle démonterait le contraire.

    Or la chasse aux fauves était l’un des divertissements ancestraux des souverains et noblesses de toutes les époques du Maroc comme ailleurs. Les « coloniaux » y ont participé certes mais en totale disproportion avec le vocabulaire que vous employez et sur un temps bien plus court. Voilà ce que je considère une erreur.

    En résumé :
    Je confirme que le Maroc avait encore tout son cheptel animalier en 1956 , les lions de l’Atlas seuls heureusement protégés dans les zoos royaux mais tous les autres en parfaite liberté et il y en avait beaucoup, je peux vous l’assurer. Nulle autorité marocaine n’a été franchement responsable à cette époque d’indépendance mais les faits et les dates sont malheureusement là! Donc certainement pas le colonialisme renvoyé chez lui ce que laissent supposer votre paragraphe et votre photo. J’ai donc réagi à cela!

    Aujourd’hui nous sommes responsables les uns ou les autres si quiconque d’entre nous d’une paille ou d’une poutre dans les yeux aveuglent les générations futures. Voilà la chose essentielle.
    Blanc ou noir , il faut admettre les faits pour pouvoir en un commun « humain » positif voir nos responsabilités sur l’avenir « animal » naturel que nous avons meurtri. Ceci appartient à nos enfants qui plus vite sauront nos erreurs plus vite prendront les initiatives adéquates pour éviter les mêmes. Oui à condition qu’on leur dise!
    Non je n’interprète pas vos mots : vous avez choisi « irrémédiable » et « quasi disparition » qui sont des mots très forts qui parlent d’autant plus eux-mêmes si vous les jouxtez à une « unique photo » forte et bien précise elle-même, faisant l’ensemble incontournable d’une opinion précise péremptoire, la votre !

    Vous avez donc toute ma sympathie mais…… contradictoire avec la même force de vocabulaire montrant une autre conviction, la mienne.
    Deux fortes convictions exprimées clairement sont toujours constructives et c’est ce qu’ont besoin nos enfants! Hélas oui, les enfants d’Afrique plus que les miens car le sort social et matériel ne les a malheureusement pas favorisés pareillement. La est la malheureuse différence qu’il leur faudra aplanir ensemble et la nature égale pour tous peut les aider à le comprendre. L’Ecologie est philosophie avant d’être science, je le vois ainsi grâce au Maroc de mon enfance.
    Amicalement
    C. PHILIPPE LE BAIL

  4. O.A

    Cher Monsieur, quand j’écris « D’Europe et d’ailleurs, ont débarqué des méthodes des modes et armes de « chasse », qui sans vrais restrictions, sans vrais plans de contrôle et à une époque où le royaume passait par une phase historiquement complexe et spécifique, ont finit par contribuer irrémédiablement à la quasi disparition des grand prédateurs. », il faut comprendre ce qui suit :

    1- Phase historiquement complexe et spécifique : je fais allusion à une époque : 19eme et 20eme siècle. Partout dans le monde cette période fut pour le moindre que l’on puisse dire complexe et spécifique. C’est à mon sens, une phase qui a foisonné de bon et de moins bon, c’est une part de l’histoire dont l’humanité peut aussi bien être fière qu’avoir honte. Les guerres, le colonialisme, l’industrialisation, ont a jamais refaçonné des nations entières, autant au nord qu’au sud. Au Maroc, et dans le contexte du sujet de mon billet, à savoir la disparition des grands prédateurs, le déclin a été amorcé au moment même ou les armes à feu (toujours de plus en plus performantes) se sont démocratisées et ont largement circulé. Ce qui d’ailleurs est admis comme étant valable partout dans le monde.

    2- Je n’ai à aucun moment sous entendu que les « coloniaux » (français ou pas) ont à eux seuls ou eux même exterminé les fauves, mais les armes qu’ils ont introduits oui ! (d’ailleurs si ce n’était pas eux qui avaient apporté des armes, ça aurait été d’autres) Avant le moment clé où les fusils sont devenus des objets certes « précieux » mais tout de même accessibles, les fauves étaient largement avantagés. Mais après ce moment clé, Il n’était plus questions de quelques événements «de divertissement» menés par des notables en soif d’adrénaline et de gloire qui avaient la chance de posséder les hommes qu’il faut et les armes de pointes qu’on trouvait à leurs époques, mais des centaines voire des milliers de personnes (de tout origines sociales et ethniques) qui n’avaient plus peur de s’aventurer là où sans arme à feu, il était tout bonnement inenvisageable de se hasarder. C’est ces données qui « sans vrais restrictions, sans vrais plans de contrôle et à une époque où le royaume passait par une phase historiquement complexe et spécifique, ont finit par contribuer irrémédiablement à la quasi disparition des grand prédateurs. », (remarquez que je n’écris pas « ont causé », mais bien « ont contribué »)

    Merci Monsieur pour l’intérêt que vous porter à notre site et articles, je suis comme vous convaincu que les bonnes discussions font les bons amis. Comme vous avez partagé avec nous un peu de votre histoire personnel et vision des choses, je tiens aussi à partager avec vous (et pas la même avec les autres lecteurs) un peu des miennes.

    Je suis un citoyen mais aussi un produit du Maroc, et le Maroc comme tout autre pays est un produit de son histoire. J’aime énormément mon pays mais j'aime aussi l’idée d’être citoyen du Monde, je ne vois de vraies frontières que là où mère nature en a elle-même dressé. Comme vous j’ai le souci de vouloir laisser un meilleur monde à nos enfants, mais je crois qu’il faut tout autant avoir le souci de laisser de meilleurs enfants à ce monde.

    Je pense que partout à travers les nations et les temps, on peut trouver du « bien » et du « mal ».

    Quand à l’histoire, autant la définition du concept qu’elle représente est simple, autant la réalité de ce qu’elle est, et la façon et déclinaisons avec lesquelles elle se raconte sont « complexes ». Souvent écrite par celui qui a finit par avoir le dernier mot, elle peut se voir à travers plusieurs prismes et se raconter selon plusieurs points de vue. Le plus important étant de ne pas en perdre les enseignements, car sans savoir d’où l’on vient on ne saura jamais où l’on va. D’ailleurs le savons-nous vraiment ?

    Amicalement

    Oussama Abaouss

    • Avatar

      Eh bien voyez-vous tout s’explique entre gens de bonne volonté c’est aussi simple que cela et en plus on se fait des amis !
      Vous dites :
      …« Je pense que partout à travers les nations et les temps, on peut trouver du « bien » et du « mal ». »….
      Il m’apparait que l’énorme défit que les gens de bonne volonté ont à prendre en mains, et vite, pour l’avenir de nos enfants, se tient fondamentalement sur cette assertion.
      Toutefois la question est bien plus grave ! Notre folle modernité, mixage de politisation, de médiatisation et de banditisme financier a réussi à rendre incertain l’appréciation de ce qui est « bien » et ce qui est « mal ». Processus de toute dictature, la majorité, par exemple, des Hauts Officiers d’Hitler étaient des Chrétiens protestants pratiquants! Une nouvelle dictature s’accapare ainsi aujourd’hui par la confusion des valeurs, des masses incultes pour les engluer dans une domination mondialisée. La Démocratie devient audimat, la Loi se tortille en tout sens, la Justice se ficelle, la nature se piétine, la vie est robotisée à la baisse intellectuelle etc… Uniformisé standardisé dans la bêtise et le mensonge continuel tout est effectivement plus facilement « mondialisable »
      Ainsi sans plus aucun vocabulaire fondamental d’entendement commun, plus de dialogue possible.L’humanité se réduira a des calibrés « smarties » de toutes les couleurs, dans un unique bocal. L’intelligence s’éteindra faute d’être simplement exprimable et les civilisations seront alors à la merci de n’importe quel fou venu de frontières même plus déterminables, caïman lui-même aux Iles du même nom ou sera planquées ses finances pour tirer les manettes.
      Pourquoi je vous dis cela ?
      Simplement en continuité de ce que je pensais votre «accusation » envers le colonialisme français au Maroc.
      Parce que je suis peiné de voir que l’Afrique dont le Maghreb est d’une importance vitale et le Maroc plus encore, se trompe aujourd’hui d’adversaire.
      Je crois qu’il faut cesser cette facile éternelle rengaine des pays africains envers le colonialisme passé pour le rendre encore responsable de tous ses maux actuels plus d’un demi-siècle après? S’il le fut, il ne l’est plus et de trop insister laisse entendre l’excuse qu’on a pu soi-même résoudre des problèmes qui sont par le temps, irrémédiablement devenus siens. Colonisation, forme d’exploitation de l’homme par l’homme est une honte certes, déplorable certes mais c’est du passé, celle mille fois plus dangereuse est devant par la mondialisation, plus derrière, une colonisation mise à toutes les sauces.
      Pourquoi ne pas accepter le colonialisme comme un processus humain dramatique certes mais aussi naturel phénomène que le vent produit par l’écart de deux pressions atmosphériques -faibles/forts- et plus l’amplitude est grande plus la tempête fait rage vers les basses pressions. Qui pouvons-nous? Regardons l’Histoire et avouons-nous une fois pour toutes que pas un quart de siècle d’existence de cette satané humanité ne c’est déroulé sans une forme de colonialisme plus ou moins brutal dont il faut bien inclure celui Arabe de peuplement qui a soumis l’Espagne 3 fois plus longtemps que la France en Algérie et qui si on « titille » un peu l’Histoire est toujours là sur terre algérienne aujourd’hui mais originellement « numido-berbère» hier? Qui pouvons nous si l’homme est ainsi fait d’intérêt, de brutalité et d’opportunisme ?
      Par contre si nous regardions en avant, nous pourrions ainsi comprendre enfin que nous avons ensemble aujourd’hui à maintenir l’humanité « civilisée» selon nos données d’humanisme à nous et combattre ensemble, celle fugace qui veut nous asservir aujourd’hui et non celle d’hier, aujourd’hui, inoffensive. Nous, civilisation occidentale et moyen orientale associées en peuples de bonne volonté, le pouvons car bardées de nos concepts culturels et cultuels ancestraux nous savons évaluer depuis des siècles le vrai «bien» et le vrai «mal». L’Islam ne nous associe-t-il pas depuis le début à Lui ? Nous devons, nous, maintenir nos valeurs contre le danger que j’expose ci-avant car personne d’autre le pourra! Les USA sont une île humainement déserte et l’Asie, à part le Japon, encore incertain sur la question et toutes les Institutions internationales, des usines à gaz délétères. Qui alors?

      Pour finir et détendre l’atmosphère:
      Savez-vous qui sont les premiers « colonisateurs »?
      Mais les Africains voyons !
      Les plus anciens ossements humains de « Lucie » n’ont-ils été découverts au Kenya ?
      Ne savons-nous en effet que l’humanité est née là en Afrique?
      Bon et ensuite alors ….. qui donc a colonisé la terre entière, peuplé et exploité ?
      Pour une fois nous pouvons, pour le moins, sourire sur la question!
      Amicalement
      C.PHILIPPE LE BAIL

  5. Avatar
    Haj M'hamed Oukka

    Bonjour tout le monde,
    J’ai beaucoup apprécié votre forum qui m’a d’ailleurs éclairé, mais sans me convaincre, sur des aspects ayant à l’extinction d’une partie de notre faune sauvage. Etant personnellement originaire du moyen Atlas et intéressé par votre débat, j’aimerai apporter quelques compléments sur l’histoire de la probable relation entre le colonialisme et le déclenchement de l’extinction des fauves en particulier dans notre pays. En effet, ce que j’ai retenu de mes grands-parents et parents, l’arrivée des colons français dans notre région a amorcé le départ des fauves (panthères et lions) de deux façons:
    1.D’une façon directe en récompensant toute personne ayant abattu une panthère et la présentant au représentant français local (Hakem) qui, généralement prend une photo avec et le héros et la bête et en garde la fourrure, ce que confirme en partie la photo de Mr. Oussamate. Personnellement, je dispose de deux cas similaires dans mon entourage familial ;
    2. D’une façon indirecte et ce par la construction des pistes pour accéder à des points de résistance en montagne, nécessitant ainsi l’emploi des explosifs, ce qui engendre inévitablement la fuite des animaux sauvages de leurs habitats et leur exposition au braconnage.
    Enfin, et pour être juste, la vraie responsabilité incombe en grande partie aux autorités de tutelle marocaines de l’après indépendance et non aux colons.
    Cordialement à vous
    MO

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