Les savoir-faire de notre Patrimoine immatériel, pour une consommation plus responsable

Les savoir-faire de notre Patrimoine immatériel: Un bon choix pour une consommation plus responsable.

 

On consomme sans trop réfléchir, puis à un moment, vient la rétrospective et l’interrogation sur le bien fondé de ce que l’on a consommé.

Souvent, on constate qu’on aurait pu consommer moins et mieux. C’est à ce moment là d’habitude qu’on réalise qu’aujourd’hui plus que jamais, à l’heure et à l’aire de la communication, donc celui de l’incitation à la consommation, nous faisons le beurre d’industries dont les valeurs d’efficacité et de qualité ont été tronquées durant le siècle passé par celles de l’obsolescence programmée et de la médiocrité.

On peut alors tout remettre en question, ne plus prendre les autres en exemple à suivre, tout en essayant de repenser notre mode de vie, afin de le redéfinir dans une perspective plus viable plus équitable et plus responsable.

Arrivé à cette étape, on re découvre nos vrais besoins, et à leurs lumières, nous essayons de subvenir aux nécessités qu’on doit gérer et qui s’imposent à nous, en ayant recours aux meilleures solutions et en prenant parti de faire les choses avec les valeurs qui nous conviennent le mieux.

En termes de « vraie valeur », et face à une société hypnotisée et dressée à valoriser « le nouveau », on est témoin de gâchis et de déviations dans nos modes de production et de consommation. On assiste notamment à l’abandon et à la dévalorisation de grand nombre de nos richesses en termes de « savoir-être » et de « savoir-vivre », alors que nous bradons sans vraiment le réaliser le meilleur de ce qui nous appartient et de ce qui fait de nous ce que nous sommes.

Le Maroc, en pays dont les cultures sont antiques et diverses jouit d’un patrimoine immatériel insoupçonnable pour la plupart.

Si ce patrimoine immatériel peut augmenter significativement les indicateurs de richesses de notre pays une fois additionné au patrimoine « matériel », on peut aussi y trouver une fabuleuse source d’inspiration, de savoir et de solutions pour consommer mieux et même parfois, consommer moins tout en augmentant la qualité de notre propre vie, et par la même, celle de notre entourage.

Par définition, notre propre patrimoine national immatériel « fait appel à l’idée d’un héritage légué par les générations qui nous ont précédés, et que nous devons transmettre intact ou augmenté aux générations futures, ainsi qu’à la nécessité de constituer un patrimoine pour demain ». « Il peut revêtir différentes formes : chants, costumes, danses, traditions gastronomiques, jeux, mythes, contes et légendes, petits métiers, témoignages, captation de techniques et de savoir-faire, documents écrits et d’archives (dont audiovisuelles), etc. »

Puiser et faire revivre cette richesse qui jaillit de nous même ne peut que nous être bénéfique. S’en éloigner et la renier aura l’effet contraire.

La partie de notre patrimoine immatériel liée aux petits métiers et à notre savoir faire doit absolument regagner notre intérêt, car la valorisation et le recours à ce savoir ne peut qu’engendrer un cercle vertueux où nous serons tous gagnants.

Gagnants parce qu’on aura privilégié notre production et nos artisans, gagnants parce qu’on aura choisi des produits qui privilégient la qualité et la durabilité, gagnants parce qu’on aura fait primer notre authenticité.

Il est aberrant de continuer à être enclin à payer plus pour ce qui a été fabriqué dans une usine ailleurs alors qu’on peut avoir mieux et moins cher, fabriqué par la main d’un artisan bien de chez nous.

La modernité et les technologies nous donnent souvent la chance d’élargir le champ de nos possibilités. Mais tout ne doit pas être systématiquement mécanisé et industrialisé pour être viable et utile.

L’idéal est de revenir aux sources tout en gardant les bonnes idées et pratiques d’aujourd’hui. Le bon compromis est à définir par chacun de nous. L’idéal étant qu’on puisse être les fils d’aujourd’hui sans oublier que nous sommes les petits fils d’hier, et qu’on puisse voir la beauté dans les innovations utiles et technologies d’aujourd’hui sans oublier ni nier celles d’hier.

A titre d’exemple, n’oublions pas qu’une maison au Maroc peut être construite à l’ancienne, meublée à l’ancienne tout en bénéficiant du meilleur de la technologie d’aujourd’hui. Gardons à l’esprit que contrairement aux formes parfaites d’un objet fait par la chaîne d’une usine, celui fait à la main a une histoire. Une partie de l’âme de l’artisan restera gravée à jamais dans ses discrètes imperfections.

A défaut de la maison tout en béton, construite avec des matériaux importés et meublée avec des fournitures faites ailleurs, celle en tout Marocain nous offre un reflet valorisant de nous même : elle sera une expression d’un style qu’on aura nous même composé, puis conjugué par les savoirs d’un patrimoine immatériel qui nous appartient, et dont le fruit, bien matérialisé quant à lui, aura depuis sa conception jusqu’à sa finition bénéficié à notre économie et à notre environnement.

Dans une conjoncture mondiale maussade où les effets de mode se fabriquent sur mesure pour être de plus en plus éphémères, il est bon d’investir dans l’indémodable comme il est bénéfique de décider nous même de la valeur que l’on donne à chaque chose. Décidons alors de valoriser notre propre richesse immatérielle, notre environnement en bénéficiera et nous même n’en serons que plus riches.

Ecologie.ma vous est offert par Maroc Ecologie: votre référence pour les formations, communications et conseils dans les domaines de l'Environnement eu du Patrimoine Naturel.

A propos O.A

O.A
Founder of Ecologie.ma, Oussama Abaouss is a journalist specialized in the Natural Heritage of Morocco, a teacher of Environmental and Scientific Journalism at ILCS in Rabat, founder of the "tribe of Moroccan ecologists" and a member of the Moroccan Ornithological Group.

Voir aussi

Thon rouge

Thon rouge: plaidoyer pour une gestion scientifique et durable (tribune)

La 25e réunion ordinaire de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique …

La santé par les plantes: gare aux intoxications!

Les plantes aromatiques et médicinales (PAM) sont utilisées depuis la nuit des temps. Elles ont …

2 commentaires

  1. Avatar

    Pierre Loti « VOYAGES Au Maroc » Mai 1889
    « Cette soirée de mai sur ce plateau sauvage a une paix d’Eden ; elle est ce que devaient être les soirées des printemps préhistoriques, alors que les hommes n’avaient pas encore enlaidi la terre ….O Moghreb, reste, bien longtemps encore, muré, impénétrable aux choses nouvelles, tourne bien le dos à l’Europe et immobilise-toi dans les choses passées. Dors bien longtemps et continue ton vieux rêve, afin qu’au moins il y ait un dernier pays où les hommes fassent leur prière….»

    Oui, prière d’espoir que le Maroc conserve son fantastique héritage !
    Comme vous le voyez cher monsieur, il fait plaisir de voir que nous ne sommes pas seuls à penser ainsi et que des étrangers lucides passant là, ont été frappés par le « fait » par l’ « exception » du Maroc profond déjà en 1889 plus d’un siècle avant nous!
    Je ne vous connais pas mais le patrimoine immatériel du Maroc que vous défendez est une fortune que seules les personnes qui écrivent ce que vous dites fructifierons pour le plus grand bien des générations marocaines, maghrébines africaines qui suivent et ……les notre occidentales par la même occasion qui en ont bien besoin aussi!
    Bonne chance
    C.PHILIPPE LE BAIL

  2. Avatar

    La technologie peut nous aider à focaliser notre patrémoine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.