Merja Zerga: une catastrophe évitée

À Merja Zerga, zone humide classée RAMSAR, un feu de tourbière a grignoté la zone nord du site pendant plusieurs jours. Le phénomène -particulièrement compliqué à circonscrire- a dégagé des fumerons qui n’ont pas manqué d’inquiéter les riverains du site. Le feu a finalement été consigné et les dégâts sur les zones boisées et l’avifaune seraient minimes.

Plusieurs de nos confrères ont relayé ces derniers jours des informations à propos d’un incendie de forêt aux abords de la Merja Zerga. Selon leurs publications, le phénomène aurait pris la forme de « mystérieuse fumée terrestre » qui était observable pendant plusieurs semaines. Dans les réseaux sociaux, plusieurs citoyens avaient exprimé leurs inquiétudes, notamment en ce qui concerne l’impact sur l’importante avifaune qu’héberge le site classée zone RAMSAR. Un communiqué du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification parvenu à notre rédaction précise les conditions et conséquences de l’événement.

Que s’est-il passé?

Selon le communiqué du HCEFLCD, l’incendie s’est déclaré il y a trois semaines sur la partie nord de la Merja Zerga, au niveau d’un terrain collectif couvert de pelouse asséchée. Le foyer se situe dans les abords immédiats de la route régionale 406 menant vers le centre de Moulay Bouselham. Le feu a parcouru près de 1.5 ha sans qu’aucune flamme ne soit visible.

D’où vient la « mystérieuse » fumée?

La fumée observée s’explique par la nature du couvert végétal ou le feu avait pris. Il s’agit d’un « feu qui couve sous le sol, sur plusieurs centimètres de profondeur et qui se produit dans les accumulations d’humus très riche en matière organique et d’autres végétaux morts suffisamment secs pour brûler. La matière végétale se consume lentement, ce qui explique la présence de nuages de fumée de faibles dimensions qui s’échappent du sol. Après le passage du feu, le sol s’affaisse et engendre une différence de hauteur entre partie incendiée et partie non incendiée entre 50 cm et 1m ».

Les nids et la biodiversité du site ont-ils été touchés?

La zone incendiée ne fait partie ni de la zone de protection, ni de la zone tampon du zonage bioécologique de cette zone humide classée RAMSAR d’intérêt International, et ne constitue pas une zone de nidification pour une quelconque espèce d’oiseaux.

Quelles ont été les moyens déployés pour circonscrire le feu?

Les marais asséchés sont des écosystèmes qui présentent certaines particularités lorsqu’il s’agit de gérer un incendie. Ces types de milieux présentent des difficultés techniques notamment l’utilisation des engins d’intervention qui risquent de s’embourber sur un sol spongieux. L’intervention pertinente pour éteindre le feu de marais consiste donc à isoler au maximum la zone incendiée pour éviter sa propagation et son extension, via l’ouverture d’un fossé longeant la zone incendiée pour stopper la propagation du feu et briser les continuités des vides aérés qui favorisent le maintien du feu et l’apparition des fumerons. Mode opératoire qui a été suivi pour le cas de la Merja Zerga. Le périmètre a été stabilisé et ne représente plus de risques.

Optimisme et vigilance…

Les résultats des différentes campagnes nationales de lutte contre les incendies de forêts de ces dernières années confirment le leadership marocain dans le domaine au niveau du bassin méditerranéen. Depuis la création du Centre National de Gestion des Risques Climatiques Forestiers, notre pays s’est distingué par ses résultats comparativement avec les autres pays voisins notamment ceux de l’autre rive de la méditerranée. À titre d’exemple du 1er janvier au 31 décembre 2017 les feux de forêts au Maroc avaient touché une superficie totale de 2414 ha. Pour la même période les superficies forestières endommagées par les incendies, au Portugal, en Espagne, en Algérie et en France, sont respectivement de l’ordre de 215 000 ha 106 000 ha, 54 000 ha et 11 000 ha!

Le HCEFLCD appelle néanmoins à la vigilance et responsabilité des citoyens pour éviter des attitudes qui pourraient engendrer ce genre de catastrophes. Le communiqué du département appelle notamment « à la plus grande vigilance et au respect des règles d’interdiction d’incinération des végétaux et, au civisme notamment par rapport aux jets de mégots qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses à la fois pour la population mais également pour les écosystèmes naturels ».

Ecologie.ma vous est offert par Maroc Ecologie: votre référence pour les formations, communications et conseils dans les domaines de l'Environnement eu du Patrimoine Naturel.

Voir aussi

animaly

Saisie de perroquets au salon des animaux de Casablanca

Le 25 janvier, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre …

Hyène rayée

Région de l’oriental: un chasseur tue une hyène rayée (vidéo)

La semaine dernière du côté les massifs du Béni-Snassen, lors d’une battue de sanglier, un …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.