Les autorités espagnoles découvrent un pangolin dans les affaires d’une passagère « en provenance de Casablanca »

Crédit: Adam Tusk

La garde civile espagnole a arrêté une femme qui transportait quatre porcs-épics et un pangolin morts dans sa valise « en provenance de Casablanca ». L’agence espagnole EFE qui a rapporté cette information n’a cependant pas précisé si la passagère a fait son départ depuis le Maroc ou qu’elle y a simplement transité. 

 

Une passagère de 35 ans originaire de Guinée équatoriale résidente à Torrejón de Ardoz en Espagne a été arrêtée par la garde civile en fin de semaine dernière à l’aéroport de Adolfo Suárez Madrid-Barajas. La passagère transportait dans sa valise cinq animaux morts dont quatre porcs-épics et un pangolin. Selon l’agence EFE, le commandement de la Garde civile de Madrid a signalé qu’un contrôle aléatoire a été effectué dans les bagages des passagers d’un vol en provenance de Casablanca dans le terminal T4 de l’aéroport de Barajas, lequel contrôle a aboutit à cette découverte.

La passagère qui n’avait rien déclaré ne disposait d’aucun document légal pour les animaux qu’elle avait dans sa valise. Les sources de l’agence EFE ont rapporté que la femme aurait amené ces animaux pour les manger, car « dans certains pays, la viande de pangolin est considérée comme exquise ». Les cinq animaux morts ont été déposés au bureau de douane de l’aéroport, « conformément au règlement sur l’introduction des produits d’origine animale dans la Communauté économique européenne ».

Cependant, bien que la prochaine étape ne dépende plus de la Garde civile, EFE explique que la procédure normale dans ces situations est de brûler les spécimens pour des raisons sanitaires. L’article ne précise pas cependant si la passagère a fait son départ de Casablanca ou si elle y a tout simplement transité. Selon nos sources, la nuance serait de taille car le départ depuis le Maroc implique qu’elle aurait réussi à introduire les animaux au Maroc -le pangolin n’existe dans aucun zoo ni aucun élevage au Maroc- puis également réussi de quitter le territoire avec.

Ce qui en revanche expliquerait ce cas de trafic illégal d’espèces protégées, serait qu’elle aurait transité par le Maroc en provenance d’un autre pays subsaharien. Les protocoles de contrôle n’étant pas les mêmes, un transit par le Maroc peut se faire sans que les bagages contrôlés dans le pays de départ ne quittent la soute de l’avion, ou en cas de changement de vol sont acheminés vers l’avion qui assurerait la liaison avec le pays de destination, l’Espagne en l’occurrence.

Rappelons que le Maroc qui s’affirme de plus en plus comme un hub aérien vers les autres pays d’Afrique s’est engagé dans une augmentation des capacités du corps des douaniers afin de les outiller pour la lutte contre ce genre de trafics. Plusieurs sessions de formation ont été menés ces dernières années pas le Haut Commissariat des Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification en partenariat avec le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et la Direction des Douanes afin de donner encore plus de moyens et de techniques aux douaniers pour reconnaitre les espèces classées par la CITES et ainsi déjouer les éventuelles tentatives des trafiquants.

En attendant de disposer de plus d’éléments pour confirmer s’il s’agit réellement d’un cas de trafic d’espèces « en provenance » de Casablanca, précisons que l’agence EFE conclut son article en signalant que la passagère a été libérée après saisie des spécimens.

Le pangolin d’Afrique, l’animal le plus braconné au Monde

Le pangolin est le seul mammifère sur la Terre à avoir des écailles de kératine protectrices. Il est en danger critique d’extinction et est protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Faisant les frais de la réputation des « vertus médicinales » qu’aurait sa viande le pangolin est très recherché par les trafiquants.

Les quatre sous espèces africaines de pangolin (Manis gigantea, Manis temminckii, Manis tetradactyla, Manis tricuspis) sont toutes classées dans l’annexe I de la CITES. Les espèces inscrites à cette Annexe sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la Convention. Étant menacées d’extinction, la CITES interdit le commerce international de leurs spécimens sauf lorsque l’importation n’est pas faite à des fins commerciales mais, par exemple, à des fins de recherche scientifique. Dans ces cas exceptionnels, les transactions peuvent avoir lieu à condition d’être autorisées par le biais de la délivrance d’un permis d’importation et d’un permis d’exportation (ou d’un certificat de réexportation).

La « viande de brousse », un danger pour la santé et pour la Biodiversité

La viande de brousse est le nom donné à la viande d’animaux sauvages, recherchée par de nombreux amateurs entre autres sur le continent africain et dans les pays de forte immigration africaine. La récolte commerciale et le commerce de la faune sont considérés comme une réelle menace pour la biodiversité. La viande de brousse permet à certaines graves maladies tropicales de se transmettre aux humains.Tandis qu’elle se consomme pour des raisons compréhensibles de survie dans les régions excentrées ou très pauvres, la viande de brousse est considérée dans les agglomérations comme une «délicatesse».

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