Rabat :10ème édition du FIFALE (Interview)

Demain commence la dixième édition du FIFALE (festival international du film animalier et de l’environnement) qui se déroule sur quatre jours au théâtre Mohamed V à Rabat. En tant que partenaire officiel de l’événement , Ecologie.ma a le plaisir de vous relayer une interview que Mme Danny Sarazin, directrice et fondatrice du FIFALE, nous a accordé en exclusivité.

FIFALE

Que pense Danny Sarazin, du documentaire animalier et de la place qu’il occupe au Maroc ?

Le documentaire animalier est une archive à images d’une faune et d’une flore qui malheureusement disparaissent. C’est en quelque sorte la mémoire de tout un patrimoine.

D’un point de vue cinématographique, c’est une école à part entière. Son fruit constitue un vecteur dont le langage est « international ». On voit les images, on n’a pas forcément besoin de textes. On parle toutes les langues avec les animaux.

Au Maroc, les documentaires animaliers faits par des réalisateurs Marocains n’existent quasiment pas. Seul, le documentaire Amouddou, est réalisé par Lahoucine Faouzi et Hassan Boufouss, d’une manière indépendante.

Le centre cinématographique Marocain devrait prendre davantage en compte la nécessité d’encourager ce genre de cinéma, qui joue un rôle des moins négligeables.

 

Y a-t-il une évolution quant à la perception du rôle que peut jouer un documentaire (qu’il soit animalier ou à propos de l’environnement) en tant que vecteur pour la sensibilisation par l’image ?

Je pense sincèrement qu’au Maroc le documentaire animalier est un genre majoritairement  délaissé et peu valorisé. Je suis passé par plusieurs commissions pour des attributions de subventions puisque le FIFALE comme tous les festivals a besoin d’argent pour fonctionner,( recevoir ses invités, recevoir des élèves). Je constate malheureusement que le manque de soutien est quasi systématique de la part de ce genre de commissions.

On est un peu mal aimé, néanmoins nous avons la formidable chance d’organiser notre événement sous le haut patronage de sa majesté Mohamed 6 comme nous avions la chance d’avoir le haut patronage de sa majesté feu Hassan II à l’époque.  Il a donc existé et continue à exister aujourd’hui encore, un intérêt certain de leurs parts pour encourager ce genre de cinéma et de films.

 

Donc il y a une continuité, une évolution, mais pas partout ou on voudrait les voir…

Moi en tout cas, ce dont je suis contente c’est par rapport aux jeunes. Il y a toute cette nouvelle génération qui veut faire bouger les choses, qui a pris en compte la nécessité de travailler pour la protection de l’animal et de l’environnement. On voit beaucoup d’associations et de mouvements qui se créent, je me demande parfois d’ailleurs pourquoi au niveau des responsables, personne ne sent ça ?

je rappelle notamment, que nous recevons autour de 1200 enfants avec leurs accompagnateurs CHAQUE JOUR pendant le FIFALE…

 

Selon vous qu’est ce qui peut être fait pour donner au documentaire (qu’il soit animalier ou à propos de l’environnement) la vrai valeur et importance qui lui reviennent ?

Pour le documentaire nous faisons de la sensibilisation au niveau des écoles de cinéma –là nous sommes en train de le faire avec l’ISCA et l’ ISMAC, j’espère qu’on le fera avec d’autres écoles-. D’ailleurs nos invités qui sont de grands réalisateurs et de grands professionnels, animent dans le cadre du FIFALE des Master-classes chaque année, où ils partagent leurs savoir et expériences sur cette spécificité du documentaire.

Sinon, et je l’ai dis récemment au Gabon, je souhaiterai bien que chaque pays africain ait son festival du film animalier.

 

Est-ce que les subventions destinées à soutenir la production de films animaliers devraient se faire de manière plus importante ? Devrait il y a voir plus de contribution de la part des uns et des autres pour soutenir ce genre ?

Bien sûr ! Pas seulement les subventions, mais nous cherchons aussi des partenariats, y compris avec des « pollueurs payeurs » qui eux aussi ont un rôle à jouer, à l’instar de ce qui se fait au Gabon par exemple, concernant les mines de Manganèse, les sociétés exploitantes ne restent pas en marge et s’investissent dans le soutien des événements de ce type. Ils ont compris leur rôle. Vous pouvez remarquer que beaucoup d’entreprises communiquent sur l’environnement, mais peu d’entre elles voient la nécessité de s’impliquer vraiment dans le soutien du seul événement sur ce thème dans le royaume.

 

La dixième édition du FIFALE commence demain. L’année dernière, nous avons eu droit à de très grands noms du documentaire animalier et de l’environnement. Aurons-nous autant de chance cette année ?

Encore autant, et même plus ! Parce que cette année nous aurons l’honneur d’accueillir plusieurs avant-premières au Maroc ( « Africain Safari » de Ben Stalen, et « le fabuleux destin de siam l’éléphant » par Michel Corillion…).

Nous recevrons Dany Cleyet-Marrel qui est un aéronaute très connu depuis des années et qui fait des choses fabuleuses , Laurent Ballesta qui est un biologiste marin et qui a fait une plongée à -130 m pour découvrir ce fameux coelacanthe qui est un poisson de deux mètres de long d’origine préhistorique, Pierre Stine qui sera là aussi et qui a fait un très bon film au Maroc sur l’empreinte des dinosaures, ainsi que Benoît Reeves qui lui nous parlera de l’univers au fil de l’eau.

Nous aurons également la chance d’accueillir, René Heuzey et Christian Peltron, qui vont présenter leurs films fabuleux, parce qu’ils ont de l’actualité. Le FIFALE se terminera en apothéose avec la prestation de Yukimi Yamamoto sur des images de René Heuzey…

 

FIFALE

 

 

Site officiel de l’événement: Fifale.com

 

 

Ecologie.ma vous est offert par Maroc Ecologie: votre référence pour les formations, communications et conseils dans les domaines de l'Environnement eu du Patrimoine Naturel.

A propos O.A

O.A
Founder of Ecologie.ma, Oussama Abaouss is a journalist specialized in the Natural Heritage of Morocco, a teacher of Environmental and Scientific Journalism at ILCS in Rabat, founder of the "tribe of Moroccan ecologists" and a member of the Moroccan Ornithological Group.

Voir aussi

Rabat: débat sur la biodiversité au Maroc

Dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de la Diversité Biologique et …

Deuxième réunion du comité de pilotage de la SNDD

Le comité de pilotage de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD) a tenu sa …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.