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WWF : 52% des espèces sauvages disparu en moins de 40 ans

Le constat est grave. En 40 ans, l’Indice Planète Vivante de WWF – qui mesure l’évolution de 10 380 populations de 3 038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons – a chuté de 52%.

 

Selon le Rapport Planète Vivante 2014 du WWF (qui étudie l’impact de l’Homme sur la terre), les espèces sauvages ont perdu, en moyenne, plus de la moitié de leurs populations en 40 ans à cause de nos modes de vie. En parallèle, l’impact écologique humain continue sa progression. Face à cette situation insoutenable, le WWF exhorte les gouvernements à prendre leurs responsabilités pour inverser ces tendances avant qu’il ne soit trop tard.

La baisse annoncée de 52% en termes de biodiversité est beaucoup plus marquée que dans les rapports précédents, en raison de changements dans le mode de calcul qui proposent une représentation plus fidèle de la répartition mondiale des espèces de vertébrés, précise l’ONG spécialisée dans la protection des espèces en danger. Dans son dernier rapport bisannuel, datant de 2012, le WWF faisait état d’une baisse de 28% des espèces sauvages entre 1970 et 2008. L’indice ne couvrait alors que 2 699 espèces.

L’évolution de la biodiversité est pourtant inégale suivant les pays. Selon le WWF, la biodiversité des pays à haut revenu se porte bien, avec une augmentation de 10 % des populations. Les pays à revenu moyen assistent de leur côté au déclin de la leur, avec un recul de 18 %. Pour les pays à bas revenu, la situation s’aggrave : ils sont confrontés à une chute rapide et marquée de 58 % des populations animales. « Ce constat masque cependant l’érosion massive de la biodiversité subie par l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie avant 1970. Mais l’on peut aussi y voir le fait que les pays à haut revenu importent des ressources, externalisant ainsi vraisemblablement la perte de biodiversité et ses impacts dans les pays à faible revenu », note le WWF dans son rapport.

Toujours selon le même rapport, le monde vivrait tout simplement au dessus de ses moyens. La demande de ressources planétaires de l’humanité dépasserait, de plus de 50 %, l’offre renouvelable de la nature. En d’autres termes, il nous faut 1,5 Terre pour produire les ressources correspondante à notre empreinte écologique du moment. A noter que l’empreinte carbone issue de la consommation des combustibles fossiles représente plus de la moitié de l’empreinte écologique globale totale*.

Rappelons que l’empreinte écologique est un indicateur développé par le Global Footprint Network. Elle représente les surfaces productives de terre et de mer nécessaires pour fournir à une personne les ressources qu’elle utilise et pour absorber les déchets qu’elle produit : terres agricoles, pâturages, espaces bâtis, zones de pêche et forêts productives, surfaces forestières nécessaires pour absorber les émissions de dioxyde de carbone ne pouvant l’être par les océans.

Les pays les plus riches sont globalement ceux dont l’empreinte écologique par habitant est la plus élevée. En 2010, le Koweït arrivait en tête, suivi du Qatar, Émirats arabes unis, Danemark, Belgique, Trinidad et Tobago, Singapour, États-Unis, Bahreïn et Suède. Le Maroc arrivait en 107e position (voir tableau), et en avant-dernière position, figurait la Chine, qui détient néanmoins la première place pour son empreinte totale, devant les États-Unis et l’Inde.

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Source: Rapport Planète Vivante 2014

Selon le rapport, « L’utilisation des ressources et des services écologiques des pays à hauts revenus est cinq fois plus élevée par tête que dans les pays à bas revenus » et donc, pour maintenir leur niveau de vie, les pays riches ont largement recours à la biocapacité* des autres…

Cela dit, et pour que le développement mondial soit réellement durable, il faudrait que l’empreinte écologique mondiale soit inférieure à la biocapacité offerte par la Terre. Or il s’avère qu’entre 1961 et 2010, la population est passée de 3,1 à près de 7 milliards d’habitants, et la biocapacité disponible par tête de 3,2 à 1,7 d’hectare global (qui représente la productivité moyenne mondiale d’un hectare biologiquement productif).

Cet état de « dépassement global » signifie, par exemple, que le rythme auquel nous exploitons les forêts, pompons l’eau douce et rejetons du CO2 dépasse celui auquel les arbres repoussent, les aquifères se reconstituent et la nature séquestre nos émissions. La pollution et les déchets s’accumulent donc dans l’air, l’eau et les sols, les stocks de ressources s’appauvrissent.

« La population mondiale devant atteindre 9,6 milliards d’habitants en 2050 et 11 milliards en 2100, la biocapacité disponible pour chacun de nous va continuer à régresser, alors même qu’il sera de plus en plus difficile d’accroître la biocapacité totale dans un monde marqué par la dégradation des sols, la pénurie d’eau douce, et la montée du coût de l’énergie », alerte le rapport.

Si le déclin continue c’est principalement à cause de la perte et dégradation des habitats (en raison de l’agriculture, l’urbanisation, déforestation, l’irrigation, les barrages hydroélectriques…), la chasse et la surpêche (y compris les prises accidentelles comme pour les tortues marines), et le changement climatique.

Y a t-il un espoir ? y a-t-il des solutions ?

Selon la 10ème édition du rapport, ‘‘Cette tendance lourde ne donne aucun signe de ralentissement ». Les solutions pour contrer cette perte de la biodiversité et diminuer notre empreinte écologique seraient pourtant accessibles.

« Le dépassement écologique, c’est LE défi du 21e siècle », prévient Mathis Wackernagel, Président et co-fondateur de Global Footprint Network.

« Près des trois quarts de la population mondiale vit dans des pays présentant à la fois des déficits écologiques et de faibles revenus. Les contraintes de ressources font que nous devons avant tout chercher comment améliorer le bien-être humain autrement que par la simple croissance. »

Le WWF propose aussi de préserver le capital naturel, développer les aires protégées, produire mieux, consommer plus raisonnablement, réorienter les flux financiers, instaurer une gouvernance équitable des ressources et conclure un accord mondial pour le climat pour s’orienter vers une économie faiblement carbonée et diminuer ainsi le recours aux énergies fossiles.

Car dans l’etat actuel des choses, si nous vivions tous comme les Qataris, il nous faudrait 4,8 planètes. 3,9 si nous étions tous Américains, et 1,4 si nous étions tous Sud-Africains…

 

*- l’empreinte écologique est l’indice qui reprend tous les besoins écologiques consommés par les individus. Repris sous l’unité appelée hectare global (hag), il prend en compte la surface biologiquement productive que représentent les terres arables, les élevages, les zones de pêche, les espaces bâtis (industries et logements) et bien sûr les forêts. Ces dernières jouent un rôle clé avec les océans pour l’absorption du CO².
*- Biocapacité et empreinte écologique sont exprimées dans une unité commune appelée hectare global (hag). En 2010, l’empreinte écologique globale atteignait 18,1 milliards d’hag, soit 2,6 hag par habitant, alors que la biocapacité totale de la terre se montait à 12 milliards de hag, soit 1,7 hag par habitant.

 

 

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3 commentaires

  1. Avatar

    Vraiment déplorable…..Une grande tragédie pour notre planète que l'on détruit lentement mais surement……

  2. Avatar

    C'est triste ! L'espèce humaine qui se croit au-dessus des autres disparaîtra aussi à son tour ! en attendant respectons et protégeons la nature pour nos petits enfants !

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