Le chat ganté du Maroc

 

S’il a pu survivre au Maroc jusqu’à présent c’est uniquement parce que beaucoup le prennent pour un chat tout ce qu’il y a de plus normal et pourtant…

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Le chat sauvage (Felis silvestris) est une espèce de félins du genre Felis. Présent dans divers types d’habitats, son aire de répartition couvre l’Europe, l’Asie occidentale et l’Afrique. De taille moyenne à petite, son aspect est très variable selon les sous-espèces mais en général la robe est brune avec des rayures noires.

Le chat ganté, Felis silvestris libyca, que l’on pense être l’ancêtre du chat domestique, a longtemps été considéré comme une espèce, répartie de l’Afrique à l’Asie occidentale. Récemment, ce taxon a été inclus, en tant que sous-espèce, dans l’espèce Felis silvestris, dont la répartition inclue donc l’Europe. Ce petit félin se rencontre dans des milieux très variés.

Le Chat sauvage ou chat « ganté » est réparti sur des déserts et des savanes de l’Afrique et de l’Arabie. Il est plus petit que la sous-espèce européenne et a une fourrure plus courte. On pense que le Chat sauvage d’Afrique est l’ancêtre du chat domestique, puisqu’il est plus docile que les Chats sauvages d’Europe, et en activité la nuit.

Bien que certaines découvertes laissent à penser que la domestication des chats a eu lieu dès 9000-9500 av. J.-C., seule la présence du chat chez les Égyptiens depuis 4000 av. J.-C. a été prouvée indiscutablement. Cependant, une découverte, en 2004, à Shillourokambos (à Chypre) donne la preuve d’un apprivoisement (sinon d’une domestication) du Chat sauvage 7500 ans av. J.-C.

Ravissant petit félin sauvage des savanes et des déserts africains, le chat ganté a une apparence très proche de celle des chats que l’on peut observer sur les peintures égyptiennes de l’Antiquité.

Animal de préférence nocturne, il chasse au crépuscule ou durant la nuit. La journée, il se protège de la chaleur dans des terriers ou dans des arbres.

Voila ce qu’en dit dans sa thèse, Fabrice Cuzin spécialiste des mammifères du Maroc:

« Au Maroc, l’espèce est sensible aux empoisonnements: avant protection de l’espèce, de 1959 à 1970, les campagnes de destruction de « nuisibles » menées par le personnel des Eaux et Forêts ont éliminé plus de 1450 chats gantés (soit une centaine par an), ce chiffre devant probablement être minoré, vu les probables confusions avec le chat haret (Aulagnier 1990). Enfin, deux observations d’animaux écrasés sur la route montrent une certaine sensibilité au trafic routier.  L’espèce est protégée par la loi, mais cette protection est peu appliquée. . La dégradation des milieux peut contribuer à la régression de l’espèce, par destruction du couvert végétal, et diminution de la biomasse des proies. Les phénomènes de compétition du chat sauvage en général avec les autres espèces de Carnivores sont très peu documentés (Heptner & Sludskii 1972). L’hybridation avec le chat domestique est un problème crucial en Europe (Hubbard et al 1992, Stahl & Artois 1995). Au Maroc, ce problème peut être exacerbé par la proximité génétique des chats ganté et domestique, le chat domestique étant issu du chat ganté (Stahl & Léger 1992). Dans un contexte d’accroissement de la population humaine, et donc de la population de chat domestique, les zones de contact entre chat ganté et chat domestique se multiplient, d’autant plus que le chat domestique, nourri au moins partiellement par l’homme, subit moins les vicissitudes liées aux fluctuations des proies dans des climats méditerranéens aux pluviométries aléatoires. Au cours des dernières décennies, l’habitat de l’importante population côtière saharienne a été envahi par des pêcheurs, qui ont fréquemment amené des chats domestiques, accroissant sérieusement le risque d’hybridation, et limitant l’habitat laissé disponible pour le chat ganté (Cuzin 1996). Enfin, le contact avec le chat domestique permet la diffusion de maladies virulentes (Stahl & Artois 1995). Aucune donnée fiable concernant au sujet de la densité de l’espèce n’est disponible. Bien qu’apparemment non menacée au niveau national (LR « Lower risk »), l’espèce est considérée comme risquant d’être menacée à cours terme (nt « near threatenend »), à cause de la dégradation des milieux et des risques liés à l’expansion du chat domestique (Cuzin 1996). Le statut est confirmé par les données les plus récentes. Selon les nouveaux critères (IUCN Species Survival Commission 2001), la catégorie « Near threatened » devient un statut en soi, en utilisant les mêmes critères que ceux du statut « Vulnerable », qui risque d’être attribué à l’espèce, si les facteurs de régression se maintiennent; les critères utilisés pour l’attribution du statut de « Vulnerable » seraient: A3 (diminution suspectée de la population en 3 générations, soit 12 ans d’au moins 30%) (e) (effet de l’hybridation avec le chat domestique). Afin d’assurer la conservation de l’espèce, il serait indispensable que la loi concernant sa protection soit effectivement appliquée, en particulier en matière de destructions dans les réserves de chasse et de capture de jeunes. »