Gypaète barbu

Le Gypaète barbu ( Gypaetus barbatus ) est extrêmement rare et considéré comme en danger critique au Maroc. La taille de sa population marocaine est très petite (quelques couples). Les menaces d’empoisonnement et de perturbation qu’elle subit, menacent sérieusement la survie de l’espèce au royaume.

 

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C’est la seule espèce du genre Gypaetus. Il appartient à l’ordre des Accipitriformes et à la famille des Accipitridés.

Son envergure varie de 245 à 285 cm. Son poids de 5 à 7 kg. Sa longueur varie de 105 à 130 cm.

Ce vautour se nourrit principalement d’os, qu’il laisse tomber sur les rochers, afin qu’ils se brisent. Il se nourrit aussi de pattes, de tendons et de ligaments d’ongulés sauvages ou domestiques qu’il ingère grâce à un gosier élastique. Doté de puissants sucs digestifs, il est capable d’utiliser les protéines, graisses et sels minéraux contenus dans cette nourriture très spéciale.

Plutôt que d’affronter les autres charognards, notamment les vautours fauves ou les grands corbeaux, il peut patienter très longtemps avant de s’approcher des carcasses. Il est le seul à pouvoir se nourrir de ce qui reste après leur passage.

Le gypaète est surnommé :

  • le « casseur d’os », car il a l’habitude de laisser tomber les os les plus gros (de préférence les os « longs », riches en moelle) d’une hauteur de 50 à 100 mètres sur les flancs de falaise ou sur les pierriers (champ de pierres), il en mange alors les débris et les ligaments ;
  • ou le « nettoyeur des alpages », car il joue un rôle sanitaire essentiel en se nourrissant de cadavres d’animaux de la faune sauvage (chamois, bouquetins) et d’animaux d’élevage (moutons, chèvres).

Écologie:

En général, il niche dans les zones de montagnes situées aux limites supérieures de la forêt, de préférence dans une grotte ou vire surplombée sur falaise escarpée, à proximité ou non de pierriers.

Le gypaète barbu adulte arbore un plumage ventral rouille orangé. Cette coloration provient d’une teinture due à des bains répétés d’eau et de boue ferrugineuse.

 

Gypaète
Ph: Noel Reynolds

 

Jusqu’à l’âge de 4 à 5 ans, le gypaète effectue une sorte de long voyage initiatique au cours duquel il va affronter de nombreux dangers dus à des phénomènes naturels, mais dont une autre partie est de la responsabilité des hommes (câbles électriques, remontées mécaniques, tirs de fusils, empoisonnements).

Au terme de son voyage (6-7 ans, âge de sa maturité sexuelle), il va commencer à se sédentariser, à former un couple et à construire une aire inaccessible pouvant mesurer plus de deux mètres de diamètre. Les parades nuptiales, incluant de spectaculaires piqués à deux, débutent entre octobre et février. La femelle pond 1 à 2 œufs entre décembre et mars, après une incubation de 53 à 58 jours, mais un seul oisillon est conservé, les parents ne pouvant en nourrir deux. L’envol du jeune s’effectue entre juillet à août.

En captivité, un gypaète a vécu jusqu’à l’âge de 44 ans. Dans son milieu naturel la longévité est estimée à 30 ans.

 

Gypète
Ph A.Savin

Au Maroc

« 455 données concernant Gypaète barbu au Maroc ont été compilées dans une base de données. Ces données proviennent à la fois de la bibliographie et les observations, en partie produite par un réseau d’observateurs, collectées entre 1905 et 2009. Ils montrent une importante régression de cette espèce, qui disparaît progressivement de la majorité des montagnes marocaines (Rif, Moyen Atlas, du plateau central, l’Atlas saharien, l’Anti-Atlas et une grande partie du Haut Atlas). »