L’olivier

Principale espèce fruitière cultivée au Maroc, L’Olivier occupe une surface de 560.000 ha dont 220.000 ha en zone irriguée (Haouz, Tadla, Souss-Massa, Moulouya, Nador, Boulemane, Oujda, El Kelaâ, Marrakech, Chichaoua, Bénimellal Ouarzazate, Tafilalet. Figuig, Essaouira), 200.000 ha en zone de montagne (Chefchaouen, Taounate, Taza, Tanger, Tétouan, Azilal, Khénifra, Al Hoceima), 100.000 ha en zone bour favorable (Sefrou, El Hajeb, Fès, Meknès, Sidi Kacem, Gharb, Loukkos, Benslimane) et 40.000 ha dispersés entre Safi, Settat, Khémisset et Khouribga.

 

L’Olivier contribue à l’emploi en milieu rural avec 11 millions de journées de travail annuellement. La production d’olive se situe autour de 560.000 T et permet de générer 50.000 T d’huiles d’olives et 90.000 T d’olives de table industrielles.

Plantations d'oliviers au Maroc

Très rameux, au tronc noueux, au bois dur et dense, à l’écorce brune crevassée, il peut atteindre quinze à vingt mètres de hauteur, et vivre plusieurs siècles. Cependant, sous l’action d’animaux de pâture, ou dans des zones extrêmement ventées, ou exposées aux embruns, il conserve une forme buissonnante, de défense, et maintient la forme d’une boule compacte et impénétrable, lui donnant l’aspect d’un buisson épineux. Dans la plupart des modes de culture, les oliviers sont maintenus à une hauteur de trois à sept mètres afin de faciliter leur entretien et la récolte des fruits.

Les feuilles sont opposées, ovales allongées, portées par un court pétiole, coriaces, entières, enroulées sur les bords, d’un vert foncé luisant sur la face supérieure, et d’un vert clair argenté avec une nervure médiane saillante sur la face inférieure. Le feuillage est persistant, donc toujours vert, mais cela ne veut pas dire que ses feuilles sont immortelles. Elles vivent en moyenne trois ans puis jaunissent et tombent, principalement en été.

En cas de sécheresse, les feuilles sont capables de perdre jusqu’à 60 % de leur eau, de réduire fortement la photosynthèse et de fermer les stomates permettant les échanges gazeux pour réduire les pertes en eau par évapotranspiration, permettant ainsi la survie de l’arbre au détriment de la production fructi-florale.
C’est grâce à sa feuille que l’olivier peut survivre en milieu aride. Quand il pleut, les cellules foliaires s’allongent pour emmagasiner l’eau. Et, en cas de sécheresse, les feuilles se rétractent et bloquent l’activité de photosynthèse au détriment des fruits.

Les fleurs sont blanches avec un calice, deux étamines, une corolle à quatre pétales ovales, et un ovaire de forme arrondie qui porte un style assez épais et terminé par un stigmate. Cet ovaire contient deux ovules. Les fleurs sont regroupées en petites grappes de dix à vingt, poussant à l’aisselle des feuilles au début du printemps sur les rameaux âgés de deux ans.

La plupart des oliviers sont auto-fertiles, c’est-à-dire que leur propre pollen peut féconder leurs propres ovaires. La fécondation se fait principalement par l’action du vent et la période de fertilité ne dure qu’une petite semaine par année. S’il ne pleut pas trop durant cette période, 5 à 10 % des fleurs produiront des fruits pour une bonne production.

Le fruit, l’olive est une drupe, dont la peau (épicarpe) est recouverte d’une matière cireuse imperméable à l’eau (la pruine), avec une pulpe (mésocarpe) charnue riche en matière grasse stockée durant la lipogénèse, de la fin août jusqu’à la véraison. D’abord vert, il devient noir à maturité complète. Le noyau très dur, osseux, est formé d’une enveloppe (endocarpe) qui se sclérifie l’été à partir de la fin juillet, et contient une amande avec deux ovaires, dont l’un est généralement stérile et non-fonctionnel: cette graine (rarement deux) produit un embryon, qui donnera un nouvel olivier si les conditions sont favorables.

Avec son tronc sculpté par l’âge et sa toison de feuilles persistantes et argentées, la longévité de cet arbre légendaire peut dépasser celle du chêne. Cette caractéristique remarquable, souvent associée à une croissance clonale, explique probablement le maintien de populations sauvages dans des zones très arides comme le Hoggar ou aucune régénération par voie sexuée n’a été observée. Chargé de légendes, l’olivier millénaire est un arbre symbole et les peuples du pourtour méditerranéen qui se nourrissent de ses fruits possèdent en commun les gestes ancestraux de sa culture. En Provence, on dit qu’ « à 100 ans, un olivier est un jeune homme ».

Une olive de table doit être suffisamment grosse (entre 3 et 5 g), la plus charnue possible avec un noyau se détachant facilement et un épiderme fin mais élastique et résistant, contenant une forte teneur en sucre (minimum 4 %), mais une teneur en huile la plus basse possible pour une meilleure conservation.

L’Oléiculture marocaine est constituée à 96% de la variété population « Picholine marocaine », variété à double fin, huile et conserve, d’une richesse normale en huile, mais sensible à la maladie de l’Œil de paon. Le reste du patrimoine est constitué de Meslala, olive de conserve, de Picholine du Languedoc, Dehbia, concentrées essentiellement en irrigué (Haouz, Tadla, El Kelaâ), Ascolana dura, Manzanille, Frantoïo, Picual Gordale Sévillane etc … Deux clones de Picholine marocaine sont en cours de diffusion.

L’olivier est employé en tant que plante médicinale, en particulier pour ses feuilles qui ont un effet diurétique, hypotenseur et vasodilatateur et entrent dans la composition de spécialités pharmaceutiques. Pour les pharmacologues c’est l’oleuropéine qui est hypotensive et dans une moindre mesure des composés triterpéniques dérivés de l’acide oléanique. L’oleuropéine est un séco-iridoïde, composé assez amer et qui se décompose assez vite; en conséquence il semble préférable d’utiliser des extraits standardisés de la feuille d’olivier (macération glycérinée, extrait stabilisé) plutôt que la décoction ou l’infusion aqueuse. La feuille d’olivier est également antidiabétique et des études cliniques confirment son indication pour prévenir l’athérosclérose.

Jadis bois de chauffage et de construction, l’olivier n’est plus guère utilisé aujourd’hui que dans le cadre d’activités artisanales. Son bois, jaune clair, veiné, présentant des fibres irrégulières, dur (dureté Brinell de 4,8), donne un beau poli, recherché pour le tournage, l’ébénisterie et la sculpture.

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