La tortue grecque

Testudo graeca est une espèce de tortues de la famille des Testudinidae. En français elle est appelée Tortue mauresque ou Tortue grecque. les sous espèces typiques du Maroc sont: Testudo graeca soussensis, Testudo graeca marokkensis, Testudo graeca graeca.

 

Les tortues sont des animaux ectothermes, c’est-à-dire que leur température corporelle est intimement dépendante de la température ambiante, leur physiologie ne disposant pas de système régulateur thermique interne. Ce sont par ailleurs des animaux poïkilothermes, c’est-à-dire dont les performances de l’activité métabolique sont dépendantes de la température suivant une fonction appliquant la Loi de Poisson. Les fonctions métaboliques optimales sont acquises au sommet de la courbe graphique de la Loi de Poisson (températures en abscisses, performances métaboliques en ordonnées) affectant la traditionnelle forme « en chapeau de gendarme ».

La température optimale pour le métabolisme poïkilotherme est appelée « Température Moyenne Préférentielle » (TMP). Mais cette Température Moyenne Préférentielle ne doit en aucun cas être maintenue de façon constante, car les différentes étapes nycthémérales du métabolisme poïkilotherme exigent des variations fluctuantes centrées sur cette TMP mais d’amplitude importante suivant les heures du jour et de la nuit. Par ailleurs si la température augmente trop fortement, les fonctions vitales de l’organisme poïkilotherme vont s’accélérer dangereusement… pouvant aller jusqu’à la mort de l’animal. Pour éviter cette situation, l’animal s’enterre dans un sol frais pour une période d’estivation.A contrario, si la température baisse de façon trop importante, les fonctions vitales de l’organisme poïkilotherme vont être mises progressivement au repos pour économiser toute dépense énergétique. Repos qui peut aller jusqu’à l’hibernation… si l’espèce est adaptée à l’état physiologique d’hibernation par son passé évolutif (ce qui n’est pas le cas des Testudo graeca du Maghreb, contrairement aux Testudo graeca du plateau iranien, de Turquie, de Géorgie, de l’est de la Grèce et de la Roumanie).Il est préférable que toute variation de température du milieu ambiant soit douce et régulière. Une variation brutale provoque un choc thermique, avec risque important de mort soudaine par tachycardie en cas d’élévation brutale de la température ou par bradycardie en cas de chute brutale de la température. D’une façon générale, les tortues ont donc des comportements différents en fonction des températures :

À moins de 12 °C, les tortues des taxons du Maghreb, de Libye, d’Égypte et de la vallée du Jourdain entrent en dormance hivernale, mais dans un état physiologique qui est différent de l’hibernation, contrairement aux taxons roumains, turcs, géorgiens, irakiens et iraniens, qui, eux, entrent dans un réel état physiologique d’hibernation comprenant une modification de la formulation sanguine, une absence de respiration pulmonaire (remplacée par une faible captation dermique et osseuse de l’oxygène), et une modification totale des ressources énergétiques (notamment glycogène et oxygène) cellulaires pour la synthèse de l’ATP. Cette très grave confusion entre l’hibernation réelle (de Testudo hermanni par exemple) et la dormance de type « Brumation » des tortues nord-africaines est à l’origine de la majorité de la mortalité des tortues de taxons maghrébins (90% de la mortalité de ces tortues) ! Même nées en captivité puisque l’adaptation évolutive ne concerne jamais un animal mais la transmission progressive de caractères héréditaires dans une longue lignée au sein de l’espèce.
Entre 12 et 17 °C, la tortue est en demi-sommeil plus ou moins léger.
Entre 17 et 25 °C, la tortue s’active.
Entre 25 et 32 °C, la tortue est très vive et son métabolisme est en pleine activité.
Entre 32 et 38 °C, la température monte dangereusement et la tortue estive.
Au-delà de 38 °C, la tortue est en grand danger.

 

Les tortues terrestres du genre Testudo sont principalement végétariennes (phytophages). Dans la nature, elles ont un régime souvent très diversifié et principalement herbivore, mais aussi folivore et frugivore (le poids des fruits ne doit pas dépasser 10% du poids total de la ration hebdomadaire). Elles se nourrissent de tiges, de feuilles, de fleurs, de bourgeons, de fruits et de fragments d’écorces. En période d’activité, elles se nourrissent tous les jours et ingèrent plusieurs petits repas au cours de la journée, essentiellement dans un comportement crépusculaire et surtout le matin. Dans les endroits agricoles, elles se nourrissent de quelques fruits et plantes cultivées. Elles complètent leur régime par quelques rares invertébrés (vers, escargots) et des fèces.

En Afrique du Nord, les Testudo graeca ont été sévèrement épuisées de la majorité de leurs habitats, surtout au Maroc, en Tunisie et dans le Nord-Ouest de l’Algérie où certaines populations de Testudo graeca graeca ont quasi-totalement disparu car elles restent soumises à un fort taux de ramassage pour ventes illégales dans les souks des villes, et ce sous l’œil totalement indifférent des autorités et des agents circulant dans les souks. Il est difficile de fournir des données précises sur la démographie des populations restantes, la raréfaction devenant dramatique dans de nombreuses vallées.

Contrairement à une idée répandue, la tortue ne trouve quasiment rien à manger dans du gazon. Le gazon est d’ailleurs un sol interdit aux tortues (toutes les tortues), en raison de la forte rétention en eau de cette herbe et de sa différence de température importante avec la terre, l’absorption thermique du gazon étant très importante, provoquant de nombreuses pathologies respiratoires et pathologies dermiques du plastron notamment chez toutes les espèces et sous-espèces du groupe graeca. Testudo graeca et toutes ses déclinaisons, qu’elle soit d’Afrique du Nord, du Proche-Orient ou des bords de la mer Noire, est d’ailleurs une tortue qui dans la nature vit exclusivement sur un sol entièrement nu parcouru de simples broussailles. Ce sol est même proche de la nudité totale dans la quasi-totalité du Maroc et dans les steppes centrales de la Tunisie.

De toutes les tortues terrestres, peu ont été aussi fortement pillées dans la nature que celles d’Afrique du Nord. Il est difficile d’estimer des chiffres précis mais la CITES indique que c’est par dizaines de millions que ces animaux ont été prélevés (et le sont toujours de manière illégale aujourd’hui) de leur milieu sauvage sur plus d’un siècle. On estime que pour le seul Royaume-Uni, les importations d’animaux de ces trois taxons sur cette période seraient au-dessus de 10 millions.

Quand le Maroc a ratifié en 1978 la Convention de Washington, le commerce de tortues s’est tourné de plus en plus vers la Turquie (Testudo graeca ibera) et la Yougoslavie (Testudo hermanni boettgeri) pour répondre à ses exigences. Par la suite, ce commerce légal s’est aussi terminé en 1984 lorsque la Communauté européenne a interdit entièrement l’importation ou n’importe quelle autre forme d’échanges des tortues méditerranéennes. Mais ce commerce se poursuit toujours, 25 ans plus tard, par le trafic illégal.

 

Un commentaire

  1. merci du fond du coeur pour ce documentaire.
    magnifique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    continer SVP

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