Le dragonnier « Ajgal »

C’est une espèce emblématique des îles Canaries où elle a presque presque disparu des milieux naturels. Elle est également présente à Madère et aux îles du Cap-Vert. Elle existe également au Maroc à travers un sous-espèce spécifique et unique.

On avait longtemps pensé qu’elle était endémique de la Macaronésie, jusqu’à la découverte en 1996 d’une population sauvage dans la partie occidentale de l’ Anti-Atlas marocain, près de Tiznit, considérée aujourd’hui comme la sous-espèce Dracaena draco ajgal.

L’espèce a une longévité exceptionnelle. Il existait dans le jardin de la maison Franchi à La Orotava dans l’île de Ténérife un dragonnier âgé de 5000 ans qui fut détruit par un ouragan en 1868. L’âge de cet arbre est de nos jours estimé à 600 ans seulement.

En 1996, une petite population sauvage a été redécouverte dans le Haut-Atlas marocain, près d’Agadir (Dracaena draco ‘Ajgal’) ; les sujets poussent à flanc de montagne, dans les rochers, jusqu’à 1400 mètres d’altitude (Ajgal signifie « qui vit en altitude », « l’inaccessible » en Berbère).
Il est semblable à la variété des Canaries (Dracaena draco), dont il est une sous-espèce, avec de légères différences de forme et de couleur.

Pour la petite histoire le tronc du dragonnier, quand il est entaillé, saigne une sève rouge foncé, semblable d’après les anciens au sang d’un dragon. Cette sève était utilisée en alchimie et pour les embaumements.

Au Maroc

Aujourd’hui, cet arbre dont la hauteur peut dépasser les 10 m, semble exercer un certain attrait tant au niveau des visiteurs de la région que sur les populations locales. Ces derniers utilisent les troncs de l’arbre comme ruchers, d’où l’appellation donnée d’Ajgal (rucher en tachelhite) au dragonnier. De ses troncs, on extrait également une gomme-résine appelée sang-de-dragon en raison de sa couleur écarlate. Elle est utilisée localement dans la fabrication de certains vernis et de matières teintantes. Les peintures rupestres d’animaux retrouvées sur les parois rocheuses des montagnes de la contrée furent élaborées à partir de ces colorants, est-il indiqué. C’est en raison de ces attraits et des actions anthropiques destructrices dont fait l’objet aujourd’hui cet arbre remarquable, que des mesures de conservation ont été mises en œuvre.

Maroc Écologie

GRATUIT
VOIR