L’élanion blanc

 

L’élanion blanc est un petit rapace (33 cm) dont la morphologie le rapproche des milans. D’ailleurs son nom anglais de black-shouldered kite signifie littéralement milan à épaules noires. L’élanion blanc a un plumage gris clair sur la face dorsale, avec les épaules noires, et blanc sur la face ventrale, à l’exception de l’extrémité des ailes qui sont noires. La queue blanche est fourchue.

Elanion blanc

Arrivé sur son territoire de chasse, l’élanion se perche et passe jusqu’à deux heures avant de se mettre en chasse. Il chasse pendant 4 heures par jour et parfois jusqu’à 9 heures. Les durées de chasse varient suivant les individus et les jours et, en moyenne, il chasse pendant plus de la moitié de la longueur du jour. Parfois, il prolonge cette activité après le crépuscule, aidé en cela par la présence de grands yeux.

L’élanion blanc utilise deux techniques de chasse. Soit il se perche sur des poteaux, des arbres, des piquets et de ce fait, il est particulièrement visible le long des routes, soit il volette au-dessus des espaces dégagés. Quand il est perché, soit 70 % de son temps de chasse, l’élanion blanc scrute les environs. Quand il aperçoit une proie, le plus souvent un rongeur de 40 à 90 g, il se laisse glisser et redresse les ailes au-dessus du dos avant de le saisir avec ses serres projetées en avant.

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La reproduction de l’élanion blanc est fortement influencée par l’abondance des rongeurs. Durant cette période, le couple est territorial et défend vocalement et agressivement son territoire contre d’autres individus de son espèce. L’élanion blanc reconstruit un nid chaque année. Il est formé de petits rameaux et n’excède pas 30 cm de diamètre pour 10 cm de profondeur.

La femelle pond en moyenne 3 ou 4 œufs, parfois 5 à n’importe quelle période de l’année, mais avec une préférence pour la transition entre saison pluvieuse et saison sèche. L’incubation, d’une durée d’un mois, commence avec le premier œuf et la femelle assure l’essentiel de la couvaison, le mâle la remplace au moment où il nourrit sa femelle soit jusqu’à 6 fois par jour. Si le mâle ne lui apporte pas assez à manger, la femelle chasse pour son compte ce qui entraîne souvent un échec de la reproduction.

Durant le développement des jeunes, c’est la femelle qui les nourrit avec des proies capturées par le mâle. Cependant, la femelle chasse pour son propre compte et vers la fin du développement, elle nourrit ses jeunes avec les proies qu’elle a tuées. Les jeunes d’une même portée ne sont pas agressifs les uns envers les autres. Ils volent à 35 jours et restent autour du nid encore une semaine, puis se dispersent dans le secteur mais sont encore dépendants de leurs parents pour encore 2 mois. Ils possèdent leur plumage définitif à l’âge de 3 à 6 mois et seraient matures à un an.

Le succès reproducteur est très variable, il est dû à l’abondance des rongeurs mais aussi à l’impact de la prédation par l’aigle ravisseur. On estime que 50 % des tentatives de reproduction ne conduisent pas à une ponte, que 60 % des œufs n’éclosent pas et que 30 % des jeunes meurent au cours de leur développement ce qui conduit pour une ponte moyenne de 3 œufs à 0,4 jeune par couple. La reproduction sporadique et la mortalité avant l’âge adulte réduisent considérablement la production des jeunes.

Menaces potentielles

L’agriculture intensive, avec les modifications paysagères qu’elle entraîne (coupe de boqueteaux, arasement de haies, etc.) pourrait se révéler, à terme, néfaste pour l’espèce. Le dérangement occasionné lors de l’observation ou la prise de photographie de ce rapace très recherché représente également une menace réelle. Dans le cas de reproduction automnale, fréquente chez cette espèce, la chasse put constituer une source de dérangement supplémentaire.