Les 3 grèbes du royaume

Les grèbes appartiennent à un ordre d’oiseaux plongeurs propulsés au moyen de leurs pieds (Podicipédiformes) qui comprend une seule famille, les Podicipédidés, regroupant une vingtaine d’espèces. Ils sont connus pour les étonnantes parades nuptiales que certaines espèces entreprennent ainsi que pour leur plumage soyeux, qui a été exploité dans l’industrie chapelière.

 

Le plumage des grèbes, très doux et très épais, fut aussi utilisé autrefois pour réaliser des manchons ou border des pelisses. Ce plumage leur assure une bonne isolation vis-à-vis de l’eau. Les oiseaux de cette famille présentent deux plumages par an, un plumage nuptial aux couleurs généralement vives, surtout au niveau de la tête, et un plumage inter nuptial plus discret et plus terne.

Excellents nageurs et plongeurs, les grèbes sont parfaitement adaptés à la vie aquatique. La position de leurs pattes (munies de doigts lobés) très en arrière du corps – à l’origine du nom de la famille – rend, en revanche, la marche difficile. Ce ne sont pas non plus des spécialistes du vol, car leurs ailes sont relativement petites et leur musculature pectorale est assez peu développée.

Les grèbes adultes ont un poids allant de 150 grammes à plus de 1,4 kilogramme, leur taille variant de 21 à 73 centimètres, selon les espèces. Celles-ci se distinguent aussi par la forme du bec et l’ornementation de la tête. Elles sont présentes sur tous les continents ainsi que sur beaucoup d’îles. Cependant, elles sont plus répandues sur les plans d’eau des régions tempérées. Les espèces ont des comportements variés, certaines sont grégaires, d’autres solitaires. Les grèbes se nourrissent essentiellement de poissons, de larves d’insectes, de crustacés et de mollusques.

Sept espèces vivent en Amérique du Nord et du Sud, cinq en Eurasie, trois en Australie et trois en Afrique. Les trois espèces de grèbes qu’on trouve en Afrique sont toutes présentes au Maroc :

 

Le Grèbe castagneux

(Tachybaptus ruficollis) est le plus petit des membres de la famille des grèbes. Oiseaux discrets, ils s’installent sur n’importe quel lac, étang, mare ou marais possédant une végétation assez dense sur ses rives.

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Grèbe Castagneux (Photo: Saad Rih)

Le Grèbe castagneux a une apparence replète due à son derrière arrondi, caractéristique renforcée par l’habitude qu’a ce grèbe d’ébouriffer les plumes de son croupion. Son aspect en « boule de duvet » donne souvent l’impression qu’il flotte comme un bouchon. De fait, à part lors de la nidification, cet oiseau est rarement vu à terre.

Plus adapté à la nage qu’au vol ou plutôt qu’au décollage puisqu’il doit courir sur l’eau 15 à 30 m en battant des ailes pour prendre son essor, cet oiseau est assez rarement observé en vol bien qu’il puisse voler très vite et parcourir de grandes distances lors de ses migrations. À la moindre alerte, il plonge pour reparaître un peu plus loin ou se cache avec talent dans la végétation haute des rives. Il vole souvent très bas, parfois au contact de l’eau. Il tient alors son cou tendu et ses pattes un peu basses.

 

Le Grèbe huppé

(Podiceps cristatus) est le plus grand de tous les grèbes. Sa parade nuptiale est connue pour sa complexité.

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Grèbe huppé (Photo: DR)

C’est un excellent plongeur, capable de plonger jusqu’à 3 minutes et 20 mètres de profondeur, mais sa profondeur habituelle de plongée est le plus souvent de 4 à 6 m.
Le grèbe huppé se nourrit principalement de petits poissons (de 5 à 20 cm généralement), il en consomme de 150 à 200 g en moyenne par jour, surtout des cyprinidés (gardons, goujons, ablettes, etc.) mais sa principale proie est la perche. Il mange également des insectes, larves, des crustacés (dont des crevettes en milieu marin), des mollusques et même des grenouilles. Les petits sont tour à tour nourris avec des poissons et des plumes ; les plumes permettent de créer une boule protectrice au fond de l’estomac où les arêtes des poissons sont stoppées pour permettre une digestion plus lente.

Les couples commencent à se former au cœur de l’hiver. La nidification peut commencer dès le mois de janvier si les conditions météorologiques ne sont pas trop rudes, mais elle a généralement lieu entre avril et juillet. Cette espèce est célèbre pour sa parade nuptiale élaborée.

 

Le Grèbe à cou noir

(Podiceps nigricollis) est le plus sociable de tous les grèbes, mais aussi celui dont la population mondiale est la plus nombreuse.  il niche généralement en colonies pouvant atteindre une centaine de couples.

Grèbe à cou noir
Grèbe à cou noir (Photo: Saad Rih)

Le Grèbe à cou noir se nourrit en été d’insectes happés en surface, mais aussi d’insectes aquatiques (adultes et larves), de têtards, de petits poissons, de mollusques et de petits crustacés capturés en plongeant et nageant sous l’eau. En hiver, son régime est plus strictement piscivore. Il avale ses proies sous l’eau, contrairement au Grèbe castagneux qui consomme ses proies en surface.

Les couples, qui se sont formés sur les sites d’hivernage, arrivent sur les sites de nidification vers mars ou avril. Ils entament alors une parade nuptiale : ils se dressent poitrine contre poitrine, nagent l’un autour de l’autre le corps en extension, secouent la tête, et se précipitent sur les autres couples pour les intimider.

Le Grèbe à cou noir est un migrateur partiel, car les populations du sud de l’Europe, de l’Asie et des USA peuvent être résidentes à l’année. La sous-espèce sud-africaine P. nigricollis gurneyi ne migre pas du tout.

 

 

Extraits de:  universalis.fr , Wikipédia, Youtube

A propos O.A

O.A
Fondateur d'Ecologie.ma, Oussama Abaouss est un journaliste spécialisé dans le patrimoine naturel du Maroc. Membre du Groupe d’Etudes et de Recherches des Écologistes Sahariens (GERES), et du GOMAC (Groupe Ornithologique du Maroc), il est également fondateur de "la tribu des écolos du Maroc".
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  • Les grèbes font partie de la famillie des canards?!

    • Non Ayoub. on a réctifié.

    • Ouf.. Je me suis dis: Mais, qui est-ce qui est ce nouveau Einstein qui est venu avec cette idée là!! 😛

    • le parralel etait voulu. etre de la famille = etre un cousin = ressembler. Sauf qu’avec la signification taxonomique de famille on risque d’induire en erreur. autant ne pas prendre de risque. 😉