Mrirt: observation d’un caracal

Un ornithologue marocain a observé un caracal à l’état sauvage, la semaine dernière, dans la région de Mrirt.

 

Encore une de ces nouvelles qu’on aime. Le Dr Imad Cherkaoui, Ornithologue Marocain a fait une rencontre des plus enchanteresses. Voici ce qu’il a confié à Ecologie.ma:

«Ce 20 Janvier, je roulais doucement en voiture, dans la route entre Azrou et Mrirt . Il était 20h 30 et il faisait déjà nuit. Arrivé à un virage j’ai vu une silhouette sur le bord de la route. J’ai cru au début à un rocher, mais en m’approchant je voyais qu’il s’agissait d’un animal. Quelle fut mon émotion quand j’ai reconnu l’espèce en question: un caracal! Sa taille était supérieure à celle d’un chat, Il s’agissait d’un caracal adulte qui avait une proie dans la gueule.  C’était la première fois que j’observais un caracal à l’état sauvage ! »

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(Photo d’illustration. Crédit DR)

Le caracal est un bon chasseur très discret est très peu observé au Maroc. Rappelons que des observations de caracal avaient été rapportées en janvier 2014.

Un félin très menacé

Voici ce que Fabrice Cuzin (spécialistes des mammifères du Maroc) écrit dans sa thèse à propos du caracal (extraits) :

« Le caracal s’approche parfois de l’homme, pour visiter en particulier les milieux de cultures irriguées. C’est un prédateur très efficace, qui, selon plusieurs informateurs, s’attaque parfois au petit bétail et aux volailles, aussi bien au Maroc (plusieurs informateurs) qu’en Afrique du Nord et au Moyen Orient, avec des cas d’attaques très destructives sur des animaux parqués (Weibstein & Mendelsohn 1990, Heptner & Sludskii 1992, Dragesco-Joffé 1993). 

L’espèce est protégée par la loi, mais cette protection est peu appliquée. Plusieurs animaux ayant été tués par des chasseurs après 1959. La dégradation des milieux peut contribuer à la régression de l’espèce, par destruction du couvert végétal, et diminution de la biomasse des proies. Etant donné la raréfaction du chacal doré, les phénomènes de compétition avec cette espèce (Weibstein & Mendelsohn 1990) auraient pu avoir un effet favorable sur le caracal, si les effectifs de ce dernier ne s’étaient effondrés.

La densité de l’espèce est manifestement extrêmement faible, et il est très probable que l‘espèce ait totalement disparu de nombreuses régions.

En 1996, l’espèce était considérée au niveau national comme en danger « Endangered », à  »Data deficient », vu la rareté des données (Cuzin 1996).

Afin d’assurer la conservation de l’espèce, il serait indispensable que la loi concernant sa protection soit effectivement appliquée, en particulier en matière de destructions dans les réserves de chasse. »

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Caracal éventré photographié par un lecteur d’Ecologie.ma vers Ain Leuh en 2014. (Photo: Salim Meghni)

 

38 commentaires

  1. Sur la photo c’est plutot un lynx

  2. Attention aux faux comptes des braconniers, il ne faut pas préciser le lieu exacte de la rencontre!!!

  3. Bonjour,

    Je découvre ce site passionnant et encourageant sur l’état écologique du Maroc ! Encourageant par son existence et pas par l’état des choses… Malheureusement…

    Il s’agit là de la seconde signalisation de cet animal fabuleux depuis les signalements de 2014.
    Une question me perturbe : Que fait l’état ! Que font les service de notre pays pour prendre au sérieux ces signalement et faire en sorte qu’un vrai programme disposant de vrais moyens prenne en charge une étude sérieuse de nos félins. Étude qui aboutirait à un RÉEL programme de recherche et de sauvegarde ?…

    Bien à vous,
    Abou Kamal

  4. L’humain déserte de plus en plus les campagnes pour rejoindre les villes. C’est un fait très bénéfique pour notre biodiversité. La faune se regénere petit à petit, et c’est bon signe

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