Bilan de la 5ème réunion de l’ACCOBAMS à Tanger

La 5ème réunion des Parties à l’Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la Zone Atlantique Adjacente (ACCOBAMS) s’est ouverte, mardi à Tanger, en présence de SAS le Prince Albert II de Monaco.

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 Cette rencontre, ouverte avec la participation du ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, et de plusieurs personnalités, réunit plus de 100 experts des pays membres et observateurs de ACCOBAMS et des représentants d’organisations et institutions internationales partenaires de cette initiative.

Le Secrétariat Permanent de l’Accord, qui a pour objectif de réduire les menaces qui pèsent sur les cétacés notamment en améliorant l’état des connaissances sur ces animaux, est accueilli en Principauté de Monaco.

Intervenant lors de la séance d’ouverture, SAS le Prince Albert II de Monaco a salué la tenue de cette 5ème réunion des parties à cet accord dans la ville mythique de Tanger, soulignant que le Maroc partage avec la Turquie et l’Espagne cette particularité géographique de couvrir deux des trois mers de la zone d’action de l’ACCOBAMS.

Il s’est aussi félicité de la contribution active du Maroc, qui a ratifié l’accord depuis 14 ans, aux différentes instances de l’ACCOBAMS, en hébergeant notamment diverses activités telles que des ateliers de formation pratique sur l’étude des échouages et des nécropsies des cétacés, une session du comité scientifique ainsi que la 2ème conférence biennale sur la conservation des cétacés dans les pays du Sud de la Méditerranée, qui s’est tenue à El Jadida en octobre 2011.

Par ailleurs, le Maroc, à travers son département des pêches maritimes, collabore depuis deux ans aux côtés du secrétariat de l’ACCOBAMS pour la promotion d’activités de Whale Watching durables, qui permettront de créer de nouvelles sources de revenu tout en assurant la conservation des cétacés, a ajouté SAS le Prince Albert II de Monaco.

Il a également relevé que la protection des cétacés nécessite de les préserver des menaces qui pèsent sur eux et sur leur environnement, d’où l’importance du rôle de l’ACCOBAMS qui, à travers ses décisions et recommandations basées sur une science consciente de son rôle et de ses responsabilités, favorise une meilleure connaissance de la situation et permet de cibler les mesures de protection et de conservation.

L’ACCOBAMS se définit également par la diversité géographique, géopolitique et thématique de son domaine d’intervention, a-t-il souligné, notant que cet instrument juridique pour la protection des cétacés concerne trois mers, des niveaux de développement et des ensembles géopolitiques divers et une mosaïque de cultures, de civilisations et de langues.

SAS le Prince Albert II de Monaco a, à cette occasion, appelé la communauté internationale à accentuer son appui à la bonne connaissance de l’état de biodiversité des mers, particulièrement en ce qui concerne les populations de cétacés qui y vivent, relevant la nécessité de mettre en commun les compétences afin de travailler ensemble au renforcement de la coopération entre les diverses entités internationales qui oeuvrent en faveur d’une bonne gestion de l’environnement marin, de manière à favoriser l’émergence d’une économie durable.

De son côté, M. Akhannouch a indiqué que cette réunion s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités institutionnelles et scientifiques de cette organisation, qui fait désormais partie intégrante de notre patrimoine régional et reflète notre étroite coopération dans un domaine aux potentialités réelles mais d’une extrême sensibilité.

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Cette réunion exprime le désir d’oeuvrer collectivement pour la réalisation des objectifs qui sont assignés à l’ACCOBAMS dans le but de réduire les menaces qui pèsent sur les cétacés de la Méditerranée et de la Mer Noire, notamment les défis liés au réchauffement climatique et à l’acidification des océans, qui impactent négativement les ressources des milieux marins, a-t-il ajouté.

Ce constat sévère nous interpelle pour oeuvrer à l’adoption d’une vision de la coopération conjuguant les efforts mutuels afin de mettre en place des outils capables d’assurer un développement durable des ressources de la terre, a dit le ministre.

M. Akhannouch a, d’autre part, noté que le Maroc, à l’instar des autres pays méditerranéens, a toujours manifesté son soutien aux positions prises au sein des instances internationales dans ce domaine, dans le respect total du principe de la gestion durable et rationnelle des ressources, et entend continuer à œuvrer pour le renforcement de la coopération régionale sur les plans technique, juridique, institutionnel et scientifique.

L’axe durabilité se trouve au coeur de la stratégie Halieutis lancée en 2009 sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, a-t-il rappelé, mettant en exergue l’interdiction par le Maroc de l’utilisation des filets maillant dérivants, comme le prévoit la résolution de la 3ème session de l’ACCOBAMS, ainsi que la réduction de la prise accidentelle des dauphins et baleines dans les filets de pêche de sa flotte.

La 5èm réunion des Paries à l’ACCOBAMS, qui se poursuit jusqu’au 8 novembre, connait la participation des 23 pays parties à cet accord, qui débattront de questions cruciales pour la conservation des cétacés.

L’objectif est de mettre en place un programme de travail sur trois ans qui permettra de mieux connaitre la distribution des cétacés ainsi que les activités humaines les affectant, afin de protéger au mieux ces animaux.

Signé en 1996 puis entré en vigueur en 2001, l’ACCOBAMS concrétise la volonté des pays Parties à préserver toutes les espèces de cétacés et leurs habitats dans l’aire géographique de l’Accord, en définissant des mesures de conservation appropriées.

 

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