Les 20 oiseaux annonciateurs de printemps

Le Maroc par sa position géographique est un pays au carrefour des voies migratoires. Riche en biodiversité grâce aux divers types d’habitats qu’il héberge, notre pays est la patrie de centaines d’espèces différentes d’oiseaux.

 

Parmi les oiseaux du Maroc, une partie niche dans le pays, une autre partie estive ou ne fait que passer. La dynamique de la migration des oiseaux fluctue durant toute l’année, selon la saison, la météo etc.

Le printemps corresponds avec l’arrivée au Maroc de plusieurs espèces d’oiseaux, qui viennent rejoindre les effectifs d’individus autochtones restés sur place et/ou qui arrivent pour réoccuper une aire de répartition qu’ils ont complètement désertée en hiver.

Dans cet article nous vous invitons à découvrir 20 exemples d’espèces qui arrivent au Maroc au printemps. Nous avons mis l’accent dans notre choix sur les oiseaux les plus « visibles » et les plus faciles à identifier:

oiseaux du printemps
Milan noir : Rapace d’une envergure d’environ 1,50 m, de couleur marron à marron clair. Il se différencie des autres rapaces par sa queue légèrement échancrée. Il se nourrit essentiellement d’oiseaux ou de poissons morts ou affaiblis. En période de migration, il n’est pas rare d’observer des groupes de milans dépassant les 1000 individus.
(Photo: Saad Rih )

 

oiseaux du printemps
Faucon d’Éléonore : Rapace d’une envergure de 1 m, environ, à la tonalité sombre. Sa migration printanière tardive le conduit de Madagascar au Maroc et à la région méditerranéenne. Sa caractéristique est de pondre ses œufs très tard dans la saison, de façon à nourrir ses petits de passereaux européens qui entreprennent leur migration d’automne vers le Sud. Très localisé au Maroc, il se reproduit notamment sur les îlots côtiers déserts et protégés de Mogador, au large d’Essaouira ; on peut ainsi l’observer en bordure de l’oued Ksob, où il chasse souvent les insectes.
(Photo: Saad Rih)

 

oiseaux du printemps
Sterne naine : Petit oiseau côtier, d’une envergure de 45 cm environ. Elle est entièrement blanche, avec la calotte et le bout des ailes noirs. Son front est blanc et son bec est jaune à pointe noire. Très agile, elle plonge sans cesse pour capturer des petits poissons. Ses œufs sont pondus dans une petite cuvette à même le sable, où leur mimétisme les préserve des prédateurs.
(Photo: Saad Rih)

 

oiseaux du printemps
Martinet pâle : Oiseau d’environ 45 cm d’envergure, très élancé, avec des ailes en forme de lame de faux, de tonalité sombre, presque noir. Il est facile à apercevoir en ville où il chasse les insectes, parfois très haut dans le ciel. Un martinet peut apporter 10 000 insectes par jour à ses petits. En raison de la morphologie particulière de ses ailes, qui l’empêcherait de décoller, il a la caractéristique de ne jamais se poser, à part dans son nid en période de nidification.
(Photo: Benoît Maire)

 

oiseaux du printemps
Huppe fasciée : Oiseau d’une envergure de 45 cm, très facile à identifier grâce à sa huppe et à son très long bec. Son plumage est de couleur chamois orangé, les ailes et la queue sont noirs striés de blanc. Elle se nourrit d’insectes. Son nid à la réputation de sentir particulièrement mauvais. Ses petits ont la capacité de cracher un liquide malodorant sur d’éventuels prédateurs.
(Photo: Brahim Bakas)

 

oiseaux du printemps
Guêpier d’Europe : Bel oiseau de 40 cm d’envergure, de couleur rousse sur le dessus et bleu sur le dessous. Les ailes en forme de triangle sont caractéristiques. Il chasse les insectes en vol en émettant des cris roulés caractéristiques. Il creuse un terrier de près d’1 m de profondeur dans un talus, dans lequel il pond ses œufs.
(Photo: Brahim Bakas)

 

oiseaux du printemps
Rollier d’Europe : D’environ 55 cm d’envergure, le rollier est un très bel oiseau au dos roux, aux ailes et à la queue noir et bleu brillant. Son ventre est également bleu. Il chasse les insectes ou les petits reptiles en les guettant d’un arbre. Il niche dans un trou d’arbre ou de rocher, parfois très près des habitations en zone rurale. Le mâle marque son territoire par des vols très spectaculaires.
Photo: Brahim Bakas)

 

oiseaux du printemps
Hirondelle rustique : Plus petite que le Martinet pâle, elle est noir bleuté sur le dessus et blanche sur le dessous. Sa gorge et son front sont rouges, sa queue très échancrée se termine par des filets. Elle est très souvent visible en ville, chassant les insectes en vol au ras du sol. Elle revient nicher chaque année au même endroit. Son nid est construit à l’aide de petites boules de terre agglomérées.
(Photo: Oussama Abaouss)

 

oiseaux du printemps
Pie-grièche à tête rousse : Passereau de taille moyenne, de 26 cm d’envergure, plutôt sombre sur le dessus et blanc dessous. Sa calotte et sa nuque sont rousses. Elle apprécie les milieux dégagés, et se perche sur un petit arbuste d’où elle guette ses proies : insectes, reptiles, petits mammifères, petits oiseaux. Elle a la caractéristique de faire des réserves de nourriture, en empalant ses proies sur des épines.
(Photo: Ali Irizi)

 

oiseaux du printemps
Loriot d’Europe : Oiseau de 45 cm d’envergure environ, au corps jaune vif et aux ailes noires. Très facile à identifier, il est cependant difficile à observer, car il vit essentiellement dissimulé dans le feuillage épais de grands arbres, souvent à proximité de l’eau.
(Photo: Fotolia)

 

L’Agrobate roux (Cercotrichas galactotes ). Un passereau assez grand (15 à 17 cm), est un nicheur estivant assez répandu et localement commun (mais apparemment en régression) et migrateur assez commun. On peut l’observer de la mi-avril jusqu’au mois d’octobre. On peut le trouver dans: les oliveraies, arganeraies, maquis, jardins et autres milieux semi-ouverts avec un couvert végétal suffisamment important. (Photo: Dûrzan cîrano)

 

L’aigle botté (Hieraaetus pennatus) niche fréquemment au Maroc, dans le nord du pays, dans le Moyen et le Haut Atlas. Il est présent essentiellement de fin mars à début octobre. Il est rare en hiver. Bien qu’il se rencontre dans tous les types de biotopes, il apprécie les bois et forets où il niche typiquement dans un arbre à flanc de colline. Certains individus s’aventurent jusqu’en pleine ville (Marrakech, Ouarzazate, Meknès…) (Photo: Вых Пыхманн)

 

Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos megarhynchos) est un migrateur abondant dans tout le pays. C’est un visiteur d’été trés répandu communément dans toutes les régions, sauf dans les régions désertiques ou steppiques du sud, du sud-est et de l’est du pays. On peut l’observer de la fin mars jusqu’à la mi-novembre. (Photo: Orchi)

 

La tourterelle des bois (streptopelia turtur) est une visiteuse d’été (S. t. arenicola) bien répandue est commune sur une grande partie de l’étendue du territoire, au sud au moins jusqu’aux environs de Goulmine, Assa, Azgora , Merzouga et Figuig. Elle se rencontre partout où il y a des arbres et des buissons, même en montagne, mais elle semble en régression, suite à la pression de chasse abusive et au braconnage. (Ph: David King)

 

L’hirondelle rousseline (Hirundo daurica rufula) est une visiteuse d’été rare et locale, surtout dans le sud du pays. Localement commune dans le Haut Atlas et dans le Souss, c’est une migratrice européenne rare et hivernante occasionnelle. Elle hiverne normalement en Afrique sub-saharienne. On peut l’observer dans les régions rocheuses, les villages, pouvant atteindre au moins 3000 m d’altitude. (Photo: Agustín Povedano)

 

La glaréole à collier (glareola pratincola pratincola) est un estivant nicheur localement commun dans le nord-ouest du pays, de la cote méditerranéenne (Sebta-Tétouan) à Oualidia, et plus localement plus au sud du pays, plus à l’Est et à l’intérieur des terres. En migration, la glaréole à collier est vue sur toute la cote atlantique, ainsi que dans les cultures au nord du Haut Atlas, plus fréquemment au printemps qu’à l’automne. C’est également un hivernant très occasionnel. (Photo: Elgollimoh)

 

Le gobe-mouches gris (Muscicapa striata striata) est un migrateur abondant. Nicheur estivant répandu et localement commun sauf dans le sud du pays, il est visible surtout de la fin mars à la mi-novembre. Il niche dans les régions boisées ou couvertes de buissons, les jardins, en plaine comme en altitude. (Photo: Martin Mecnarowski)

 

Le coucou gris (Cuculus canorus) est un migrateur régulier (sous espèces: C. C. canorus et C. c. bangsi) relativement peu noté mais néanmoins observé dans toutes les régions du pays, plus fréquemment au printemps qu’à l’automne. Il « niche » également au Maroc en temps que visiteur d’été (C. c. bangsi) mais plutôt localement , dans le nord du pays, dans le Moyen Atlas et le Haut Atlas. L’espèce peut donc être visible au Maroc depuis la fin janvier jusqu’à la mi novembre. Il est observé dans la plupart des biotopes. (photo: Ron Knight)

 

Le traquet de seebohm (Oenanthe seebohmi) est un oiseau endémique maroco-algérien nicheur estivant commun et local dans les alpages d’altitude du Rif, du Moyen Atlas, du Haut Atlas et de l’Anti-Atlas. Il est normalement présent de mars à octobre sur les lieux de nidification. En migration, on le rencontre au Sud du Haut Atlas, dans la plaine du Souss et les régions désertiques, y compris celles de l’Anti-Atlas.

 

Le faucon hobereau (falco subbuteo subbuteo) est un nicheur estivant présent au Maroc d’avril à octobre. Il est plutôt rare et localisé, limité au nord et au centre du pays (Moyen Atlas en particulier), mais est fréquent à commun lors de la migration. Le faucon hobereau apprécie particulièrement les plans d’eau douce où abondent les insectes qu’il chasse et déguste en vol. Il niche dans les zones forestière ou au moins partiellement boisées. (Photo: Lilly M)

 

A part les exemples cités plus haut, il existe bien sûr d’autres espèces  « annonciatrices de printemps ».
Nous remercions les membres du GOMAC (Groupe d’ornithologie du Maroc) pour leurs précieuses aide et contribution et vous conseillons vivement leur livre et guide ornithologique incontournable « les oiseaux du Maroc ».

A propos O.A

O.A
Fondateur d'Ecologie.ma, Oussama Abaouss est un journaliste spécialisé dans le patrimoine naturel du Maroc. Membre du Groupe d’Etudes et de Recherches des Écologistes Sahariens (GERES), et du GOMAC (Groupe Ornithologique du Maroc), il est également fondateur de "la tribu des écolos du Maroc".