Casablanca, terre d’hippopotames

 

Des hippopotames aux Carrières Thomas ? Certainement, mais il y a fort longtemps. En fait c’est bel et bien un lac qui existait dans cette zone, il y a un million d’années.

 

Hippopotame

Les carrières ont été ouvertes au début du siècle pour construire le port de Casablanca. Elles auront permis la découverte de plusieurs sites parmi les plus anciens du Maroc. A l’intérieur, des restes humains, mais aussi des outils et une profusion d’ossements d’animaux. Homo Erectus ? Homo Sapiens ? Les scientifiques ont toujours du mal à déterminer l’identité des premiers hommes installés sur place. Leurs restes sont répartis sur plusieurs sites d’âges variables. Le plus ancien, le niveau «L» de Thomas I, datant de plus d’un million d’années, a l’avantage d’être resté relativement intact, ce qui facilite la datation.

Profitant de l’exploitation des carrières, les archéologues peuvent atteindre des couches profondes. Cet avantage est cependant à double tranchant puisqu’il peut également entraîner la destruction des sites, explique Abderrahim Mouhib, conservateur et membre de la mission. Ils souffrent également de la proximité des bidonvilles et des chantiers environnants, notamment avec le déversement des eaux d’égouts et des ordures sur les sites, quand ce ne sont pas tout simplement les personnes qui décident de squatter les carrières.

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Les Carrières Thomas ne sont pas les seuls sites de la région, puisque d’autres sites ont été repérés, dont au moins un datant de 2,5 millions d’années.

Les carrières Thomas qui sont situées à 8 Km au sud ouest de Casablanca doivent leur intérêt aux restes d’Homo erectus qui y ont été trouvés (mandibule, fragments crâniens et maxillaire) et qui sont associés à une industrie lithique acheuléenne et des restes fauniques qui sont très diversifiés.

Chronologiquement, ces spécimens datent probablement du début du Tensiftien avec un âge qui avoisine 400.000 ans. Par ailleurs en 1986, la révision stratigraphique de la carrière Thomas a permis de découvrir un outillage de l’Acheuléen ancien dont l’âge est estimé à 700.000 ans. Cette industrie est considérée comme étant le témoignage le plus sûr de la présence humaine au Maroc, présence qui pourrait dater du tout début du pléistocène moyen.

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