Désertification: la lutte tributaire des modes de développement

La lutte contre la désertification est tributaire de la mise en place de modes de développement qui tiennent compte des particularités de chaque région, a assuré le Haut-commissaire aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la Désertification, Abdeladim El Hafi.

desertification

Dans un entretien accordé à la MAP, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, célébrée le 17 juin de chaque année, El Hafi a estimé qu’il est temps de revoir le programme d’action national de lutte contre la désertification, qui a réalisé de grands progrès, en tirant les enseignements nécessaires des réussites mais aussi des échecs, notant que cette mise à jour permettra l’élaboration d’une nouvelle approche en perspective du programme décennal du Haut-commissariat, qui prendra effet à partir de 2014.

La nouvelle étape se focalisera sur deux volets : la sécheresse en tant que donnée structurelle et le facteur territorial. «Il ne suffit pas de trouver des solutions techniques et scientifiques mais il faut surtout les mettre en uvre à la lumière des particularités socio-économiques de chaque région et ses potentialités, en vue d’éviter tout déséquilibre de l’écosystème», a souligné le Haut-commissaire.

El Hafi a ajouté que la nouvelle mouture du programme national, dont les grandes lignes seront présentées à l’occasion de la Journée internationale, s’articulera autour d’indicateurs permettant de savoir à quel point les politiques publiques dans ces régions répondent au principe du développement durable, basé sur le développement économique, la préservation de l’environnement, la justice sociale et la solidarité territoriale.

Pour le Haut-commissaire, la question de la désertification au Maroc est un problème complexe, du fait que près de 93% du territoire national sont constitués de zones arides ou semi-arides, d’où l’impératif de la réalisation d’un équilibre entre le développement et la protection des ressources naturelles.

S’agissant du choix porté sur les villes de Smara et Lâayoune pour célébrer cette année la Journée internationale de lutte contre la désertification, le Haut-commissaire a précisé que la région Sud du Royaume regorge, certes, de grands atouts et connaît un progrès énorme en matière de programmes de développement, mais les systèmes écologiques y sont très vulnérables, ce qui requiert une action tous azimuts en vue de les préserver.

Par ailleurs, le Haut-commissaire a rappelé que le Maroc a été l’un des premiers pays à ratifier la convention internationale de lutte contre la désertification, ajoutant que le Royaume a mis en place un programme national de lutte contre la désertification en 2001 en vue de pallier les dysfonctionnements écologiques.

Ce programme comprend plusieurs niveaux d’intervention, dont le premier axe consiste à préserver les terres, en général. Dans ce contexte, El Hafi a fait savoir que le Haut-commissariat a élaboré un programme ambitieux visant à traiter tous les bassins hydrauliques pour protéger le sol, limiter l’érosion et l’envasement des barrages.

«Sur 1,5 million ha de bassins hydrauliques objets de traitement sur vingt ans, nous avons pu dans le cadre du plan décennal, traiter 700 mille ha et nous sommes en phase de traiter 75 mille ha annuellement», a poursuivi El Hafi.

Le deuxième volet concerne la préservation des terres exposées à l’ensablement. Il a été ainsi procédé à la mise au point d’un programme pour stabiliser les dunes de sable continentales ou côtières. Jusqu’à présent, a-t-il noté, «nous avons réussi à stabiliser 35 mille ha des terres source d’ensablement».

Le troisième concerne la diversité biologique, avec la création de 10 parcs nationaux et le sauvetage de plusieurs espèces animales menacées d’extinction, tandis que le dernier aspect porte sur l’approbation par le Parlement du cadre juridique relatif aux réserves et sa publication au Bulletin officiel en 2010.

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