Tanger: clôture de l’atelier de formation pour la lutte contre le trafic des espèces menacées

Le premier atelier de formation pour la lutte contre le trafic des espèces menacées s’est clôturé vendredi. La formation organisée par le HCEFLCD en partenariat avec le Fond international pour la protection des animaux (IFAW) a été un succès sur plusieurs plans.

 

Le Maroc a franchi plusieurs étapes dans sa lutte contre le trafic international des espèces menacées. Il dispose désormais d’une loi (29-05) dont les décrets d’application ont été publié dans le bulletin officiel depuis l’année dernière déjà. Le HCEFLCD autant que l’administration des douanes sont impliqués depuis plusieurs années dans cette lutte.

Afin d’améliorer encore plus les dispositifs de renforcer les capacités des agents intervenants et la collaboration interdépartementale, le HCEFLCD en partenariat avec l’IFAW ont organisé le premier atelier de formation pour la lutte contre le trafic des espèces menacées.

La formation a débuté lundi dernier et s’est clôturée vendredi. Tout au long de la semaine, plus de quarante participants ont pu combler leurs lacunes en la matière, tout en apportant leurs contributions à travers des témoignages et recommandations pour une lutte plus efficace contre le trafic des espèces de faune et de flore sauvage.

Tous les aspects du sujet ont été passé au crible: juridiques, pratiques et opérationnels, amélioration de la collaboration interdépartementale, protocoles et normes sans oublier la sensibilisation et la vulgarisation!

Dispensée par les formateurs d’IFAW et de la division de protection de la nature du haut commissariat, cette première formation de son genre, a rassemblé essentiellement des agents de la douane et du HCEFLCD. Et c’est donc dans un cadre convivial que les participants ont pu renforcer leurs capacités pour contribuer à l’accélération de l’implémentation de la loi 29-05 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce.

Les formateurs ont d’abord commencé par expliquer les principales dispositions de la convention de la CITES, avant de les mettre en corrélation avec la loi marocaine (29-05). Après l’entrée en la matière, les ateliers ont été axés autour des outils pratiques permettant l’identification des espèces et de leurs dérivés, les méthodes de détection des fraudes et des trafics illicites des espèces menacées ainsi que les scénarios possibles et les conduites à tenir pour la manipulation des spécimens saisis.

La formation s’est déroulée sous forme d’ateliers successifs et participatifs. Chaque participant a été appelé à apporter sa contribution aux débats et sa valeur ajoutée en tant qu’intervenant dans le domaine. Au terme de chaque atelier, des exercices pratiques et des évaluations permettait aux formateurs de s’assurer de la bonne compréhension et de l’assimilation des cours par les participants.

A la fin de la formation et après une dernière évaluation qui a permis de constater une importante progression dans la maitrise de tous les aspects des thématiques abordées, les participants ont émis leurs recommandations concernant les mesures susceptibles d’accélérer l’implémentation et l’efficacité de la loi 29-05:

  • Continuer à former et à diffuser les savoir-faire parmi des différents corps intervenants dans la mise en œuvre de la loi 29-05 (agents des douanes, du HCEFLCD, de l’ONSSA…).
  • Améliorer encore plus la collaboration entre les départements des douanes et du HCEFLCD en veillant à assurer une meilleure coordination pour l’échange d’informations.
  • Dématérialisation des procédures et utilisation des nouvelles technologies dans le contrôle et le suivi. Renforcement des moyens et conditions de travail des « agents de première ligne » (douaniers, forestier, ONSSA…). Outiller et équiper les agents intervenants avec des technologies à jour.
  • Étudier la possibilité d’amendements futurs de la loi qui soient encore plus restrictifs et accélérer la finalisation et l’operationalisation du procédurier de plan d’action et d’intervention lors d’infractions.
  • Sensibilisation de toutes les composantes de la société avec des méthodes adaptées.
  • Aménager des locaux de quarantaine tout en assurant le suivi des animaux en transit puis création de plus de centres d’accueil des animaux confisqués.
  • Identifier les activités en contradiction avec l’esprit de la loi 29-05 et la CITES et travailler sur des solutions de remplacement en matière d’activités génératrices de revenus en envisageant une phase de transition.
  • Assurer un suivi continu des « points noirs » : Internet, Souks, herboristes, places touristiques, activités «culturelles».
  • Consignation, partage et capitalisation sur les acquis d’expériences et pratiques de bonne gestion des risques liés au trafic.

Au delà du trafic d’espèces locales, et avec l’augmentation des relais entre les pays d’Afrique et d’Europe à travers le Maroc, les douaniers marocains seront sans aucun doute appelés à jouer un rôle grandissant dans la lutte contre les espèces menacées classées par la CITES. Cet atelier a pu renforcer les capacités d’un bon nombre d’entre eux, leur permettant d’apporter leur pierre à l’édifice et de mieux s’engager dans la lutte internationale contre ce genre de trafic, y compris concernant les opérations qui pourraient tenter de transiter par les ports et/ou aéroports du royaume.

À propos d’IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux) Fondé en 1969, IFAW sauve les animaux en détresse tout autour du globe. Grâce à des projets dans plus de 40 pays, IFAW vient en aide à tout animal le nécessitant, œuvre pour prévenir la cruauté envers les animaux et plaide pour la protection des animaux sauvages et de leurs habitats. Pour plus d’informations, visitez leur site web : www.ifaw.org.

A propos O.A

O.A
Fondateur d'Ecologie.ma, Oussama Abaouss est un journaliste spécialisé dans le patrimoine naturel du Maroc. Membre du Groupe d’Etudes et de Recherches des Écologistes Sahariens (GERES), et du GOMAC (Groupe Ornithologique du Maroc), il est également fondateur de "la tribu des écolos du Maroc".