L’éléphant de l’Atlas

 L’ éléphant de l’Atlas autrefois une espèce apprivoisée et domestiquée, n’existe plus de nos jours. On suppose que ce sont ces animaux qui ont permis à Hannibal et à ses Carthaginois de traverser les Alpes en 219 av. J.-C.

 

14_Piazzale_delle_Corporazioni_Ostia_Antica_2006-09-08

L’éléphant d’Afrique du Nord (Loxodonta pharaoensis ou Loxodonta cyclotis pharaoensis ou Loxodonta africana pharaoensis), est un éléphant aujourd’hui disparu qui alimentait les troupes de Carthage en éléphants de guerre durant l’antiquité romaine. Possible sous-espèce de l’éléphant de savane d’Afrique ou de l’éléphant de forêt d’Afrique ou espèce à part entière du genre Loxodonta, l’éléphant d’Afrique du Nord n’est pas reconnu par la taxinomie.

Les auteurs anciens, surtout Polybe et Appien, mentionnent la présence d’éléphants de guerre dans les armées puniques. Les éléphants sont signalés en Afrique du Nord, en particulier dans la partie orientale de la Tingitane, par Pline l’Ancien (V,18) et Hérodote (IV, 191) notamment. On les trouvait surtout au pied de l’Atlas et dans la région du cap Soloeis, dans le voisinage des colonnes d’Hercule, le détroit de Gibraltar.

Traces antiques

La Numidie en aurait hébergé selon Pline l’Ancien (V,VIII, 31) et Polybe (XII,3 , 5). Appien (livre africain, IX, 34) affirme que lorsque les Carthaginois apprirent que Scipion l’Africain s’apprêtait à passer en Afrique, ils envoyèrent Hasdrubal chasser l’éléphant en Numidie. Pline l’Ancien décrit l’éléphant d’Afrique du Nord comme un animal capable de supporter la soif et l’ardeur du soleil dans les déserts de Libye où les Garamantes leur donnaient la chasse, c’est à dire au Fezzan. Ces indications prouvent que les éléphants employés par Hannibal ne venaient pas d’Orient.

Les changements de climat, la chasse ainsi que leur utilisation dans les jeux du cirque ont sans doute provoqué la disparition progressive des éléphants d’Afrique du Nord.

A la différence de l’éléphant d’Asie qui a le dos régulièrement convexe, l’éléphant d’Afrique du Nord possédait une silhouette caractéristique avec un ensellement en arrière de la tête. Plus petit que son cousin asiatique, il ne dépassait pas les 2,50m au garrot, une taille modeste qui ne leur permettait pas de porter cette tour dont ils sont parfois affublés sur certains tableaux ou dessins.

Un éléphant utilisé comme arme de guerre

Le rôle de l’éléphant de combat ne fut pas négligeable. Il fut le deuxième animal, après le cheval, utilisé par Hannibal dans ses guerres. Il est même plus souvent mentionné par les sources historiques. Les Carthaginois en ont aligné un nombre important pour mener à bien leurs diverses entreprises; 140 pendant la Deuxième Guerre punique. Par sa force d’impact redoutable pour les lignes d’infanterie ennemies, cet animal donnait aux lignes d’infanterie d’Hannibal la solidité qui leur manquait.

Les éléphants de l’Atlas étaient protégés par des plaques métalliques et ils portaient une clochette destinée à les exciter au combat. Cette sous-espèce a été décimée durant le 1 er siècle de la conquête romaine, une population aurait survécu au soudan jusqu’au 19éme siècle. 

Maroc Écologie

GRATUIT
VOIR