L’éléphant de l’Atlas

 L’ éléphant de l’Atlas autrefois une espèce apprivoisée et domestiquée, n’existe plus de nos jours. On suppose que ce sont ces animaux qui ont permis à Hannibal et à ses Carthaginois de traverser les Alpes en 219 av. J.-C.

 

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L’éléphant d’Afrique du Nord (Loxodonta pharaoensis ou Loxodonta cyclotis pharaoensis ou Loxodonta africana pharaoensis), est un éléphant aujourd’hui disparu qui alimentait les troupes de Carthage en éléphants de guerre durant l’antiquité romaine. Possible sous-espèce de l’éléphant de savane d’Afrique ou de l’éléphant de forêt d’Afrique ou espèce à part entière du genre Loxodonta, l’éléphant d’Afrique du Nord n’est pas reconnu par la taxinomie.

Les auteurs anciens, surtout Polybe et Appien, mentionnent la présence d’éléphants de guerre dans les armées puniques. Les éléphants sont signalés en Afrique du Nord, en particulier dans la partie orientale de la Tingitane, par Pline l’Ancien (V,18) et Hérodote (IV, 191) notamment. On les trouvait surtout au pied de l’Atlas et dans la région du cap Soloeis, dans le voisinage des colonnes d’Hercule, le détroit de Gibraltar.

Traces antiques

La Numidie en aurait hébergé selon Pline l’Ancien (V,VIII, 31) et Polybe (XII,3 , 5). Appien (livre africain, IX, 34) affirme que lorsque les Carthaginois apprirent que Scipion l’Africain s’apprêtait à passer en Afrique, ils envoyèrent Hasdrubal chasser l’éléphant en Numidie. Pline l’Ancien décrit l’éléphant d’Afrique du Nord comme un animal capable de supporter la soif et l’ardeur du soleil dans les déserts de Libye où les Garamantes leur donnaient la chasse, c’est à dire au Fezzan. Ces indications prouvent que les éléphants employés par Hannibal ne venaient pas d’Orient.

Les changements de climat, la chasse ainsi que leur utilisation dans les jeux du cirque ont sans doute provoqué la disparition progressive des éléphants d’Afrique du Nord.

A la différence de l’éléphant d’Asie qui a le dos régulièrement convexe, l’éléphant d’Afrique du Nord possédait une silhouette caractéristique avec un ensellement en arrière de la tête. Plus petit que son cousin asiatique, il ne dépassait pas les 2,50m au garrot, une taille modeste qui ne leur permettait pas de porter cette tour dont ils sont parfois affublés sur certains tableaux ou dessins.

Un éléphant utilisé comme arme de guerre

Le rôle de l’éléphant de combat ne fut pas négligeable. Il fut le deuxième animal, après le cheval, utilisé par Hannibal dans ses guerres. Il est même plus souvent mentionné par les sources historiques. Les Carthaginois en ont aligné un nombre important pour mener à bien leurs diverses entreprises; 140 pendant la Deuxième Guerre punique. Par sa force d’impact redoutable pour les lignes d’infanterie ennemies, cet animal donnait aux lignes d’infanterie d’Hannibal la solidité qui leur manquait.

Les éléphants de l’Atlas étaient protégés par des plaques métalliques et ils portaient une clochette destinée à les exciter au combat. Cette sous-espèce a été décimée durant le 1 er siècle de la conquête romaine, une population aurait survécu au soudan jusqu’au 19éme siècle. 

7 commentaires

  1. Et les preuves paléontologiques, elles sont où ???

    • O.A

      de quelle preuves paléontologique parlez vous? celles qui prouvent l’existence de l’éléphant dans le nord de l’Afrique? si oui, elles ont été trouvée notamment la grotte de Mougharel-el-Aliya (Tanger). http://www.mr.refer.org/numweb/imprimer-article.php3?id_article=88&artpage=2-20

      sinon les infos ci haut n’ont aucune valeur conclusive d’un point de vue scientifique. aucun chercheur n’ayant publié une étude sur des ossements de Loxondonta pharaoensis donc ayant fait la preuve de son existence, on peut – pour le moment – parler de cryptozoologie.

  2. Oui, oui, un jour où j’avais fumé la moquette d’une chambre de Timnay, mon auberge à Midelt, j’en avais vu un troupeau (juste quelques spécimens…, certains roses) qui saccageaient les derniers chênes verts du versant Nord… Incroyable mais vrai : cela m’a été confirmé plus tard par mon ami le garde forestier du coin qui sortait du bar de l’Auberge de Jaffar…Hic ! Beurp !

    • t’y crois pas à l’existence de l’éléphant d’Afrique du nord Michel ?

    • Morceaux choisis de biohistoire marocaine

      « Ce qui va contre la nature est injuste, mauvais,
      et ne résiste pas au temps. »
      Alexander von Humboldt
      « Le fait incontournable que le déclin de la faune soit lié à la destinée
      des êtres humains est rapporté de plus en plus souvent partout dans le pays.
      La faune, fait-on remarquer, régresse parce que sa maison est détruite.
      Mais la maison de la faune est aussi notre maison. »
      Rachel Carson
      « Si l’Homme a un devoir de mémoire envers la biosphère,
      alors où sont les biohistoriens ? »
      Christian Perrein

      L’hécatombe non exhaustive en quelques dates

      Paléolithique Moyen (il y a environ 150.000 ans)
      Cueilleurs et chasseurs circulent facilement de l’Atlas au Niger, dans le Sahara qui constituait alors une vaste savane habitée d’éléphants, de grand fauves, d’Hippopotames et de myriades… de Papillons.
      3000 ans av. J.-C.
      Assèchement progressif du Sahara converti en steppe désertique. Le « Maroc », sa flore, sa faune et sa population humaine sont isolés. Ses premiers habitants, les Berbères, se tournent alors vers les civilisations plus avancées de la Méditerranée.
      Antiquité
      La forêt climacique couvrait 30 % du territoire (moins de 8 % aujourd’hui).
      Fin du second siècle après J.-C.
      Importé d’Arabie, le Dromadaire, acclimaté par les Berbères, permet de traverser le Sahara.
      Ve siècle
      Disparition au Maroc de l’Éléphant dont Pline l’Ancien (Ie siècle) relatait la présence dans les jardins de Salé.
      VIe siècle
      Premiers reculs des formations à Cèdre et à Genévriers dus au défrichement agricole et à leurs exploitations (constructions navales).
      Xe siècle
      Disparition des forêts du Gharb, des régions de Rabat et Casablanca (production de charbon, extraction du tan, écorçage sur pied, élevage).
      1905
      Le probable dernier Lion de l’Atlas est abattu. Des rumeurs autorisées en rapportent d’autres trophées jusque dans les années 30. Il faut aussi savoir qu’encore en 1846, un Lion aurait été tué au Cap Spartel, aux portes de Tanger et donc de l’Europe. Plus la moindre observation de l’Érismature à tête blanche. Fin des bosquets de Genévriers qui couvraient les Gorges du Ziz, aujourd’hui désertifiées.
      Années 30
      Ultime signalement du Crocodile de l’Afrique de l’Ouest. L’espèce était présente dans le Drâa, anciennement un fleuve permanent et le plus long du Maroc. Aujourd’hui, ses eaux se perdent dans les sables. Les derniers Crocodiles auraient été observés dans des gueltas au sud d’Akka et d’Assa jusqu’aux années 50, période où ces gueltas ont vu leur surface se réduire considérablement. Les derniers Bubales de l’Oriental (région de Missour) serviront d’ultimes trophées à la plus grande Antilope marocaine.
      Années 50
      L’Oryx algazelle, l’Addax, la Gazelle leptocère, l’Autruche rejoignent la liste nécrologique, pareil in memoriam pour le Vautour oricou, le Vautour moine, l’Aigle impérial ibérique, la Pintade sauvage, jusqu’à l’élégante Grue demoiselle. La Truite de Pallary, espèce endémique de l’Aguelmame de Sidi-Ali (Moyen Atlas) est portée éteinte.
      2000, etc. (« Dies ad quem » ou le début de la fin…)
      La Panthère tachetée s’éteint (moins de dix spécimens génétiquement isolés) et le sort du Guépard (quelques individus dans le bas Drâa) n’est guère plus enviable. La moitié des espèces des derniers grands Mammifères sauvages est menacée. Les observations de l’Hyène rayée, du Lynx caracal, du Chat des sables, du Chat ganté, de la Gazelle dorcas, de la Gazelle de Cuvier, de la Gazelle dama, du Mouflon à manchettes, du Ratel, de la Loutre et même de la Zorille, du Fennec et du Chacal deviennent aléatoires. L’Ibis chauve, tout un symbole, voit chroniquement son futur hypothéqué par des exactions très regrettables dirigées contre ses ultimes sites. Plus aucune observation de nombreux Papillons de jour endémiques ou subendémiques dont les habitats et les plantes-hôtes sont ravagés sans merci, tels : Pieris napi atlantis, Pieris mannii haroldi, Polyommatus escheri ahmar, Zygaena persephone, etc., et extrême raréfaction de nombreux autres dorénavant peu repérables. Selon un bilan de 1998, les taxons floristiques marocains éteints s’élèvent à 145, ceux devenus ou soupçonnés très rares à 364. La suberaie (forêt de Chênes-liège) de la Maâmora (120.000 ha en 1920 descendus à 55.000 ha), sans indice de régénération, est fossilisée. Agonie du Cèdre de l’Atlas qui se voit biffé des paysages du Moyen Atlas méridional et du Haut Atlas oriental. Extinction du Genévrier thurifère dont les formations se transforment en forêts mortes. Lors du dernier siècle, la perte documentée de l’arganeraie marocaine (impliquant dans le Sud-Ouest deux millions d’habitants sur trois millions d’hectares) correspond à la moitié de sa superficie et ne sera bientôt plus qu’une « forêt sans arbres. » La pluie se fait de plus en plus infidèle. Déforestation, mauvaises techniques sylvicoles, parcours du cheptel en forêt, pression pastorale partout démesurée, divers processus de dégradation (matorralisation, steppisation, thérophytisation, etc.), érosion, désertification, le drame de la terre dénudée devient crucial. Mais on parvient paradoxalement à cumuler un troupeau national de plus de 20 millions de têtes…

      Face à cet holocauste écologique, au Maroc comme ailleurs et dans un ultime élan stigmatisé par de grands discours, la société humaine cherche à organiser, sans y parvenir, la protection de plantes emblématiques vestiges, des plus insignes Papillons subfossiles et autres survivants d’une biodiversité quasiment défunte. C’est au moins faire amende honorable… L’inéluctable n’est plus ici lié au grand destin des âges, mais seulement à l’assujettissement de la nature à l’homo economicus post moderne et à la misérable conduite de ce dernier.

      Dans l’aboulie générale d’une société mondiale dont l’intérêt pour la nature n’est souvent qu’un faux-semblant, quelques naturalistes d’inspiration idéaliste se rendent « coupables » de la découvertes de nouvelles espèces ou de nouvelles présences. Entre des colonnes occupées à donner à la une tous les détails sur la vie la plus intime d’un coureur cycliste drogué, de l’amante d’un footballeur analphabète ou du petit copain d’une chanteuse de quatorze ans, ces exploits ne font pas une ligne dans les journaux. Qui sait, par exemple, que sur le territoire marocain et dans la dernière décennie on a découvert l’existence du Dragonnier des Canaries et du Laurier des Açores, de nouvelles espèces de Gerbille, de Couleuvre, de Vipère, de Lépidoptères, de Coléoptères, de Scorpions ? Et encore moins, quel citoyen pourrait nommer les auteurs de telles découvertes ? La vulgarisation et son corollaire la désinformation résultant du réductionnisme médiatique d’une part, le manque de connaissances scientifiques généralisé des décideurs d’autre part, n’arrangent rien.

      (Tarrier, 2008)

    • Yes, jusqu’à Salé, mais au VIè siècle. On le réintroduit entre les Hypermarchés, Mamouth écrase les prix ?

  3. Les elephants de l’Attlas ont été collecté par les kartajinois …

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