Les zones humides du Maroc

 

Notre pays héberge grâce à son climat et à sa géographie un nombre très important d’«aires naturelles » en tout genres. Chaque écosystème peut contenir tout un microcosme d’espèces, qui y vivent et y gravitent. Chaque écosystème donne par sa nature et spécificité, une opportunité à l’apparition et au maintien d’une déclinaison de la vie, qui tire son parti des conditions typiques de l’endroit en question. Parmi les écosystèmes les plus importants sur terre, il y a « les zones humides ».

 

SBG
Lac Sidi Boughaba Ph:O.A

La «vie» qui grouille dans une forêt, peut être sensiblement différente de celle qu’on trouvera dans un autre écosystème. Sauf quelques rares endroits, détruits, austères ou inhospitalier, Il n’y a pas une seule parcelle de terre ou de mer, qui n’héberge pas la vie en son sein. Souvent, il est surprenant de constater que la où la vie n’apparait pas à l’œil nu, l’échelle du microscopique peut révéler une profusion vivante insoupçonnée et impressionnante.

Au Maroc comme ailleurs, on trouve un exemple très révélateur de ces « parcelle de terre ou de mer » qui hébergent et établissent des royaumes superposés d’êtres vivants, qu’ils soient microscopiques, nageant, volant, rampant où végétant. Ces écosystèmes sont « les zones humides ».

Les zones humides sont des écosystèmes très précieux.

à l’échelle mondiale, une convention internationale du nom de Ramsar (de la ville iranienne où a été tenue la première édition de la convention en 1971) constitue le cadre des mesures prises au niveau national et de la coopération internationale en matière de conservation et d’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. La Convention compte 133 parties contractantes dont le Maroc.

La convention de Ramsar définit une zone humide de la manière suivante : « Les zones humides sont des étendues naturelles où l’eau joue un rôle dominant pendant au moins une partie de l’année. Les marais, marécages, ruisseaux, rivières, lacs, mares, prairies humides, estuaires, vasières et même certaines étendues peu profondes de la mer, s’inscrivent dans cette définition. »

La convention de Ramsar, définit aussi un nombre de « critères » différents pouvant caractériser une zone humide donnée. Quand un certain nombre de ces critères s’appliquent dans une zone humide, elle devient éligible en tant que zone classée « Ramsar » et par ce fait, bénéficie du statut et des mesures de sauvegarde prévues par la convention et par ses signataires.

L’existence des zones humides et le maintien de leurs équilibre est une affaire de survie pour l’homme.

Ces écosystèmes jouent un rôle très important :

–          Elles font partie du cycle de l’eau, retenant les eaux et crues, protégeant les nappes phréatiques et  améliorant la qualité des eaux en agissant comme un filtre épurateur.

–          Elles constituent le milieu de vie, de passage et de reproduction de quantités d’espèces en tout genre (oiseaux migrateurs, poissons,insectes, végétaux…). Certaines espèces  d’oiseaux dont la survie est étroitement liée à leurs passages par les zones humides, sont rares et parfois menacées d’extinction.

–          Elles ont une « valeur d’usage » estimée par les avantages économiques et culturels retirés par les populations locales et plus largement par la société (exploitation des ressources agricoles, halieutiques, régulation des régimes hydrologiques et de la qualité de l’eau; loisirs…)

Les zones humides, à l’instar de tous les autres écosystèmes, connaissent beaucoup de problématiques et de menaces qui entraînent parfois l’altération de leur équilibre écologique voire parfois leurs destructions.

Parmi les menaces les plus récurrentes et les plus « classiques » qui pèsent sur la viabilité des zones humides : la pollution, le surpâturage, la surexploitation des ressources, le dérangement de la faune, l’assèchement des zones humides par des facteurs naturels (sécheresse) ou humain (détournement des apports d’eau qui alimente la zones), la chasse excessive et invasive, les catastrophes naturelles (érosion, incendies…).

Au Maroc plusieurs zones humides Marocaines ne sont pas encore inscrites à la convention de Ramsar. On peut dénombrer quelque 300 zones humides dans notre pays. Cependant, à ce jour, le nombre de sites classés par la convention de RAMSAR sont au nombre de 24 :

-Merja Sidi Boughaba                          (650 ha classé site Ramsar en 1980)

-Merja Zerga                                         (7300 ha classé site Ramsar en 1980)

-Zones humides de l’Oued El Maleh   (1200 ha classé en 2005)

-Embouchure de la Moulouya              (3000 ha classé en 2005)

-Barrage Mohamed 5                             (5000 ha classé en 1980)

-Complexe du bas Tahaddart              (11000 ha classé en 2005)

-Complexe du bas Loukkos                  (3600 ha classé en 2005)

-Cap des trois fourches                         (5000 ha classé en 2005)

-Aguelman Afenourir                             (800 ha classé en 1980)

-Lacs Isly et Tislit                                   (800 ha classé en 2005)

-Archipel et dunes d’Essaouira            (4000 ha classé en 2005)

-Barrage El Massira                                (14000 ha classé en 2005)

-Aguelman Sidi Ali Tifounassine           (600 ha classé en 2005)

-Marais et cote du plateau de Rmel    (1300 ha classé en 2005)

-Sebkha Bou Areg                                   (14000 ha classé en 2005)

-Oasis du Tafilalet                                   (65000 ha classé en 2005)

-Complexe de Sidi Moussa-Oualidia     (10000 ha classé en 2005)

-Zones humides de Souss Massa           (1000 ha classé en 2005)

-Embouchure de l’oued Draa                 (10000 ha classé en 2005)

-Moyenne Draa                                         (45000 ha classé en 2005)

-Baie de Khnifiss                                              (20000 ha classé en 1980)

-Sebkha Zima                                                         (760 ha classé en 2005)

-Embouchures des Oueds Chbeyka Al Wa’er   (8000 ha classé en 2005)

-Baie de Dakhla                                                     (40000 ha classé en 2005)

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Lac Sidi Boughaba (Ph:OA)